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Second et deuxième
Quelles en sont les différences ?
Catégorie : Grammaire
Écrit par Itello, le 27/06/2010 à 16 h 18 | Commenter ce billet (25 commentaires)
Vous avez à coup sûr déjà entendu parler de différences entre ces deux mots. Mais quelles sont-elles exactement et sur quoi reposent-elles ?
Il est souvent conseillé, par les amateurs de la nuance, de distinguer second et deuxième, le premier s’utilisant lorsqu’il n’y a pas de troisième élément, le second (
) lorsqu’il y en a un.
On dirait ainsi le deuxième mois de l’année, il y a plus de deux mois dans l’année.
Mais l’on dirait le second semestre, car il n’y en a pas un troisième.
Ce conseil est souvent prêché, l’Imprimerie nationale en fait d’ailleurs mention dans son fameux Lexique :
Citation : Lexique des règles typographiques en usage à l’Imprimerie nationale
Vous me direz que le problème est donc réglé : second et deuxième n’ont pas le même sens, il suffisait de le savoir. Et pourtant, ce n’est pas si simple que cela. Cette distinction est assez contestée. Et parmi les contestataires, l’on trouve… l’Académie française elle-même.
Citation : Académie française
Le Bon Usage pose sensiblement les mêmes arguments dans son ouvrage, mentionnant que même le « bon usage » (eh oui !) n’use pas de cette distinction.
Il faut déjà bien comprendre que cette distinction est purement stylistique. Elle repose sur une volonté de distinguer deux mots et non sur une règle quelconque. Il n’est donc pas très judicieux d’expliquer qu’on parle de Seconde Guerre mondiale ou de seconde mi-temps pour cette raison-là. « C’est depuis qu’ils existent que second et deuxième s’emploient sans nuance distinctive », précise le Bon Usage.
En réalité, et comme l’a précisé l’Académie française, l’utilisation massive de l’adjectif deuxième n’est que très récente. Elle ne s’était pas même encore développée à la fin de la Seconde Guerre mondiale, il n’est donc pas très étonnant que la plupart des expressions françaises actuelles reposent sur second plutôt que sur deuxième. Notons, de façon anecdotique, avec Bernard Cerquiglini, que la huitième édition du Dictionnaire de l’Académie française définissait février comme le second mois de l’année. Espérons quand même qu’il y en ait un troisième.
Une fois que l’on a compris que cette distinction ne possède aucune valeur obligatoire, on peut choisir de la respecter ou non. Mais c’est votre choix et non le mien. Voilà donc pourquoi cet article doit s’arrêter là.
________________
1 « Deuxième ne se dit guère (si ce n’est dans les nombres composés : vingt-deuxième, cent-deuxième, etc.) ; c’est second qu’on emploie le plus souvent. En faveur de deuxième, on a prétendu qu’il valait mieux que second, pourvu que le nombre des objets dépassât deux, second terminant une énumération après premier, et deuxième indiquant qu’il sera suivi de troisième, etc. Mais cette raison, tout arbitraire, laisse prévaloir l’usage. » (Littré)
Comment distinguer les deux mots ?¶
Il est souvent conseillé, par les amateurs de la nuance, de distinguer second et deuxième, le premier s’utilisant lorsqu’il n’y a pas de troisième élément, le second (
) lorsqu’il y en a un.On dirait ainsi le deuxième mois de l’année, il y a plus de deux mois dans l’année.
Mais l’on dirait le second semestre, car il n’y en a pas un troisième.
Ce conseil est souvent prêché, l’Imprimerie nationale en fait d’ailleurs mention dans son fameux Lexique :
Citation : Lexique des règles typographiques en usage à l’Imprimerie nationale
Bien que ces deux adjectifs soient souvent considérés comme synonymes, on s’efforcera d’employer :
« Notre première dame ne pouvait être l’unique. Vous ne serez pas la seconde mais la deuxième, dans une théorie d’académiciennes françaises… »
(Réception de Jacqueline de Romilly à l’Académie française.)
et avec optimisme : la seconde guerre mondiale
- deuxième quand l’énumération peut aller au-delà de deux ;
- second lorsqu’elle s’arrête à deux.
| le Second Empire la IIe République la seconde guerre médique | la deuxième guerre punique le deuxième quart du XIXe siècle la seconde moitié du XXe siècle |
« Notre première dame ne pouvait être l’unique. Vous ne serez pas la seconde mais la deuxième, dans une théorie d’académiciennes françaises… »
(Réception de Jacqueline de Romilly à l’Académie française.)
et avec optimisme : la seconde guerre mondiale
Vous me direz que le problème est donc réglé : second et deuxième n’ont pas le même sens, il suffisait de le savoir. Et pourtant, ce n’est pas si simple que cela. Cette distinction est assez contestée. Et parmi les contestataires, l’on trouve… l’Académie française elle-même.
Citation : Académie française
Longtemps, second a été la forme la plus courante, et certains grammairiens prétendaient réserver l’usage de deuxième aux cas où la série comprenait plus de deux éléments ; lorsque l’emploi de second s’est fait plus rare, on a voulu le réduire aux cas où la série ne comprend que deux éléments. Littré, déjà, contestait cette distinction 1 qui jamais ne s’est imposée dans l’usage, même chez les meilleurs auteurs.
L’unique différence d’emploi effective entre deuxième et second est que second appartient aujourd’hui à la langue soignée, et que seul deuxième entre dans la formation des ordinaux complexes (vingt-deuxième, etc.).
L’unique différence d’emploi effective entre deuxième et second est que second appartient aujourd’hui à la langue soignée, et que seul deuxième entre dans la formation des ordinaux complexes (vingt-deuxième, etc.).
Le Bon Usage pose sensiblement les mêmes arguments dans son ouvrage, mentionnant que même le « bon usage » (eh oui !) n’use pas de cette distinction.
Respecter ou ne pas respecter la distinction, that is the question!¶
Il faut déjà bien comprendre que cette distinction est purement stylistique. Elle repose sur une volonté de distinguer deux mots et non sur une règle quelconque. Il n’est donc pas très judicieux d’expliquer qu’on parle de Seconde Guerre mondiale ou de seconde mi-temps pour cette raison-là. « C’est depuis qu’ils existent que second et deuxième s’emploient sans nuance distinctive », précise le Bon Usage.
En réalité, et comme l’a précisé l’Académie française, l’utilisation massive de l’adjectif deuxième n’est que très récente. Elle ne s’était pas même encore développée à la fin de la Seconde Guerre mondiale, il n’est donc pas très étonnant que la plupart des expressions françaises actuelles reposent sur second plutôt que sur deuxième. Notons, de façon anecdotique, avec Bernard Cerquiglini, que la huitième édition du Dictionnaire de l’Académie française définissait février comme le second mois de l’année. Espérons quand même qu’il y en ait un troisième.

Une fois que l’on a compris que cette distinction ne possède aucune valeur obligatoire, on peut choisir de la respecter ou non. Mais c’est votre choix et non le mien. Voilà donc pourquoi cet article doit s’arrêter là.

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1 « Deuxième ne se dit guère (si ce n’est dans les nombres composés : vingt-deuxième, cent-deuxième, etc.) ; c’est second qu’on emploie le plus souvent. En faveur de deuxième, on a prétendu qu’il valait mieux que second, pourvu que le nombre des objets dépassât deux, second terminant une énumération après premier, et deuxième indiquant qu’il sera suivi de troisième, etc. Mais cette raison, tout arbitraire, laisse prévaloir l’usage. » (Littré)
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