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Anthroponymie, suite…
… les noms de famille issus de métiers
Catégorie : Histoire de la langue
Écrit par Tess, le 09/05/2009 à 17 h 31 | Commenter ce billet (6 commentaires)
Comme on l'a vu dans le précédent article, les noms de famille ont souvent une origine assez simple. Les professions ont fourni bon nombre de patronymes à nos ancêtres. Je vous propose de nous pencher sur certains d'entre eux...
Pour commencer, prenons le cas des Lefèvre, Lefebvre, Lefébure, Fèvre, Favre. Ce patronyme est intéressant à bien des égards, de par son origine, ses nombreuses déclinaisons ainsi que sa répartition géographique.
Tout d'abord son origine : le métier de forgeron, très répandu, autant à la ville qu'à la campagne. Le terme de forgeron, dérivé de forgeur n'apparaît qu'au début du XVIe siècle, époque trop tardive pour qu'on le retrouve dans les noms de famille. Auparavant, on utilisait le terme latin faber et cela jusqu'à la fin du Moyen Âge dans le nord de la France. Ce qui a donné Fèvre et Lefèvre voire Lefeuvre en langue d'Oïl, Faure et Fabre dans le Midi.

La Renaissance a souvent donné lieu à une surcharge de lettres (par exemple Faivre pour Fèvre dans l'Est). On a par exemple ajouté le [v] au [b] latin qui n'a pas été reconnu (phénomène de bêtacisme pour les linguistes émérites
, c'est-à-dire confusion dans la prononciation entre le [b] et le [v]) d'où la graphie Febvre et Lefebvre. Par ailleurs, le [v] et le [u] s'étant écrits de la même façon pendant des siècles (la distinction s'est faite par l'imprimerie, en France, au XVIIIe siècle), une mauvaise lecture a donné les Lefébure, Feure et Lefeure.
Que dire de la présence ou de l'absence de l'article « Le » ? Le patronyme Fèvre - Lefèvre est donc issu d'une profession. Dans ce cas, l'article était toujours employé dans les textes anciens. La suppression de cet article est ensuite affaire de région. Il est absent dans le Sud-Est (du Languedoc à la Suisse romande), parfois présent dans les régions du Centre (Sud-Ouest, Massif Central, Centre et Est de la langue d'Oïl), et presque systématiquement collé au nom dans le Nord, Nord-Ouest (surtout la Normandie et le Hainaut). Ainsi, les Lefèvre sont présents dans la région de Reims puis en descendant vers l'Ouest jusqu'à la Loire (Tours et Nantes).
Quoi qu'il en soit, le patronyme Lefèvre et ses dérivés sont très répandus en France.
Le nom de famille « Larcher », moins répandu, peut illustrer une autre catégorie de métier. En effet, Archer ou Archier (dans sa forme ancienne) mais surtout Larcher, Larchier ou Larchez (voire Larquier en Normandie et Picardie), ces noms évoquent donc les guerres et les croisades et plus globalement les métiers des armes (à l'instar des Chevalier, Lecuyer, Cavalier, etc.). Cela dit, les archers n'étaient pas seulement des tireurs mais aussi des fabricants d'arcs. Ce terme englobait aussi, par l'usage courant, les arbalétriers (cités dans les rôles mais non dans le Livre des métiers).
Par extension, Larcher pouvait qualifier quelqu'un à la langue acérée comme une pointe, quelqu'un d'acerbe ou médisant.
Nous finirons par un patronyme très répandu dont la signification est presque évidente : Dufour. Ce nom désignait tout simplement une personne qui était soit préposée au four banal, soit voisine de ce dernier.
Par extension, il pouvait aussi s'agir du boulanger.
Ne pas confondre avec Duraffour dont l'étymologie est différente. Il s'agissait du préposé au rafour, le four à chaux (Bourgogne, Dauphiné...).
Les Dufour (écrit aussi Duffour) se trouvent partout en France, ce qui semble très logique...
Voilà pour clore ce billet traitant de quelques exemples de patronymes issus de noms de métiers. Comme on a pu le constater, ces exemples sont loin d'être exhaustifs, mais donnent une petite idée de la formation de certains noms de famille.
Si le sujet vous intéresse toujours, dans un prochain billet, je vous parlerai de ces patronymes issus de surnoms, de sobriquets et pourquoi pas, de ces noms dont on ne connaît pas bien l'origine et pour quelle raison...
Biblio : Les noms de famille de France - Albert Dauzat
Pour commencer, prenons le cas des Lefèvre, Lefebvre, Lefébure, Fèvre, Favre. Ce patronyme est intéressant à bien des égards, de par son origine, ses nombreuses déclinaisons ainsi que sa répartition géographique.
Tout d'abord son origine : le métier de forgeron, très répandu, autant à la ville qu'à la campagne. Le terme de forgeron, dérivé de forgeur n'apparaît qu'au début du XVIe siècle, époque trop tardive pour qu'on le retrouve dans les noms de famille. Auparavant, on utilisait le terme latin faber et cela jusqu'à la fin du Moyen Âge dans le nord de la France. Ce qui a donné Fèvre et Lefèvre voire Lefeuvre en langue d'Oïl, Faure et Fabre dans le Midi.

