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« L'amour est profondément animal : c'est sa beauté. »
Rémy de Gourmont

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Le saviez-vous ?

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Hors ligne Barbatos # Posté le 29/11/2009 à 16 h 16
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Groupe : zAnciens

Reprise du dernier message de la page précédente :


Citation : Guillawme
Alors là vous pouvez pas savoir à quel point je suis soulagé d'apprendre ça pour un/une après-midi !
Ça fait des mois (années ?) que je me pose la question chaque fois que je l'emploie (à l'écrit comme à l'oral), sans jamais avoir pris le temps de vérifier (oui, honte sur moi :-° ).


Exactement pareil ! Dès que j'entendais "une après-midi" je me disais "mais ça sonne faux c'est pas possible de l'écrire comme ça aussi...", et pourtant... ^^

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Hors ligne Itello # Posté le 05/12/2009 à 00 h 38
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Groupe : zAnciens
Je vois que cet(te) après-midi vous a beaucoup troublés. :p
Je n'ai pas eu le temps de participer au sujet cette dernière semaine, les examens sont prioritaires.
Une petite brève pour me faire pardonner donc :

On utilise de nos jours « Pire » de façon abusive.
En effet, on ne distingue plus « pis » et « pire » que dans l'expression « tant pis ». Dans tous les autres cas, on utilise « pire », parfois à tort.

En effet l'adjectif « pire » signifie plus mauvais (≠ meilleur).
Je ne connais pas de pire (plus mauvais) chanteur que lui.

L'adverbe qui signifie « plus mal » (≠ mieux) devrait en fait être « pis ».
Il chante pis (plus mal) que son frère.

Doit-on condamner l'usage actuel ? L'Académie française a répondu : (clairement pour une fois :p )

Citation : Questions de langue
On ne saurait considérer la tournure il y a pire comme fautive, elle est simplement moins littéraire que il y a pis. En effet, on constate que dans la plupart des emplois, pis, comparatif de supériorité de mal, est supplanté dans l’usage par pire, comparatif de supériorité de l’adjectif mauvais, ou par plus mal :

- comme adverbe : De mal en pire, de pire en pire, généralement condamnés, se rencontrent cependant chez de bons auteurs, à commencer par Nerval ;

- comme adjectif : C’est pire, ce sera pire, bien pire, etc., sont employés par Barbey d’Aurevilly, Taine, Gide, Cocteau, Mauriac, Montherlant, le général de Gaulle, et le Dictionnaire de l’Académie, dans sa huitième édition (1935), à l’article Pis, indique : « Il s’emploie encore substantivement et signifie Ce qu’il y a de pire ». Comme attribut d’un nom, pis a d’ailleurs toujours été rare ;

- comme nom ou, sans article, faisant fonction de nom (quelque chose de pis) : Le pire est que ; en mettant les choses au pire ; faire pire, redouter bien pire, etc., se trouvent chez Péguy, Martin du Gard, Malraux, Mauriac, le général de Gaulle…


Plus d'informations :
Modifié le 05/12/2009 à 21 h 35 par Itello

« Un auteur est peu propre à corriger les feuilles de ses propres ouvrages : il lit toujours comme il a écrit et non comme il est imprimé. » (Voltaire)
 
Hors ligne Ziame # Posté le 05/12/2009 à 00 h 43
Arx Tarpeia Capitoli proxima
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Groupe : Administrateurs
Je ne connaissais pas la différence exacte entre les deux (et employais tout le temps pire). Merci pour ces précisions. :)

Si vous aimez écrire et que vous avez des choses à dire sur l'un des thèmes que couvre notre blog, n'hésitez pas ! ;)
 
Hors ligne Fihld # Posté le 07/12/2009 à 19 h 22
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Quand on cite le nom d'une œuvre (littéraire, cinématographique, picturale, etc.) et que celle-ci commence par un article, l'usage est de mettre une majuscule au second mot : Les Fleurs du mal par exemple, et non Les fleurs du mal. Si celle-ci possède plusieurs substantifs coordonnés, on place des majuscules partout : Le Rouge et le Noir. Enfin, si un ou plusieurs adjectifs sont présents avant le premier nom, on met également une majuscule : L'Étrange Cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde.
Évidemment, l'italique est de mise sauf à l'écrit où le soulignement est préféré (l'essentiel étant de mettre en valeur le nom).

