Aller au menu - Aller au contenu

Centre d'aide Vous êtes ici : zCorrecteurs.fr > Les forums > Littérature > Poésie > Les Quatre-Heures, Charles-Ferdinand Ramuz > Voir le sujet

Les Quatre-Heures, Charles-Ferdinand Ramuz

Poésie de la semaine n° 18

Page : 1 
Auteur Message
0 membre et 1 visiteur.
Page : 1 
Hors ligne micky # Posté le 26/08/2013 à 13 h 11
Avatar de micky
Messages : 2228
Groupe : Administrateurs
Responsable zCorrection
Bonjour !

Pour continuer notre tour d’horizon des poètes francophones, nous vous proposons cette semaine Les Quatre-Heures de l’auteur suisse Charles-Ferdinand Ramuz.


Charles-Ferdinand Ramuz


Charles-Ferdinand Ramuz
Ramuz est né à Lausanne en 1878. Il y obtient une licence en lettres classiques en 1901 puis part enseigner dans une région viticole du canton. L’année suivante, il part pour Paris afin d’y préparer sa thèse de doctorat, qu’il abandonnera bientôt pour se consacrer à l’écriture.
Pendant dix ans, Ramuz partage sa vie entre Paris et sa Suisse romande natale. Il publie un premier recueil de poésie, Le Petit Village, à Genève en 1903, puis son premier roman, Aline, en 1905 à Paris, avant de publier quatre autres romans durant son long séjour à Paris. Dans la capitale française, il fait la connaissance de nombreux artistes français et suisses dont plusieurs deviendront de proches amis, parmi lesquels Charles-Albert Cingria, René Auberjonois, Henry Spiess, André Gide… Ramuz s’inspire également d’autres formes d’art, tels le cinéma et la peinture, pour redéfinir son roman.
Toutefois, la naissance de sa fille approchant, il décide de rentrer en Suisse juste avant la Première Guerre mondiale, et y restera toujours. Dès son retour, il participe activement à la revue des Cahiers vaudois initiée par deux de ses amis, dans laquelle il publie nombre de ses romans (dont Adieu à beaucoup de personnages et autres morceaux, Les Signes parmi nous, ainsi que la célèbre Histoire du soldat sur laquelle Igor Stravinsky a composé la musique).
Malheureusement, à cause des difficultés économiques de l’époque, les Cahiers vaudois disparaissent et Ramuz, qui y publiait tous ses textes, se retrouve sans éditeur. C’est non sans difficultés qu’il parvient à signer un contrat chez Grasset en 1924, qui lui permet enfin d’obtenir la reconnaissance de ses pairs, malgré son style qui fait toujours débat.
Cependant, après la Deuxième Guerre mondiale qui l’a davantage éloigné de Paris, Ramuz ne parvient pas à se refaire une place parmi la nouvelle génération d’écrivains issus de la Résistance. Souffrant, Ramuz s’éteint en 1947 près de Lausanne.

L’œuvre de Ramuz, constituée essentiellement de romans, d’essais, de nouvelles et de poésies, présente un caractère rural très marqué, parfois archaïque, mais dans une langue que l’écrivain a mis du temps à faire accepter et approuver par ses confrères. En effet, les adeptes de la belle grammaire lui ont reproché un français mauvais, plein de fautes, tandis que Ramuz défendait son français expressif (le langage qu’il parlait sur sa terre natale) face au « bon français » qu’il voyait même comme une langue étrangère, morte, donc inadéquate.


Les Quatre-Heures


Issu du premier recueil de Ramuz publié en 1903, Le Petit Village, ce poème est un texte de jeunesse dans lequel la dimension agricole est bien présente et mise en valeur. Au-delà du fait exact, cette description paysanne révèle l’expressivité de la situation et des sentiments. Ce poème a aussi été choisi pour une autre question fondamentale soulevée en art : le temps, à saisir ici non pas comme le flux temporel mais comme l’idée d’une évolution dans les dimensions du temps, d’une mise en situation (temporelle) qui fait se poser aux hommes la question de leurs ambitions, de leurs réussites et de leurs échecs dans leurs actions, ou encore du passé et du changement…

Citation : Les Quatre-Heures
À quatre heures, sous un arbre, on boit le café.

Une petite fille bien sage
l’a apporté dans un panier
avec le pain et le fromage ;
il n’est ni trop froid ni trop chaud
il est tout juste comme il faut.

Les hommes et les femmes sont assis en rond,
chacun sa tasse à la main ; ils parlent
du temps qu’il fait, de la moisson
qui va venir, et des ouvrages
qui changent selon les saisons,
mais sont toujours aussi pressants,
si bien qu’on n’a jamais le temps…

Le temps de quoi ?… on se demande.

Un oiseau bouge dans les branches,
les sauterelles craquent dans le foin…
Oui, le temps de quoi ?… Et on se regarde.

Mais, dès qu’on a vidé sa tasse,
dès qu’on a mangé à sa faim :
« Est-ce qu’on y va ?… » Vous voyez bien :
on n’a jamais le temps de rien.


Nous vous invitons à échanger vos avis à propos de ce poème, si vous souhaitez nous faire part de vos ressentis. ;)

À la semaine prochaine pour une nouvelle poésie !
 

Retour au forum Poésie ou à la liste des forums