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Semaine de la langue française

dis-moi dix mots (dans tous les sens)

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Catégorie : Francophonie

Écrit par ptipilou, Ziame, le 24/03/2010 à 16 h 23 | Commenter ce billet (24 commentaires)

Du 20 au 27 mars, c'est la Semaine de la langue française (et de la Francophonie).
On ne pouvait pas ne pas la mentionner ici : partout en France, et dans les régions du monde où notre si belle langue est parlée, des événements sont programmés. Petite chronique d'une semaine pas comme les autres.

Affiche de la semaine de la langue française

Présentation d'une semaine pas comme les autres



La semaine de la langue française, qu'est-ce ?



Organisée chaque année par le ministère de la Culture et de la Communication, la semaine de la langue française a pour objectif premier de promouvoir et mettre à l'honneur la langue française comme symbole d'unité culturelle de la France.

Dans ce cadre sont organisées, partout en France, diverses manifestations culturelles telles que des ateliers d'écriture, conférences, concours d'orthographe, spectacles, etc. Vous pouvez retrouver le programme détaillé des activités classées par région et ville sur le site du ministère en charge de cet événement. On pourra remarquer que certains types de manifestations ne sont pas organisés dans toutes les régions, cependant globalement des activités sont disponibles où que l'on réside.

Les dix mots



Tous les ans, dix mots sont choisis afin de servir de base à cette semaine de la langue, les activités proposées gravitant ensuite autour de ces dix mots formant le thème de l'événement.

Cette année, les dix mots sont : baladeur, mobile, variante, zapper, crescendo, escagasser, cheval de Troie, galère, remue-méninges et mentor.

Nous pourrons noter un désir de modernité dans la sélection des mots. En effet le baladeur, comme le mobile ou le cheval de Troie sont beaucoup utilisés de nos jours dans des domaines différents que ceux qui constituent leur fondement historique (car chacun de ces mots a eu une histoire avant celle du lecteur de musique portable, du téléphone cellulaire ou des virus informatiques). Cependant là se trouve aussi un des objectifs de cette manifestation : rappeler le sens de ces mots et expressions ayant beaucoup évolué au cours des dernières années. Ainsi, si l'on se réfère à cet article (toujours sur le site officiel de l'événement) définissant les mots choisis pour cette année, on remarque l'accent porté sur le sens « historique » de ces mots et expressions, comme un rappel pour tous ceux qui les emploient couramment sans forcément savoir d'où ils proviennent.

Concrètement, comment participer à cet événement ?



Cela est possible de diverses manières. Vous pouvez tout d'abord participer à des ateliers (voir le programme sur le site officiel) près de chez vous, mais vous pouvez aussi apporter votre contribution en ligne. Le site propose en effet aux visiteurs de participer dans certaines sections. Vous pouvez ainsi jouer à certains jeux (mots croisés, quiz, etc.) directement sur le site.

Si vous êtes motivés et avez des idées, les organisateurs de cette semaine de la langue française vous proposent même d'aller plus loin, à savoir que vous pouvez proposer vos propres événements afin de les ajouter au calendrier (si vous souhaitez organiser un atelier près de chez vous par exemple). Notez cependant que pour pouvoir proposer vos idées, vous devez au préalable vous inscrire sur le site.

Le contexte dans lequel cette semaine de la langue française est organisée



Le ministère de la Culture et de la Communication organise cet événement mettant au cœur de nos vies notre langue, non pas nécessairement en opposition avec la langue anglaise, dominant le monde et les échanges, mais bel et bien comme patrimoine, même si, çà et là, on propose d'« abolir ou amender » la loi Toubon*.

Revenant tous les ans à la barre, mais aussi toute l'année, ses protagonistes suggèrent qu'il faudrait « être francophile avant d'être francophone ». Sans doute pour ceux dont la langue n'est pas nécessairement celle de Molière, mais pour ceux dont la langue maternelle, native, est le français ? Il s'agit davantage d'apprendre à l'aimer, à la connaître, à la respecter : à chaque terme (ou peu s'en faut) anglo-saxon correspond bien un mot, même inventé de toutes pièces et breveté, pour l'utiliser en lieu et place de l'anglicisme.