« Être de gauche ou être de droite, c’est choisir une des innombrables manières qui s’offrent à l’homme d’être un imbécile ; toutes deux, en effet, sont des formes d’hémiplégie morale. » — José Ortega y Gasset.
 
Hors ligne christophetd # Posté le 07/12/2009 à 19 h 46
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Groupe : zAnciens
C'est drôle, ma prof de français nous l'a dit aujourd'hui, et j'avais pour projet de le poster ici. :-°

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Hors ligne Itello # Posté le 07/12/2009 à 19 h 54
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Fihld et ta prof de français sont peut-être une seule et même personne, va savoir. :p

Quelques précisions sur ce sujet très intéressant et complexe à la fois :

Ces conventions d'appellations ne se limitent pas uniquement aux livres. On écrit ainsi Éducation nationale mais Première Guerre mondiale pour la même raison.
Pour plus d'informations, n'hésitez pas à faire un tour sur cet autre topic : « Des majuscules sur les adjectifs ».

Si on écrit conventionnellement les titres en italique, on écrit les chapitres entre guillemets (ça ressemble à ça les guillemets français : « … »). C'est utile de le savoir si on doit présenter une bibliographie par exemple.

Enfin, notons que ce ne sont que des conventions et que les auteurs sont tout à fait habilités à les enfreindre. Grevisse titre son ouvrage Le bon usage alors que l'application de la convention donnerait Le Bon Usage. Même le site officiel ne sait plus quoi faire : entre conventions et respect du titre original, la question est épineuse. On y trouve les deux graphies disséminées. Drôle de façon de résoudre le problème. :p
Modifié le 07/12/2009 à 20 h 23 par Itello

« Un auteur est peu propre à corriger les feuilles de ses propres ouvrages : il lit toujours comme il a écrit et non comme il est imprimé. » (Voltaire)
 
Hors ligne Fihld # Posté le 07/12/2009 à 19 h 59
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En effet, on retrouve l'utilité dans les devoirs composés de français ou même de philo. Il arrive d'avoir à faire référence à l'Encyclopédie à titre d'exemple, composée d'articles à mettre entre guillemets. Comme quoi la typographie n'est pas qu'un vulgaire passe-temps pour Académiciens frileux, on la retrouve dans la vie quotidienne (je pense aussi aux nombreux documents administratifs).

« Être de gauche ou être de droite, c’est choisir une des innombrables manières qui s’offrent à l’homme d’être un imbécile ; toutes deux, en effet, sont des formes d’hémiplégie morale. » — José Ortega y Gasset.
 
Hors ligne Guillawme # Posté le 07/12/2009 à 21 h 09
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L'histoire des majuscules aux termes d'un titre m'a frappé il n'y a pas si longtemps : si l'effet est joli sur des titres d'oeuvres littéraires (je ne l'avais jamais vraiment remarqué d'ailleurs), sachez que c'est tout à fait anti-esthétique et illisible sur des titres d'articles scientifiques (des titres qui peuvent faire jusqu'à trois lignes sur toute la largeur d'une feuille A4...).
 
Hors ligne Itello # Posté le 07/12/2009 à 21 h 57
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Je dois avouer que j'ai beaucoup de mal à percevoir le problème que pourrait causer l'application de cette convention à des titres d'articles scientifiques (même si je ne vois pas pourquoi on l'appliquerait dans ce cas). Car en fin de compte, à part dans de rares cas, uniquement la première lettre serait une majuscule, ce qui ne changerait rien.

