Aller au menu - Aller au contenu

Centre d'aide Vous êtes ici : zCorrecteurs.fr > Les forums > Littérature > Poésie > Crépuscule, Victor Hugo > Voir le sujet

Crépuscule, Victor Hugo

Poésie de la semaine n° 40

Page : 1 
Auteur Message
0 membre et 1 visiteur.
Page : 1 
Hors ligne Ziame # Posté le 03/02/2014 à 23 h 03
Arx Tarpeia Capitoli proxima
Avatar de Ziame
Messages : 11523
Groupe : Administrateurs
Bonsoir,

Pour cette quarantième poésie de la semaine, nous vous propons ces quelques vers de Victor Hugo, extraits des Contemplations : Crépuscule.

Victor Hugo



Image utilisateur
Écrivain engagé, poète, figure emblématique du mouvement naturaliste, Victor Hugo est de nos jours considéré comme l’un des écrivains majeurs de la littérature française. Une brève description de sa vie ayant été proposée pour la 14e poésie de la semaine : Écrit après la visite d’un bagne, nous vous invitons à vous y référer si vous souhaitez connaître les grandes lignes de son parcours artistique.

Crépuscule



Le paysage mis en scène dans Crépuscule relève à la fois de la nature et de la mort. Il revêt une dimension intemporelle, comme si ce crépuscule était suspendu, entre le jour qui n’est plus et la nuit inéluctable, inexorable mais qui n’est pas encore. La tension entre ces deux images, reliées par l’atmosphère planant sur le décor (calme absolu et froid profond) se poursuit tout au long de la poésie en un combat entre la vie (« Que dit-il, le brin d’herbe ? ») et la mort (« et que répond la tombe »). Nous pourrions d’ailleurs voir dans cette dialectique une préfiguration des derniers mots de l’auteur : « C’est ici le combat du jour et de la nuit… Je vois de la lumière noire. » Le jour étant la vie, l’amour (« Aimez, vous qui vivez ! », « Lèvre, cherche la bouche », « on emporta d’amour »…) et la nuit personnifiant la mort (« on a froid sous les ifs. », « la nuit tombe ; », « on l’emploie à prier »). De fait, chaque vers contient cette dialectique jour/nuit, vie/mort.

Le message délivré par ce poème est en fait un appel à la vie, à cueillir le jour (carpe diem…) en ayant conscience de sa fragilité, lui qui cède si rapidement la place à la nuit.

Citation : Crépuscule, Victor Hugo
L’étang mystérieux, suaire aux blanches moires,
Frissonne; au fond du bois la clairière apparaît ;
Les arbres sont profonds et les branches sont noires ;
Avez-vous vu Vénus à travers la forêt ?

Avez-vous vu Vénus au sommet des collines ?
Vous qui passez dans l’ombre, êtes-vous des amants ?
Les sentiers bruns sont pleins de blanches mousselines ;
L’herbe s’éveille et parle aux sépulcres dormants.

Que dit-il, le brin d’herbe ? et que répond la tombe ?
Aimez, vous qui vivez ! on a froid sous les ifs.
Lèvre, cherche la bouche ! aimez-vous ! la nuit tombe ;
Soyez heureux pendant que nous sommes pensifs.

Dieu veut qu’on ait aimé. Vivez ! faites envie,
Ô couples qui passez sous le vert coudrier.
Tout ce que dans la tombe, en sortant de la vie,
On emporta d’amour, on l’emploie à prier.

Les mortes d’aujourd’hui furent jadis les belles.
Le ver luisant dans l’ombre erre avec son flambeau.
Le vent fait tressaillir, au milieu des javelles,
Le brin d’herbe, et Dieu fait tressaillir le tombeau.

La forme d’un toit noir dessine une chaumière ;
On entend dans les prés le pas lourd du faucheur ;
L’étoile aux cieux, ainsi qu’une fleur de lumière,
Ouvre et fait rayonner sa splendide fraîcheur.

Aimez-vous ! c’est le mois où les fraises sont mûres.
L’ange du soir rêveur, qui flotte dans les vents,
Mêle, en les emportant sur ses ailes obscures,
Les prières des morts aux baisers des vivants.


À la semaine prochaine pour une nouvelle poésie !

Si vous aimez écrire et que vous avez des choses à dire sur l'un des thèmes que couvre notre blog, n'hésitez pas ! ;)
 

Retour au forum Poésie ou à la liste des forums