Par exemple, et pour reprendre la thématique de cette année, le mot coach, souvent employé, peut parfaitement être remplacé par le mentor. Et d'un autre côté, l'utilisation des guillemets qui, au passage, sont bel et bien américains (c'est-à-dire "" en non pas les chevrons « ») lorsque l'on veut, à l'intérieur même d'un discours transposé à l'écrit, mettre une expression ou un mot entre… guillemets, reflète bien notre impossibilité de nous passer de ces anglicismes, monnaie courante dans notre conversation de tous les jours.

Il n'est pas question de revenir sur ces usages, mais de se souvenir qu'à chaque mot emprunté à la langue de Shakespeare (dans son odyssée outre-Atlantique, notamment) correspond un mot bien français, quand il n'est pas carrément français naturalisé américain ! Il n'est pas question de faire de prosélytisme, mais plutôt de défendre, en la connaissant, en la pratiquant, en la préférant, notre si chère langue face aux attaques auxquelles nous laissons si facilement le français prêter le flanc.

Certes, dans un monde toujours plus technologique et global, l'anglais se révèle incontournable. De grâce, faisons en sorte que l'anglais soit utilisé parcimonieusement, que nos phrases ne ressemblent pas à un sabir à la frontière entre ces deux langues, si belles indépendamment l'une de l'autre, et rendons à Molière, Rousseau et Racine ce qui leur revient.

L'initiative n'a pas pour vocation de créer un « village gaulois » dans un monde où il n'a pas une place majoritaire. Mais défendons-la avec passion, avec assiduité et dextérité, et là, c'est garanti, nous verrons − au détour d'un roman, d'un article ou d'une diatribe − la beauté naturelle des mots. Assemblé par nos plus prestigieux écrivains, professionnels de la langue, contemporains ou non, notre patrimoine se révèle comme un trésor, brillant, mais dont l'éclat doit être préservé par un entretien régulier… Le dépoussiérer de temps en temps, ainsi que le font l'Académie, le ministère de la Culture et de la Communication à travers des initiatives telles que cette semaine de la langue française, mais aussi tous les passionnés, dans les rangs desquels nous voulons compter en votre compagnie.

* Loi élaborée en août 1994, en vue de protéger le patrimoine linguistique français. Il est probable que nous y revenions à l'occasion d'un prochain article.

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24 commentaires sur ce billet

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Auteur Message
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Hors ligne Itello
# Ajouté le 24/03/2010 à 20 h 15
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Groupe : zAnciens
Merci de nous en avoir parlé. :)

Il y a quelques ateliers qui peuvent être intéressants sans être trop loin de chez moi. Je n'ai pas le temps de m'y mettre aujourd'hui, mais dès demain matin je regarde en profondeur les activités proposées.

Il y a même une dictée en nouvelle orthographe juste à côté de chez moi. Comme dirait Ejis, je kiffe. :p
 
Hors ligne Guillawme
# Ajouté le 24/03/2010 à 20 h 48
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Groupe : zAnciens
J'ai pas regardé ce qu'il y a près de chez moi, mais bon j'ai bientôt des examens donc je vais bien pouvoir me passer de dictée pendant une petite semaine. :-°

Enfin ce genre d'événement est bien, dommage que ce ne soit pas très médiatisé (en dehors d'internet je n'en avais jamais entendu parler).
Modifié le 24/03/2010 à 21 h 35 par Guillawme
 
Hors ligne 6pri1
# Ajouté le 24/03/2010 à 21 h 12
« IGWT »
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Membres
Salut ! Merci pour ce billet, j'irai faire un tour sur le site et voir s'il y a des choses proposées près de chez moi, j'aimerais bien participer.

Y aurait-il une erreur dans le billet ?

Secret (cliquez pour afficher)

À en croire ce sujet, les guillemets ouvrants sont précédés d'une espace.
Or dans l'article il est marqué :
Citation : billet
on propose d'« abolir ou amender » la loi Toubon*

Si l'apostrophe n'exige pas d'être suivie d'une espace, il me semble que le guillemet ouvrant, situé après, est prioritaire par rapport à l'apostrophe et donc doit être précédé de son espace.