Tu peux me donner des exemples, même inventés, pour m'éclairer ?

« Un auteur est peu propre à corriger les feuilles de ses propres ouvrages : il lit toujours comme il a écrit et non comme il est imprimé. » (Voltaire)
 
Hors ligne Guillawme # Posté le 08/12/2009 à 08 h 04
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Celui-ci (PDF 584 ko) par exemple (je ne plaisantais pas en parlant d'un titre de trois lignes, et il existe probablement plus long).
Le titre est déjà difficile à comprendre en le lisant à vitesse normale, alors je peux te dire que les majuscules ne m'ont pas aidé avec lui (ça l'alourdit, alors qu'il est déjà énorme).
Mais je reconnais que c'est une considération tout à fait personnelle.
 
Hors ligne Itello # Posté le 08/12/2009 à 16 h 01
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J'aurais dû me douter que tu citerais un article anglais.

Tu as tout à fait raison, que ce soit pour les articles scientifiques, les ouvrages littéraires ou encore les noms d'institutions, les conventions anglaises appliquent souvent un nombre relativement important de majuscules là où la typographie française n'impose que le strict minimum.

La règle est la suivante en anglais : « alors que le français ne demande une haut-de-casse (capitale) obligatoire que pour le premier mot signifiant du titre, l’anglais la demande sur tous les mots signifiants ». On perçoit dans cet exemple les abus que cela peut causer.

Je connaissais le système anglais et ne l'appréciait pas forcément non plus. Mais je ne pensais pas que tu y ferais référence alors qu'on parlait du système français. Excuse-moi cette étourderie, ta remarque est donc tout à fait pertinente.

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Hors ligne christophetd # Posté le 08/12/2009 à 17 h 35
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Groupe : zAnciens
Amour, délice et orgue sont trois mots qui sont féminins lorsqu'ils sont au pluriel.

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Hors ligne Guillawme # Posté le 08/12/2009 à 17 h 43
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Itello : bien vu, je n'avais pas du tout pensé aux différences entre la typographie française et la typographie anglo-saxonne sur ce point particulier (tu m'apprends d'ailleurs quelque chose au passage, merci ;) ).
Concernant la langue de l'article, j'aurais eu bien du mal à t'en citer un en français : la langue des communications scientifiques, de nos jours, est l'anglais (et on ne s'en plaint pas : jadis c'était le latin, un peu plus difficile tout de même :p ).
Il existe bien des revues spécialisées dans d'autres langues, mais généralement elles n'ont pas autant de rayonnement que celles en anglais (cf. Nature et Science, les revues scientifiques généralistes les plus connues).
 
Hors ligne Itello # Posté le 08/12/2009 à 17 h 51
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Citation : christophetd
Amour, délice et orgue sont trois mots qui sont féminins lorsqu'ils sont au pluriel.

Ce n'est pas tout à fait exact. Voir à ce propos le topic suivant : « des amours, féminins ? ».

Citation : Académie française

Amour, délice et orgue


Amour, délice et orgue peuvent être masculins au singulier et féminins au pluriel.
Amour (au sens de « sentiment passionné ; passion charnelle ») est souvent féminin au pluriel. On le rencontre, soit dans un usage populaire qui se reflète dans divers textes (chansons...), soit dans une langue littéraire assez recherchée, au féminin singulier (« L’amour, la vraie, la grande... » chez Anouilh ; « la grande amour » chez Queneau ; « cette amour curieuse » chez Valéry ; Une amour violente, enregistré par l’Académie), tandis que le masculin pluriel appartient à tous les niveaux de langue. En dehors de ces sens, amour est presque toujours masculin, au singulier comme au pluriel ; il l’est toujours quand il désigne des représentations du dieu Amour.

Délice est généralement masculin au singulier et féminin au pluriel. Cependant, après des expressions comme un de, un des, le plus grand des, etc., suivies du complément délices au pluriel, le masculin est conservé : un de ses plus suaves délices...

