« Je fais parti de l’équipe. » On croise cette phrase tous les jours, dans un e-mail ou sur les réseaux, et elle contient une faute. Écrit-on « faire partie » ou « faire parti » ? La règle grammaticale ne connaît aucune exception : il faut écrire « faire partie », toujours, avec un « e ». « Faire parti » n’existe pas. Reste à comprendre pourquoi, et à ne plus confondre ce « partie » avec le « parti » masculin qui se glisse dans « prendre parti » ou « tirer parti », un grand classique des pièges de la langue française.
Pourquoi « faire partie » prend toujours un « e »
« Faire partie » est une locution verbale : le verbe faire suivi du nom partie. Et le mot partie est un nom féminin qui désigne un élément d’un tout, une composante d’un ensemble. Faire partie d’un groupe, c’est en être une partie. Le « e » final n’est donc pas une option, c’est le genre du mot : voilà la forme correcte, et la seule.
Conséquence directe : ce partie est invariable. Il ne s’accorde jamais avec le sujet, ni en genre ni en nombre. Homme ou femme, seul ou à plusieurs : on fait partie. Quelques exemples d’usage le montrent :
Exemples
Il fait partie du conseil municipal.
Elles font partie des candidates retenues.
Ces compétences font partie de celles que recherchent les recruteurs.
L’erreur vient souvent d’une confusion avec le participe passé : on pense à « parti » comme dans « il est parti ». Mais ici, aucun participe passé : partie reste un nom, du début à la fin de la phrase.
L’astuce pour ne plus jamais hésiter
Un test simple règle la question. Remplacez « faire partie » par « appartenir à » ou « être membre de ». Si la phrase garde son sens, c’est bien partie avec un « e ».
Je fais partie du club → j’appartiens au club, je suis membre du club. La substitution fonctionne : le « e » s’impose.
Quand « parti » s’écrit sans « e »
Le piège, c’est que « parti » existe aussi. C’est un nom masculin, et il n’a rien à voir avec l’appartenance. Il désigne surtout un choix, une position ou une organisation. On le trouve dans plusieurs expressions figées, toutes sans « e » :
- prendre parti : choisir un camp, se ranger d’un côté ;
- prendre le parti de : décider, opter pour une solution ;
- prendre son parti de : se résigner à quelque chose ;
- tirer parti : profiter d’une situation ;
- un parti pris : une opinion arrêtée d’avance ;
- un parti politique, ou encore un beau parti (un prétendant à la situation avantageuse).
Il a pris parti pour son collègue. Elle a su tirer parti de ce contretemps. Je ne me reconnais dans aucun parti politique.
À côté de ce nom, « parti » est aussi le participe passé du verbe partir, celui de « c’est parti ! ». Là encore, pas de « e » : rien à voir avec le fait d’appartenir à un ensemble.
« Prendre parti » ou « prendre à partie » ?
Voici la subtilité qui piège même les bons rédacteurs. On écrit prendre parti (sans « e ») pour dire « choisir un camp ». Mais prendre à partie s’écrit avec un « e ». Les deux tournures n’ont ni le même sens ni la même orthographe.
Prendre quelqu’un à partie, c’est l’attaquer, s’en prendre à lui. Et le « e » s’explique par l’origine : dans la langue du droit, la partie est l’adversaire dans un procès, la partie adverse. Prendre à partie, c’était littéralement engager une action contre une personne. Le Dictionnaire de l’Académie française ne retient d’ailleurs que cette graphie : « attaquer une personne qui n’était pas à l’origine un adversaire et, au sens figuré, s’attaquer à quelqu’un. »
La forme fautive °« prendre à parti » circule pourtant, au point que Grevisse la relève sous la plume d’écrivains reconnus, dans Le Bon Usage. Il la juge malgré tout insuffisante pour détrôner prendre à partie. Retenez donc la règle sûre :
| Tournure | Orthographe | Sens |
|---|---|---|
| prendre parti | sans « e » | choisir un camp |
| prendre à partie | avec « e » | accuser, s’en prendre à |
La foule a pris à partie l’arbitre ne s’écrit pas comme il a pris parti pour l’arbitre : dans le premier cas, on l’attaque ; dans le second, on le soutient.
Questions fréquentes
Faut-il écrire « faire parti » ou « faire partie » ?
Toujours « faire partie », avec un « e ». Partie est ici un nom féminin qui signifie « élément d’un ensemble », et il reste invariable : je fais partie, nous faisons partie, elles font partie.
Pourquoi « faire partie » ne s’accorde-t-il jamais ?
Parce que partie n’est pas un participe passé mais un nom, complément du verbe faire. Un nom complément ne s’accorde pas avec le sujet. La forme ne bouge donc pas, quel que soit le genre ou le nombre.
Comment savoir si l’on met un « e » à parti(e) ?
Remplacez l’expression par « appartenir à ». Si le sens tient, écrivez partie (féminin, avec « e »). S’il est question d’un choix, d’une position ou d’un groupe politique (prendre parti, tirer parti), c’est parti (masculin, sans « e »).
