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Consolation, Théophile Gautier

Poésie de la semaine n° 31

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Hors ligne Ziame # Posté le 24/11/2013 à 00 h 36
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Bonsoir,

La poésie de cette semaine est Consolation de Théophile Gautier, publiée dans le recueil España en 1845.

Théophile Gautier



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Portrait de Théophile Gautier
par Auguste de Châtillon
Né en 1811, Théophile Gautier fut une figure (si ce n’est la figure) emblématique du courant du Parnasse et du Romantisme. De nombreux poètes lui rendront ainsi un hommage appuyé après sa mort, tel Stéphane Mallarmé par son Toast funèbre en 1887.

Il commence sa carrière par la rédaction de critique artistiques avant de s’adonner au théâtre, en donnant naissance aux pièces Une larme du diable, Le Tricorne Enchanté et Pierrot Posthume. Entre de nombreux voyages de 1850 à 1870, il s’installe à Neuilly avec sa femme et fréquente de nombreux artistes de différents milieux tels que le poète Charles Baudelaire, le peintre Pierre Puvis de Chavannes ou le sculpteur Jean-Baptiste Carpeaux, ainsi que des salons littéraires où il rencontrera aussi des scientifiques de renom comme Louis Pasteur ou Marcellin Berthellot.

Cette période est suivie de son élection en 1862 à la Société nationale des Beaux-Arts et de trois refus consécutifs de sa candidature à l’Académie française. Il décède en 1872 et est enterré au cimetière de Montmartre.

Consolation



Ce poème s’inscrit complètement dans le mouvement du Parnasse dont Théophile Gautier est le plus emblématique représentant. En effet, ce mouvement rejetait les excès lyriques et sentimentaux, devenus la norme du courant romantique. C’est que l’on peut comprendre à travers le vers « sans prendre à lui plaire une peine perdue », dénonçant la vanité des effets lyriques. Le Parnasse postulait également l’art comme unique objectif de l’art en refusant de le mettre au service d’idéaux politiques ou autres, cette idée transparaît dans le vers « Ne fais pas d’escalier à ta pensée ardue », le but n’est pas de clarifier le message mais que celui-ci soit ne soit réellement et complètement accessible qu’à celui qui souhaite faire l’effort de le comprendre. C’est un précepte que suivra de près Stéphane Mallarmé au travers de sa poésie parfois extrêmement complexe mais très riche d’images et de significations, pour peu que l’on s’y arrête, que l’on prenne le temps de s’imprégner des images et idées qu’elle recèle. Notons d’ailleurs que ces idées du Parnasse seront défendues également par Mallarmé dans sa poésie, le Toast funèbre notamment, où il indique les écueils que doit éviter le poète pour s’élever au sommet de son art.

Citation : Consolation, Théophile Gautier
Ne sois pas étonné si la foule, ô poète,
Dédaigne de gravir ton œuvre jusqu’au faîte ;
La foule est comme l’eau qui fuit les hauts sommets,
Où le niveau n’est pas, elle ne vient jamais.
Donc, sans prendre à lui plaire une peine perdue,
Ne fais pas d’escalier à ta pensée ardue :
Une rampe aux boiteux ne rend pas le pied sûr.
Que le pic solitaire escalade l’azur,
L’aigle saura l’atteindre avec un seul coup d’aile,
Et posera son pied sur la neige éternelle,
La neige immaculée, au pur reflet d’argent,
Pour que Dieu, dans son œuvre allant et voyageant,
Comprenne que toujours on fréquente les cimes
Et qu’on monte au sommet des poèmes sublimes.


À la semaine prochaine pour une nouvelle poésie !

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