Modifié le 24/03/2010 à 21 h 45 par 6pri1
 
Hors ligne Itello
# Ajouté le 24/03/2010 à 21 h 32
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Groupe : zAnciens
Non, c'est correct. ;)

Il faut à juste titre mettre une espace avant et après le guillemet. Ceci étant, l'apostrophe est un élément liant et il serait fort regrettable de la voir séparée de l'élément lié.

On doit mettre une espace entre deux mots. Mais ça ne s'applique pas lorsqu'il y a une apostrophe.
Le chat mais l'alphabet.
On doit mettre une espace entre un mot et une abréviation. Mais ça ne s'applique pas lorsqu'il y a une apostrophe.
La RATP mais l'ONU.
On doit mettre une espace entre un mot et un guillemet. Mais ça ne s'applique pas lorsqu'il y a une apostrophe.
Le « vilain » mais l'« alphabet ».

L'apostrophe sert à faire une élision. Elle élide certaines lettres mais également l'espace qu'elle remplace.

La seule véritable faute typographique dans ce billet semble être la majuscule en trop dans « Ministère de la Culture ».

P.-S. L'utilisation d'une apostrophe dans « Y'aurait-il » est en revanche parfaitement erronée. Tu n'élides aucune lettre, l'apostrophe n'a donc pas lieu d'être.
Modifié le 24/03/2010 à 21 h 41 par Itello
 
Hors ligne 6pri1
# Ajouté le 24/03/2010 à 21 h 45
« IGWT »
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Membres
Ah carrément, l'apostrophe rajoute une couche de complication... :pirate: Merci pour ces précisions. :)
Et toutes mes excuses pour l'apostrophe en trop, bien que je n'aie rien pour me justifier... Pourtant je le savais !
 
Hors ligne Ziame
# Ajouté le 24/03/2010 à 21 h 58
Arx Tarpeia Capitoli proxima
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Groupe : Administrateurs
Effectivement, je les avais rajoutées (les majuscules) suite à un quiproquo avec un zCorrecteur (qui me conseillait en fait d'enlever une majuscule qui restait mais j'avais mal interprété son propos). Bref, je les ai toutes enlevées. :)

Merci.
Modifié le 24/03/2010 à 21 h 58 par Ziame
 
Hors ligne iPoulet
# Ajouté le 27/03/2010 à 15 h 50

Membres
Ce qui est dommage (et je dis "dommage" pour ne heurter personne), c'est que ce genre de mesure ne sert à rien. Le vrai combat à mener pour préserver la langue Française (ainsi, ce qui semble légèrement plus important, que les dizaines de langues qui sont en train de disparaître à travers le monde) est celui de la diversité linguistique, et de la recherche d'une langue internationale équitable. Il est primordial car il cherche à aller de l'avant (et pas seulement à lutter contre l'anglicisation), donc ne peut qu'être davantage populaire que le premier, et surtout il ne se contente pas d'écoper les fuites sans réfléchir aux causes du désastre culturel vers lequel nous nous dirigeons.

Pendant des décennies, le Français a été une langue de travail au sein des institutions européennes (ainsi que quelques autres, dont l'Anglais naturellement), ce qui était naturellement injuste pour les autres. Comme tout le monde l'avait prévu, c'est de moins en moins le cas, précisément à cause de cette injustice. Quel rapport avec la discussion ? Nous parlons de moins en moins la langue de nos administrations. L'Anglais est enseigné aux enfants de plus en plus tôt dans leur vie. Il est de plus en plus présent… partout. Alors on envoie Raffarin s'indigner de tout et de rien, constater que le Français n'a plus la cote et que plus personne n'a envie de faire semblant de s'y intéresser. Mais de toute façon, si la langue d'une administration est imposée par une force extérieure au pays régi par cette administration, les langues locales sont petit à petit rendues illégitimes, semblent peu naturelles, et de toute façon peu pratiques. C'est ce que les francophones (entre autres) ont imposé à l'Afrique pendant des siècles. Je ne dis pas que "c'est bien fait", mais la situation à venir est pour le moins ironique. Même si elle n'amuse sans doute personne ici.

