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Marine, Fernand Gregh

Poésie de la semaine n°10

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Hors ligne Anonyme # Posté le 30/06/2013 à 08 h 58
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Bonjour à tous !

Cette semaine, la poésie mise à l’honneur est Marine, de Fernand Gregh. Ce poème fut publié en 1905 dans le recueil l’Or des minutes.

Fernand Gregh

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Fernand Gregh est né le 14 octobre 1873 à Paris et est mort le 5 janvier 1960 à Paris également. C’était un poète et critique littéraire français, qui fut membre de l’Académie française.

Le père de Fernand Gregh, Louis Gregh, était compisteur. Gregh effectue ses études au lycée Michelet, puis à Louis-le-Grand et à Condorcet, où il rencontrera Marcel Proust. En 1890, Gregh décrochera le premier prix de composition française au concours général de son lycée. Il étudiera ensuite la philosophie à la Sorbonne (Paris). Dans sa jeunesse, il fréquentait régulièrement le salon de Madame Arman de Caillavet, où il rencontrait, entre autres, Marcel Proust. Il fonde en 1892 une revue intitulée Le Banquet où il publie ses premiers vers, ceux de Proust, ainsi que des écrits de Daniel Halévy, de Robert de Flers, Jacques Bizet, Gaston Arman de Caillavet… Tous faisaient partie des amis de jeunesse de Fernand Gregh et de Marcel Proust. Le jeune Léon Blum (grande figure du socialisme français) y publie quelques pages, ainsi qu’Henri Bergson (philosophe français) par amitié pour ces jeunes gens. Gregh fonde en 1902 l’école humaniste, avec l’ambition de rendre à la poésie sa tradition hugolienne ou son romantisme à la Lamartine. Il souhaite en effet endiguer l’influence du symbolisme, et s’opppose ainsi aux Parnassiens.

Il devient président de la Société des gens de lettres en 1949.

Gregh est plusieurs fois rejeté à l’Académie française : il s’y présente treize fois, avant d’être finalement élu en 1953, au siège de Charles de Chambrun (homme politique français), alors qu’il allait avoir 80 ans, le même jour que Pierre Gaxotte (historien et journaliste français) et que le duc de Lévis-Mirepoix (romancier français). Cependant, certains se sont montrés réticents à son entrée à l’Académie, comme Roger Peyrefitte qui insinuait qu’on l’avait élu parce que, son fils étant devenu directeur du Budget, les Immortels espéraient que leur nouveau collègue leur serait un appui en cas d’ennuis avec le fisc.

Il était en outre grand officier de la Légion d’Honneur.

Marine


Voici le poème, qui est composé de onze strophes, chacune comportant quatre vers. C’est un poème écrit en vers libres : tous les vers n’ont pas la même longueur, ils ne semblent suivre aucune logique apparente dans leur disposition… Le poème écrit en vers libres est une des caractéristiques du « poème moderne », apparu au vingtième siècle.

Citation : Marine, de Fernand Gregh
Les mâts geignent sous les voiles,
Doucement,
Et bercent dans le gréement
Les étoiles.

Et le roulis est si doux,
Si tranquille,
Que le pont semble immobile
Devant nous,

et qu'à travers le ciel libre,
Au vent frais
Où l'écheveau des agrès
Tremble et vibre,

On dirait que, dans l'air bleu,
Oscillante,
C'est toute la nuit qui, lente,
Roule un peu...

À peine si la mer gronde
Aux bords sourds
D'un récif que bat toujours
L'eau profonde.

L'humble odeur des foins fauchés
Du rivage
Glisse avec l'odeur sauvage
Des roches.

L'ombre est orageuse et chaude ;
Dans les flots,
Un marsouin, près des hublots,
Souffle et rôde.

Et, sourd murmure à l'avant
Monotone,
J'écoute l'eau qui moutonne,
En rêvant.

Oui, ce soir, dans le silence
De la nuit,
Le monde sans fin, sans bruit,
Se balance...

Et je suis aussi bercé
Sur l'eau grise,
Je me sens parmi la brise
Balancé,

Au long murmure de la grève
Doux-amer,
Par deux infinis, la mer
Et le rêve...


À la semaine prochaine, pour une nouvelle poésie ! :)
Modifié le 30/06/2013 à 18 h 01 par Ziame
 

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