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Le Renard et la Cigogne, Jean de la Fontaine

Poésie de la semaine n° 20

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Hors ligne Ziame # Posté le 08/09/2013 à 22 h 39
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Bonsoir,

Cette 20e poésie de la semaine est l’œuvre d’un poète, fabuliste dont les écrits ont dû croiser le chemin de tout écolier français… Je veux parler de Jean de la Fontaine. La fable choisie (avec difficulté) pour l’occasion, est Le Renard et la Cignogne, publiée en 1668.

Jean de la Fontaine



Portrait de Jean de la Fontaine par Hyacinthe Rigaud
Portrait de Jean de la Fontaine
par Hyacinthe Rigaud, 1690
Jean de la Fontaine est un fabuliste et écrivain du XVIIe siècle (1621-1695). De caractère rêveur, il débute sa carrière de poète en 1654 en publiant L’Eunuque, une pièce de théâtre en cinq actes. Elle restera méconnue et ne lui vaudra pas le succès qu’il n’atteindra que plus tard, après avoir connu la disgrâce à la suite de l’arrestation de Fouquet, pour qui il travaillait et qu’il tenta de défendre par ses écrits, ordonnée par Louix XIV. Jean de la Fontaine se lance alors dans la rédaction de contes et fables, inspirés de récits antiques et mythologiques, qui lui vaudront d’accroître son renom en tant qu’écrivain. Sa maîtrise du latin lui permit ainsi de reprendre des thèmes d’Apulée. Il s’inspira aussi largement de l’écrivain grec Ésope pour l’écriture de ses fables.

Bien que porteuses de critiques et étant anticléricales, ses fables ainsi que le reste de ses écrits le portèrent à l’Académie française en 1684. Cette élection amorcera une période courant jusqu’à sa mort, au cours de laquelle il adoptera des positions littéraires plus classiques et moins contestataires que par le passé et qui aboutiront à son retour radical sous le giron de la religion catholique à l’approche de sa mort (le jour de la mort, un cilice est ainsi retrouvé sur sa dépouille).

Le Renard et la Cigogne



Cette poésie de Jean de la Fontaine est une fable de taille moyenne en regard de ses autres poèmes. L’histoire qui y est racontée est, c’est le concept de la fable, le support d’une morale qui est énoncée à la fin. Ici, il s’agit d’illustrer le fait que ceux qui s’essaient à la tromperie doivent s’attendre à un retour de bâton « Trompeurs, c’est pour vous que j’écris : / Attendez-vous à la pareille. » Comme souvent dans les fables de la Fontaine, les personnages sont ici des animaux anthropomorphes interagissant de manière à ce que l’un enseigne par les faits une leçon à l’autre (voir La Cigale et la Fourmi, Le Loup et l’Agneau ou Le Corbeau et le Renard, par exemple). Outre l’aspect visuel que cela confère à son propos, cette transposition dans le monde animal évite une critique directe de certains personnages qui n’est pas ce que la Fontaine cherche : il critique des travers de l’humain et non pas des humains en particulier.

Citation : Le Renard et la Cigogne
Compère le Renard se mit un jour en frais,
et retint à dîner commère la Cigogne.
Le régal fût petit et sans beaucoup d’apprêts :
Le galant pour toute besogne,
Avait un brouet clair ; il vivait chichement.
Ce brouet fut par lui servi sur une assiette :
La Cigogne au long bec n’en put attraper miette ;
Et le drôle eut lapé le tout en un moment.
Pour se venger de cette tromperie,
A quelque temps de là, la Cigogne le prie.
"Volontiers, lui dit-il ; car avec mes amis
Je ne fais point cérémonie. "
A l’heure dite, il courut au logis
De la Cigogne son hôtesse ;
Loua très fort la politesse ;
Trouva le dîner cuit à point :
Bon appétit surtout ; Renards n’en manquent point.
Il se réjouissait à l’odeur de la viande
Mise en menus morceaux, et qu’il croyait friande.
On servit, pour l’embarrasser,
En un vase à long col et d’étroite embouchure.
Le bec de la Cigogne y pouvait bien passer ;
Mais le museau du sire était d’autre mesure.
Il lui fallut à jeun retourner au logis,
Honteux comme un Renard qu’une Poule aurait pris,
Serrant la queue, et portant bas l’oreille.
Trompeurs, c’est pour vous que j’écris :
Attendez-vous à la pareille.


À la semaine prochaine pour une nouvelle poésie !

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