C'est bien d'essayer d'intéresser les gens à leur langue maternelle. Mais s'ils n'ont tout simplement pas envie de l'apprendre parce qu'ils n'en voient plus l'utilité, il ne faudra pas s'en étonner.
Modifié le 27/03/2010 à 16 h 00 par iPoulet
 
Hors ligne Ziame
# Ajouté le 27/03/2010 à 16 h 27
Arx Tarpeia Capitoli proxima
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Groupe : Administrateurs
Ce que tu dis est vrai et j'ajouterai que cette désaffection a aussi des causes dans l'éducation. En effet l'enseignement tel qu'il est actuellement pratiqué dans les petites classes ne remplit pas le rôle qui devrait lui échoir, à savoir attiser la curiosité, intéresser les élèves, leur apporter une culture qui leur permettrait de vouloir se cultiver ensuite par eux-mêmes, d'apprendre par eux-mêmes et de s'intéresser à ce qui les entoure. Pour ne prendre qu'un exemple parmi tant d'autres, on fait lire de moins en moins d'œuvres « classiques » aux élèves, souvent jugées trop difficiles (c'est devenu LE critère dominant pour déterminer ce qui mérite ou non d'être étudié dans les classes précédant les études supérieures, ça, la difficulté), ce qui fait que les élèves iront moins facilement par eux-mêmes vers les livres, et d'autant moins vers les classiques par la suite.

Après il y a bien entendu le phénomène d'internationalisation et de mode. Je passais sur un des fora privés du Site du Zéro l'autre jour et dans un sujet que je survolais, je voyais des membres qui parlaient d'attitude « secure » (à la place de sûre), de mot de passe « salté » (à la place de salé), de « hasher un string » (involontairement, celui-ci m'a même fait rire :D ), j'en passe et des meilleurs… Bref, même dans un contexte informatique, ça fait bizarre. Cela dit je pense que comme partout, utiliser du vocabulaire anglais francisé doit permettre de se sentir plus « branché » et, dans ce cas, aussi plus pointu d'un point de vue technique (utiliser des termes tirés de l'anglais donnant peut-être une impression de maîtrise supplémentaire…).

Et contre ça, je ne vois pas vraiment ce qui pourrait être fait. Mis à part appliquer la loi Toubon dans un premier temps afin d'obliger les entreprises à parler en français sur le sol français et ainsi ôter de l'idée de beaucoup que le français pourrait n'être qu'une « langue de pecnos » n'étant plus utilisée dans aucun domaine technique ni entreprenarial, je ne vois pas. C'est un phénomène de société et il faudrait surtout essayer d'intéresser les gens à la langue, déjà à l'école, ensuite par des manifestations culturelles du type de celle mentionnée dans le billet et enfin en imposant que le français soit la langue utilisée en France… Cela dit ce ne sont que des évidences que je débite (même si elles ne sont pas appliquées :-° ).
 
Hors ligne Fihld
# Ajouté le 27/03/2010 à 17 h 18
tokiponized
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Groupe : zAnciens
Citation : Ziame
Et contre ça, je ne vois pas vraiment ce qui pourrait être fait. Mis à part appliquer la loi Toubon dans un premier temps afin d'obliger les entreprises à parler en français sur le sol français et ainsi ôter de l'idée de beaucoup que le français pourrait n'être qu'une « langue de pecnos » n'étant plus utilisée dans aucun domaine technique ni entreprenarial, je ne vois pas. C'est un phénomène de société et il faudrait surtout essayer d'intéresser les gens à la langue, déjà à l'école, ensuite par des manifestations culturelles du type de celle mentionnée dans le billet et enfin en imposant que le français soit la langue utilisée en France… Cela dit ce ne sont que des évidences que je débite (même si elles ne sont pas appliquées :-° ).

On pourrait commencer par faire tomber l'anglais de son piédestal mondial, qui ne se justifie pas du tout. Ton exemple sur les termes anglais donnés à toutes les sauces montre bien qu'on se dirige vers une langue internationale aux dépens de la mosaïque linguistique qui porte une culture et toute une histoire. La principale raison en est que l'anglais s'impose dans tous les domaines, obligeant nombre de personnes (notamment les chercheurs même si c'est un cas un peu particulier) à produire du contenu en anglais parfois même pour des francophones. Le vocabulaire scientifique, technique, politique, économique, etc. tend à s'affranchir assez largement du français puisque c'est un vocabulaire nouveau. Et ça, c'est à l'image de la standardisation et de la banalisation de l'adaptation crue des termes anglais.

