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Les séparés (N’écris pas...), Marceline Desbordes-Valmore

Poésie de la semaine n° 38

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Hors ligne Ziame # Posté le 16/01/2014 à 23 h 59
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Bonsoir,

Cela fait quelques mois que nous ne vous avions pas proposé de poésie de Marceline Desbordes-Valmore, poétesse des XVIIIe et XIXe siècles… depuis la première poésie de la semaine, en fait. Le poème que nous vous proposons aujourd’hui est Les séparés (N’écris pas...), issu du recueil Poésies inédites.

Marceline Desbordes-Valmore



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Portrait de Marceline Desbordes-Valmore
Des informations concernant la vie de Marceline Desbordes-Valmore sont disponibles sur la page dédiée à la première poésie de la semaine, Hiver.

Les séparés (N’écris pas...)



Les séparés est un poème d’amour, une complainte dans laquelle la poétesse supplie son amant, lointain, de l’oublier et de ne plus lui écrire car cela lui cause trop de peine. Elle assimile son écriture à un portrait de lui qui raviverait son souvenir et la douleur de son absence. Celle-ci est présentée dans un jeu d’échos comme le supplice de Tantale (ce dernier, pour avoir volé la boisson divine qui est l’ambroisie, aurait été condamné à errer à côté d’arbres fruitiers et rivière s’asséchant à son passage en l’empêchant de boire). Ici, l’amant, incarné dans ses lettres, est pour la poétesse ce que l’eau était pour Tantale : une image proche mais inaccessible, comme appartenant à un autre monde.

Concernant la composition du poème, notons que la rythmique adoptée relève de modèles chers à Marceline Desbordes-Valmore. Un rythme principal et lent structure le poème par des répétitions de vers : « N’écris pas ». Ce schéma se retrouve dans d’autres de ses poésies telles que L’entrevue au ruisseau (« L’eau nous sépare, écoute bien : »), Fleur d’enfance (« C’était mon petit amoureux ! »)… Au-delà de ce premier rythme, un second, beaucoup plus soutenu, se démarque via des répétitions de mots (« frapper » au 4e vers, par exemple) ou des allitérations. Là encore, ce procédé stylistique apparaît dans plusieurs de ses poèmes, notamment celui que nous vous avions présenté pour la première poésie de la semaine, Hiver : « C’est l’hiver, c’est le soir, près d’un feu dont la flamme » (répétitions de « c’est l’ » et allitérations en f).


Citation : Les séparés (N’écris pas...), Marceline Desbordes-Valmore
N’écris pas. Je suis triste, et je voudrais m’éteindre.
Les beaux étés sans toi, c’est la nuit sans flambeau.
J’ai refermé mes bras qui ne peuvent t’atteindre,
Et frapper à mon cœur, c’est frapper au tombeau.
N’écris pas !

N’écris pas. N’apprenons qu’à mourir à nous-mêmes.
Ne demande qu’à Dieu... qu’à toi, si je t’aimais !
Au fond de ton absence écouter que tu m’aimes,
C’est entendre le ciel sans y monter jamais.
N’écris pas !

N’écris pas. Je te crains ; j’ai peur de ma mémoire ;
Elle a gardé ta voix qui m’appelle souvent.
Ne montre pas l’eau vive à qui ne peut la boire.
Une chère écriture est un portrait vivant.
N’écris pas !

N’écris pas ces doux mots que je n’ose plus lire :
Il semble que ta voix les répand sur mon cœur ;
Que je les vois brûler à travers ton sourire ;
Il semble qu’un baiser les empreint sur mon cœur.
N’écris pas !


À dans quelques jours pour une nouvelle poésie !

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Hors ligne RogerP # Posté le 18/01/2014 à 16 h 02
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La tristesse d'un amour perdu se terminera comme une fleuve, qui coule vers le mer.
 

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