La Renaissance a souvent donné lieu à une surcharge de lettres (par exemple Faivre pour Fèvre dans l'Est). On a par exemple ajouté le [v] au [b] latin qui n'a pas été reconnu (phénomène de bêtacisme pour les linguistes émérites
, c'est-à-dire confusion dans la prononciation entre le [b] et le [v]) d'où la graphie Febvre et Lefebvre. Par ailleurs, le [v] et le [u] s'étant écrits de la même façon pendant des siècles (la distinction s'est faite par l'imprimerie, en France, au XVIIIe siècle), une mauvaise lecture a donné les Lefébure, Feure et Lefeure. Que dire de la présence ou de l'absence de l'article « Le » ? Le patronyme Fèvre - Lefèvre est donc issu d'une profession. Dans ce cas, l'article était toujours employé dans les textes anciens. La suppression de cet article est ensuite affaire de région. Il est absent dans le Sud-Est (du Languedoc à la Suisse romande), parfois présent dans les régions du Centre (Sud-Ouest, Massif Central, Centre et Est de la langue d'Oïl), et presque systématiquement collé au nom dans le Nord, Nord-Ouest (surtout la Normandie et le Hainaut). Ainsi, les Lefèvre sont présents dans la région de Reims puis en descendant vers l'Ouest jusqu'à la Loire (Tours et Nantes).
Quoi qu'il en soit, le patronyme Lefèvre et ses dérivés sont très répandus en France.
Le nom de famille « Larcher », moins répandu, peut illustrer une autre catégorie de métier. En effet, Archer ou Archier (dans sa forme ancienne) mais surtout Larcher, Larchier ou Larchez (voire Larquier en Normandie et Picardie), ces noms évoquent donc les guerres et les croisades et plus globalement les métiers des armes (à l'instar des Chevalier, Lecuyer, Cavalier, etc.). Cela dit, les archers n'étaient pas seulement des tireurs mais aussi des fabricants d'arcs. Ce terme englobait aussi, par l'usage courant, les arbalétriers (cités dans les rôles mais non dans le Livre des métiers).
Par extension, Larcher pouvait qualifier quelqu'un à la langue acérée comme une pointe, quelqu'un d'acerbe ou médisant.

Par extension, il pouvait aussi s'agir du boulanger.
Ne pas confondre avec Duraffour dont l'étymologie est différente. Il s'agissait du préposé au rafour, le four à chaux (Bourgogne, Dauphiné...).
Les Dufour (écrit aussi Duffour) se trouvent partout en France, ce qui semble très logique...
Voilà pour clore ce billet traitant de quelques exemples de patronymes issus de noms de métiers. Comme on a pu le constater, ces exemples sont loin d'être exhaustifs, mais donnent une petite idée de la formation de certains noms de famille.
Si le sujet vous intéresse toujours, dans un prochain billet, je vous parlerai de ces patronymes issus de surnoms, de sobriquets et pourquoi pas, de ces noms dont on ne connaît pas bien l'origine et pour quelle raison...
Biblio : Les noms de famille de France - Albert Dauzat
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6 commentaires sur ce billet

. Mais il est vrai que les noms de famille comportent souvent 2 syllabes. Difficile de donner une explication. Comme on l'a vu dans les 2 premiers articles, le mode de formation de ces patronymes s'y prête (Dupont, Dufour), association de 2 termes. Par ailleurs, beaucoup de noms proviennent de prénoms (rarement très long) 