Bref, l'anglais c'est une belle langue, mais il ne faudrait pas oublier qu'elle n'a pas plus de raisons d'être mise en avant que le français ou que toute autre langue. Pour se lamenter davantage mais aussi pour trouver de nouvelles pistes (et dans les dernières vidéos retrouver le sourire), je vous propose la première de ces interventions de feu Claude Piron, linguiste et traducteur, sur la nature, l'utilité et la fonction des langues.
 
Hors ligne Ziame
# Ajouté le 27/03/2010 à 17 h 37
Arx Tarpeia Capitoli proxima
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Groupe : Administrateurs
Sans oublier un point qui est d'ailleurs par trop souvent oublié. C'est que tout cela ne profite même pas à l'anglais. Car ce dont on parle est le globish, une sorte de mélange de pas mal de langues essentiellement basées sur l'anglais, certes, mais n'étant pas de l'anglais véritable. L'anglais s'inscrit dans une culture qui n'apparaît pas dans toutes les utilisations qui en sont faites de par le monde en dehors de la Grande-Bretagne. Donc en bref l'anglais souffre autant de cette internationalisation de l'anglais que les autres langues, en perdant de sa substance, de son caractère et en ne devenant qu'un outil au sens premier du terme, plus ou moins (et plutôt plus que moins) maltraité, et détaché de toute la culture qui lui a donné naissance.
Modifié le 27/03/2010 à 17 h 37 par Ziame
 
Hors ligne Fihld
# Ajouté le 27/03/2010 à 17 h 46
tokiponized
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Groupe : zAnciens
Citation : Ziame
Sans oublier un point qui est d'ailleurs par trop souvent oublié. C'est que tout cela ne profite même pas à l'anglais. Car ce dont on parle est le globish, une sorte de mélange de pas mal de langues essentiellement basées sur l'anglais, certes, mais n'étant pas de l'anglais véritable. L'anglais s'inscrit dans une culture qui n'apparaît pas dans toutes les utilisations qui en sont faites de par le monde en dehors de la Grande-Bretagne. Donc en bref l'anglais souffre autant de cette internationalisation de l'anglais que les autres langues, en perdant de sa substance, de son caractère et en ne devenant qu'un outil au sens premier du terme, plus ou moins (et plutôt plus que moins) maltraité, et détaché de toute la culture qui lui a donné naissance.

Justement, c'est ce globish qui pose problème, pas l'anglais original, le vrai, l'unique. Il est transformé en outil en effet, mais en mauvais outil dont on se sert mal. Ce n'est pas tant de savoir qui souffre de ce phénomène qui est intéressant, mais bien de trouver une solution (c'est un message subliminal).
 
Hors ligne iPoulet
# Ajouté le 27/03/2010 à 18 h 14

Membres
Citation : Ziame
Sans oublier un point qui est d'ailleurs par trop souvent oublié. C'est que tout cela ne profite même pas à l'anglais. Car ce dont on parle est le globish, une sorte de mélange de pas mal de langues essentiellement basées sur l'anglais, certes, mais n'étant pas de l'anglais véritable. L'anglais s'inscrit dans une culture qui n'apparaît pas dans toutes les utilisations qui en sont faites de par le monde en dehors de la Grande-Bretagne. Donc en bref l'anglais souffre autant de cette internationalisation de l'anglais que les autres langues, en perdant de sa substance, de son caractère et en ne devenant qu'un outil au sens premier du terme, plus ou moins (et plutôt plus que moins) maltraité, et détaché de toute la culture qui lui a donné naissance.


Sauf qu'en échange, les anglophones sont bien plus à l'aise lors d'un quelconque échange avec quelqu'un dont ce n'est pas la langue maternelle. De manière générale, les institutions de pays anglophones profitent également de cet état de fait : pas de frais de traduction, beaucoup moins de gêne pour la publication à caractère international (puisque pour certains classements, comme celui de Shanghaï, seules les publications en Anglais comptent), et ainsi de suite.

