Vous tapez « il va prendre le relai » et la main s’arrête juste avant le « s ». Réponse immédiate : écrivez un relais, avec un « s », même au singulier. La graphie « relai » n’est pas fautive pour autant, et c’est là que l’affaire devient intéressante : l’Académie française enregistre les deux. Reste à savoir laquelle écrire, et dans quel contexte.
« Relai » ou « relais » : les deux existent, un seul s’impose
- L’orthographe traditionnelle est « relais », avec un « s » final au singulier comme au pluriel.
- « Relai » est admis depuis les rectifications orthographiques de 1990.
- Le Dictionnaire de l’Académie française (9e édition, 2024) l’indique à l’entrée relais : le mot « peut s’écrire relais ou relai ». Le Larousse fait de même, d’une mention plus discrète : « relais (Réf. ortho. relai) ».
- L’usage publié, lui, reste très largement fidèle à « relais ». C’est la forme à préférer.
Il ne s’agit donc pas d’une faute d’orthographe, mais d’une double graphie. Une seule forme à retenir en cas de doute : relais.
Pourquoi « relais » prend un « s »
Le « s » ne vient pas de relayer, et c’est précisément l’origine du doute. Le nom apparaît au xiiie siècle comme déverbal de l’ancien français relayer, « abandonner, laisser en arrière ». Il a ensuite subi l’influence d’un autre mot de l’ancien français, relais, au sens de « délai, rémission », lui-même tiré du verbe relaisser, « laisser de nouveau ».
Ce « s » est un héritage de l’histoire du mot, pas une marque de nombre. Le même phénomène explique celui de hormis ou de dans, quand la préposition « parmi » n’en a jamais porté. Rien à voir non plus avec le « s » d’un participe passé qui s’accorde.
Ce que les rectifications de 1990 ont changé
Le français écrit balai (de balayer), essai (de essayer), délai (de délayer) sans « s » final. « Relais », formé de la même façon, faisait bande à part. Les rectifications de 1990 ont proposé d’aligner sa graphie sur celle de sa famille : relai. L’Académie range d’ailleurs ce cas sous sa règle §7, intitulée « Anomalies ».
Ce mot n’est pas seul dans ce cas. Sandrine Campese, autrice langue française et experte du Projet Voltaire, cite le voisinage de chariot, qui peut désormais s’écrire charriot pour retrouver les deux « r » de charrue et de charrette. Une règle d’orthographe rectifiée ne supprime pas l’ancienne forme : elle en autorise une seconde.
Au pluriel, la question ne se pose plus
Voilà le point qui manque presque partout : le pluriel s’écrit des relais dans les deux orthographes. La graphie rectifiée ajoute son « s » régulièrement et rejoint la forme traditionnelle.
| Orthographe | Singulier | Pluriel |
|---|---|---|
| Traditionnelle | un relais | des relais |
| Rectifiée (1990) | un relai | des relais |
Le doute ne porte donc que sur le singulier. Ailleurs, écrivez « relais » sans réfléchir. Même logique que pour les noms composés retouchés en 1990 : la nouvelle orthographe régularise ce que l’usage avait figé.
Le réflexe pour ne plus faire la faute
Passez le mot au pluriel. « Des relais » prend un « s » dans tous les cas, et le singulier traditionnel s’écrit pareil. Une seule forme à mémoriser.
« Prendre le relais » ou « prendre le relai » ?
C’est la formulation la plus cherchée. Elle suit la règle générale : prendre le relais en orthographe traditionnelle, prendre le relai si vous appliquez celle de 1990. L’Académie, elle, ne connaît que « prendre le relais », au sens de succéder à quelqu’un dans une tâche. Sa jumelle, passer le relais, obéit au même régime.
Alors, faut-il écrire « relai » ou « relais » ?
Trois critères, dans cet ordre.
L’usage. Les textes publiés restent massivement attachés à « relais ». Un mot écrit « relai » attire l’œil, et parfois le crayon rouge : un correcteur automatique ou un enseignant mal informé des rectifications le signalera comme une erreur, à tort. Le Projet Voltaire lui-même sanctionne « relai » dans le corrigé de ses exercices, alors que sa règle d’orthographe vient de l’autoriser.
La cohérence. Choisissez une graphie et tenez-la sur tout le texte. Alterner les deux dans un même document, voilà la vraie maladresse.
Le contexte. Copie d’examen, courrier professionnel, publication : « relais » ne vous exposera pas. Gardez « relai » pour les écrits où la nouvelle orthographe est assumée, voire attendue.
Ce que « relais » désigne
Le sens éclaire la graphie. Le mot vient de la chasse : en vènerie, on postait des chiens et des chevaux frais le long du parcours pour relever ceux qui s’épuisaient à la poursuite. Les routes de poste ont repris le principe, puis le nom a glissé vers le lieu lui-même, souvent une auberge d’étape. D’où les relais routiers et les relais de campagne.
Le reste en découle. La course de relais, disputée en quatre portions. Le point relais et le relais colis. L’antenne relais, qui capte et retransmet. Le crédit relais, accordé le temps qu’un bien se vende. Tous prennent un « s » dans l’orthographe traditionnelle.
FAQ
Faut-il écrire « relai » ou « relais » ?
Les deux formes sont correctes. « Relais » est l’orthographe traditionnelle et domine l’usage ; « relai » vient des rectifications de 1990 et figure au Dictionnaire de l’Académie française comme au Larousse. En cas d’hésitation, écrivez « relais ».
Pourquoi « relais » s’écrit-il avec un « s » au singulier ?
Parce que ce « s » est étymologique. Le nom est un déverbal de l’ancien français relayer, influencé par relais, « délai », lui-même tiré de relaisser. Ce « s » s’est fixé à l’écrit sans marquer le nombre, ce qui explique qu’on puisse aujourd’hui s’en passer.
Doit-on écrire « prendre le relai » ou « prendre le relais » ?
Écrivez « prendre le relais » en orthographe traditionnelle, seule forme que l’Académie enregistre. « Prendre le relai » ne constitue pas une faute si vous appliquez l’orthographe rectifiée, à condition de vous y tenir dans tout le texte.
Comment écrit-on « relais » au pluriel ?
Toujours « des relais », quelle que soit l’orthographe adoptée. La forme rectifiée « un relai » ajoute simplement son « s » et rejoint la graphie traditionnelle. Impossible de faire la faute à cet endroit.