Orgue, masculin au singulier, est généralement féminin au pluriel quand il désigne de façon emphatique un seul instrument (les grandes orgues de cette cathédrale), mais reste au masculin quand il s’agit d’un vrai pluriel (les orgues anciens de cette région).


Mais ça mérite d'être mentionné. J'ajoute ta contribution en la modifiant légèrement si cela ne te dérange pas :

  • Les mots amour, délice et orgue ont la particularité de pouvoir devenir féminins au pluriel.
    Ça vous intrigue ? Allez donc jeter un coup d'œil sur le site de l'Académie française.
    (christophetd)
Modifié le 08/12/2009 à 19 h 07 par Itello

« Un auteur est peu propre à corriger les feuilles de ses propres ouvrages : il lit toujours comme il a écrit et non comme il est imprimé. » (Voltaire)
 
Hors ligne Sidahmed # Posté le 12/07/2010 à 18 h 13
Rectificateur
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Groupe : zAnciens
Bonsoir !

Je vous présente aujourd'hui une curiosité touchant la conjugaison d'un verbe du troisième groupe : il s'agit du verbe ouïr.

Comme vous le savez, c'est un verbe transitif direct employé aujourd'hui seulement à l'infinitif présent et au participe passé : son usage est donc archaïque. Notons que ce verbe admet trois formes de conjugaison au futur simple et au conditionnel présent, et deux formes dans quelques autres temps.
Citation : Futur simple
j'ouïrai/oirai/orrai
tu ouïras/oiras/orras
il ouïra/oira/orra
nous ouïrons/oirons/orrons
vous ouïrez/oirez/orrez
ils ouïront/oiront/orront

Citation : Conditionnel présent
j'ouïrais/oirais/orrais
tu ouïrais/oirais/orrais
il ouïrait/oirait/orrait
nous ouïrions/oirions/orrions
vous ouïriez/oiriez/orriez
ils ouïraient/oiraient/orraient

C'est bien évidemment la première forme qui figure dans les conjugueurs actuels. Quelques-uns mentionnent la deuxième forme, mais aucun ne semble indiquer la troisième. ^^

Ziame, les informations présentées ici peuvent faire l'objet de tweets sur notre compte. :)
Itello, je ne te pardonnerai jamais d'avoir laissé cet important sujet en jachère. ^^
Modifié le 07/10/2010 à 13 h 38 par Sidahmed
 
Hors ligne Nateags # Posté le 12/07/2010 à 19 h 36
zAnomalien
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Aaaah, le verbe ouïr...
Justement, ma phrase précédente m'amène à vous demander d'éclaircir un de mes points obscurs : lorsque l'on parle d'un mot qui n'a pas de sens propre dans la phrase, comment le mettre en évidence ?

Citation : Par exemple...
Le verbe ouïr est bien difficile à conjuguer !

Ici, le mot ouïr ne veut pas réellement dire quelque chose. Alors, pour le mettre en évidence, doit-on utiliser l'écriture italique (ouïr), ou les guillemets français ( « ouïr » ) ou encore les américains ("ouïr").
Ce qui donnerait pour chacun :
Secret (cliquez pour afficher)
Citation : Écriture italique
Le verbe ouïr est bien difficile à conjuguer !

Citation : Guillemets français
Le verbe « ouïr » est bien difficile à conjuguer !

Citation : Guillemets américains
Le verbe "ouïr" est bien difficile à conjuguer !


Merci de vos réponses :)

Ps : Euh, devais-je poster ici ou ouvrir un nouveau sujet... le doute m'envahit...
 
Hors ligne 6pri1 # Posté le 12/07/2010 à 20 h 57
« IGWT »
Avatar de 6pri1
Messages : 578
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Dans un tel cas, je pense que l'italique est le plus approprié. Mais si par le verbe tu cites quelqu'un (qui vient par exemple de faire une faute de conjugaison), ça doit pouvoir se discuter.
 

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