Bien sûr, cette réponse est complètement hors-sujet.
 
Hors ligne Guillawme
# Ajouté le 27/03/2010 à 19 h 58
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Groupe : zAnciens
Je vais me faire l'avocat du diable juste le temps de cette réponse.

Citation : Fihld
Bref, l'anglais c'est une belle langue, mais il ne faudrait pas oublier qu'elle n'a pas plus de raisons d'être mise en avant que le français ou que toute autre langue.

Moi je vois au moins une bonne raison qui fait que l'anglais est mis en avant pour la communication internationale : c'est une langue facile, quoi qu'on puisse en penser.
Vous en doutez ?
En anglais il n'y a pas de subjonctif, pas de différence grammaticale entre tutoiement et vouvoiement, et une liste assez restreinte de verbes irréguliers. J'oublie probablement d'autres aspects qui font sa facilité.
Si on le compare à des langues latines comme le français et l'espagnol (les deux seules autres que je connaisse un peu), l'anglais est incroyablement plus simple : l'emploi du subjonctif est assez difficile en espagnol, les verbes irréguliers sont tordus en espagnol comme en français (la plupart sont irréguliers à certains temps et pas à d'autres, etc.), et le tutoiement/vouvoiement présente quelques subtilités dans ces deux langues.
Je ne connais aucune autre langue, mais je pense pouvoir supposer que l'anglais a également une grammaire plus facile que bien d'autres langues, plus ou moins au hasard je citerais ici l'allemand, le portugais, l'arabe, le chinois, le japonais, bref quelques unes parmi les langues les plus représentées (?).

Donc l'emploi de l'anglais aurait tendance à se justifier, et j'irai même jusqu'à défendre le globish qui est continuellement modelé par les erreurs, les barbarismes ou les néologismes introduits par les anglophones non natifs : par rapport à une langue construite, l'avantage est le départ sur une base complètement "fonctionnelle" déjà existante, parlée par beaucoup de gens et assez facilement "extensible".
En revanche, je ne sais pas sur quels principes ont été définies les grammaires de l'espéranto et des autres langues construites qui se veulent "langues de la communication internationale", mais j'imagine sans mal qu'elles ont des fondements bien plus cohérents que ceux du globish.

Pour l'autre point important concernant les aspects culturels, en revanche, je suis d'accord qu'il y a de bien tristes pertes.
 
Hors ligne Fihld
# Ajouté le 27/03/2010 à 20 h 29
tokiponized
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Groupe : zAnciens
Citation : Guillawme
Je vais me faire l'avocat du diable juste le temps de cette réponse.

Citation : Fihld
Bref, l'anglais c'est une belle langue, mais il ne faudrait pas oublier qu'elle n'a pas plus de raisons d'être mise en avant que le français ou que toute autre langue.

Moi je vois au moins une bonne raison qui fait que l'anglais est mis en avant pour la communication internationale : c'est une langue facile, quoi qu'on puisse en penser.
Vous en doutez ?
En anglais il n'y a pas de subjonctif, pas de différence grammaticale entre tutoiement et vouvoiement, et une liste assez restreinte de verbes irréguliers. J'oublie probablement d'autres aspects qui font sa facilité.
Si on le compare à des langues latines comme le français et l'espagnol (les deux seules autres que je connaisse un peu), l'anglais est incroyablement plus simple : l'emploi du subjonctif est assez difficile en espagnol, les verbes irréguliers sont tordus en espagnol comme en français (la plupart sont irréguliers à certains temps et pas à d'autres, etc.), et le tutoiement/vouvoiement présente quelques subtilités dans ces deux langues.
Je ne connais aucune autre langue, mais je pense pouvoir supposer que l'anglais a également une grammaire plus facile que bien d'autres langues, plus ou moins au hasard je citerais ici l'allemand, le portugais, l'arabe, le chinois, le japonais, bref quelques unes parmi les langues les plus représentées (?).

