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Nostalgie parisienne, François Coppée

Poésie de la semaine n° 34

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Hors ligne Ziame # Posté le 17/12/2013 à 19 h 08
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Bonjour,

Cette semaine, c’est François Coppée qui est à l’honneur avec son poème Nostalgie parisienne du recueil Promenades et Intérieurs.

François Coppée



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Portrait de François Coppée par Paul Chabas
Pour en savoir davantage sur François Coppée, nous vous invitons à lire le petit portrait que nous avions rédigé à l’occasion de la 21e poésie de la semaine.

Nostalgie parisienne



Ce sonnet de François Coppée aborde une question chère à beaucoup d’artistes : le mal du pays (qui peut se transposer chez d’autres auteurs en celle du mal d’une époque). Il introduit ce sujet par l’abord de la nostalgie du Suisse expatrié, loin de sa campagne car à Paris. À ce moment intervient une transposition au cours de laquelle c’est au Parisien, à lui-même en fait, que le poète prête ce sentiment. Et il avance par là-même que la poésie de la ville l’en rend, lui, aussi dépendant que le campagnard de sa terre. D’ailleurs, ce poème se termine par une allusion au Ranz des vaches, qui est l’un des, sinon le, chants traditionnels suisses symboliques de leur identité. On pourra penser par exemple à Ariane Deume dans Belle du Seigneur d’Albert Cohen, suisse dans l’âme et chantant en exil ce Ranz des vaches lorsqu’elle est seule et persuadée que personne ne peut l’entendre… Cette référence, très forte, est le signe de l’attachement du poète aux subtilités de la culture et de la vie parisiennes qui lui rendent l’éloignement si difficile.

Citation : Nostalgie parisienne, François Coppée
Bon Suisse expatrié, la tristesse te gagne,
Loin de ton Alpe blanche aux éternels hivers ;
Et tu songes alors aux prés de fleurs couverts,
À la corne du pâtre, au loin, dans la montagne.

Lassé parfois, je fuis la ville comme un bagne,
Et son ciel fin, miré dans la Seine aux flots verts.
Mais c’est là que mes yeux d’enfant se sont ouverts,
Et le mal du pays me prend, à la campagne.

Le vrai fils de Paris ne regrette pas moins
Le relent du pavé que, toi, l’odeur des foins.
Montagnard nostalgique, - il faut que tu le saches. -

Mon cœur, comme le tien, fidèle et casanier,
Souffre en exil, et l’air strident du fontainier
Me ferait fondre en pleurs ainsi qu’un Ranz des Vaches.


À la semaine prochaine pour une nouvelle poésie !

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