Elle a beau être « simple » (quoique c'est à discuter), ça n'enlève ne rien le fait qu'elle n'est pas neutre. Un anglophone natif sera bien plus à l'aise dans la communication internationale, devançant les autres nationalités. Bref, la grammaire a beau être plus abordable que de nombreuses autres langues, il n'en reste pas moins que les nombreuses expressions et tournures idiomatiques sont difficiles à appréhender pour ceux pour qui ce n'est pas la langue maternelle. Enfin, l'anglais comporte quand même quelques incohérences intrinsèques ou relatives (par rapport à nous par exemple). Je m'attendais à une réaction de ce type, et on peut aussi objecter que les États-Unis justifient l'emploi de cette langue vu qu'ils sont une grande puissance, etc. mais ce sont des arguments purement pratiques et arbitraires.

Citation : Guillawme
Donc l'emploi de l'anglais aurait tendance à se justifier, et j'irai même jusqu'à défendre le globish qui est continuellement modelé par les erreurs, les barbarismes ou les néologismes introduits par les anglophones non natifs : par rapport à une langue construite, l'avantage est le départ sur une base complètement "fonctionnelle" déjà existante, parlée par beaucoup de gens et assez facilement "extensible".
En revanche, je ne sais pas sur quels principes ont été définies les grammaires de l'espéranto et des autres langues construites qui se veulent "langues de la communication internationale", mais j'imagine sans mal qu'elles ont des fondements bien plus cohérents que ceux du globish.

Si tu trouves l'anglais extensible, l'espéranto comblera tes rêves les plus fous. À l'inverse de l'anglais, cette langue a été construite pour faciliter son apprentissage et son utilisation. Elle est logique, ne souffre d'aucune exception, est très expressive, les mots se prononcent comme ils s'écrivent et s'écrivent comme ils se prononcent. En outre, tu peux former des mots grâce à l'agglutination de préfixes, de suffixes et d'éléments logiques (ex. : [le soir : vespero] [manger : manĝi] [suffixe -ej désigne un lieu] donc [la salle où l'on dîne : vespermanĝejo]). Cette possibilité est presque sans limite, et tu peux comprendre une immense palette de vocabulaire en connaissant un nombre restreint de concepts. Si l'anglais est simple, l'espéranto l'est infiniment plus.
Modifié le 27/03/2010 à 20 h 35 par Fihld
 
Hors ligne micky
# Ajouté le 27/03/2010 à 20 h 30
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Groupe : Administrateurs
Responsable zCorrection
Citation : Guillawme
En anglais il n'y a pas de subjonctif, pas de différence grammaticale entre tutoiement et vouvoiement, et une liste assez restreinte de verbes irréguliers. J'oublie probablement d'autres aspects qui font sa facilité.

Hum, l'utilisation nettement simplifiée des déterminants ? Ah, et aussi (il faut le mentionner parce que bon, ce n'est peut-être pas tout à fait exact mais c'est quand même relativement vrai), un francophone aura plus de facilité en anglais qu'en allemand (exemple parmi tant d'autres encore une fois) grâce à la discrète ressemblance de certains mots et certaines syntaxes avec le français. Non mais c'est vrai : possible (fr) = possible (en) = möglich (de)... Enfin, en bref et sans vouloir m'enfoncer plus j'approuve que l'anglais est plus facile que d'autres langues d'Europe occidentale (bien qu'elle ait ses difficultés évidemment, comme les temps des verbes qui ne ressemblent en rien au français même s'il n'y a pas de subjonctif etc.).

Par contre, dire qu'on perd des aspects culturels, je suis mitigé. De tout temps, le langage a évolué, la culture des régions également ; certains rois ou empereurs ont progressivement imposé une langue commune au territoire qu'ils dirigeaient, et on remarque la même chose actuellement : plusieurs pays parlent le français, bien que chaque région ait encore gardé des dialectes etc., mais également des cultures ; alors je pense que même si on en revient à tous parler la même langue, au contraire de pertes, ce seraient des gains : chaque pays/région apporte ses particularités et permet d'accroître la situation culturelle (comme ça c'est déjà passé au Moyen Âge je dirais, une sorte de brassage des cultures : dans un lac, le brassage des eaux permet de répartir l'oxygène, les éléments nutritifs etc. partout dans le lac, même si justement la quantité est moins importante dans chaque petite région parce que dispersée dans toute la surface).

Mais je suis d'accord qu'il ne faudrait pas que l'anglais domine le français sur la partie francophone du globe. ^^