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La mort des pauvres, Charles Baudelaire

Poésie de la semaine n°9

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Hors ligne Ziame # Posté le 23/06/2013 à 19 h 44
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Bonsoir,

La poésie de la semaine est La mort des pauvres, de Charles Baudelaire, publiée en 1857 dans Les Fleurs du mal.

Charles Baudelaire



Photographie de Charles Baudelaire
Charles Baudelaire, par Étienne Carjat
Né à Paris en 1821, Charles Baudelaire n'est pas un élève modèle, redoublant sa 3e, il passe de justesse son baccalauréat. Envoyé aux Indes par son beau-père haï, le lieutenant-colonel Aupick (son père étant décédé lorsque Charles Baudelaire avait six ans), il en revient deux ans plus tard et commence à mener une vie dissolue, aux antipodes de celles qu'Aupick aurait souhaité lui voir vivre.

C'est à celle époque que le poète commence la rédaction des Fleurs du mal, qu'il poursuivra sous l'emprise de diverses drogues (dérivés du haschich, laudanum qu'il emploie pour contrer les douleurs dues à sa syphilis, opium…). Engagé politiquement, il particpe aux barricades de 1848 visant à renverser la Monarchie de Juillet. Son recueil, Les Fleurs du mal, lui vaudra la censure pour « offense à la morale religieuse » et « outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs » et celui-ci ne pourra être publié qu'après avoir payé une amende et retiré plusieurs poèmes. Très affecté et dans une situation financière précaire, le poète part en Belgique et reviendra en France pour y mourir de la syphilis en 1867.

La mort des pauvres



La mort des pauvres est un sonnet aussi complexe que profond. Très sombre, il oppose deux visions : celle de la Mort personnifiée comme salvatrice, « seul espoir » du poète, à une autre, beaucoup plus lugubre, qui est le contexte dont la Mort est censée nous délivrer, une vie apparentée à la « tempête, et la neige, et le givre » (choses froides, sombres, et assimilées dans l'imaginaire à l'absence de vie). Charles Baudelaire va d'ailleurs jusqu'à comparer la Mort à un « élixir » qui « monte et nous enivre », la mettant ainsi sur le même plan que l'oubli que l'on peut trouver dans l'alcool voire dans d'autres paradis artificiels (dont l'auteur était familier).

Le poème qui en résulte est très mélancolique, inscrit dans ce qui sera nommé le « spleen baudelairien ».

Citation : La mort des pauvres, Charles Baudelaire
C'est la Mort qui console, hélas ! et qui fait vivre ;
C'est le but de la vie, et c'est le seul espoir
Qui, comme un élixir, nous monte et nous enivre,
Et nous donne le cœur de marcher jusqu'au soir ;

À travers la tempête, et la neige, et le givre,
C'est la clarté vibrante à notre horizon noir ;
C'est l'auberge fameuse inscrite sur le livre,
Où l'on pourra manger, et dormir, et s'asseoir ;

C'est un Ange qui tient dans ses doigts magnétiques
Le sommeil et le don des rêves extatiques,
Et qui refait le lit des gens pauvres et nus ;

C'est la gloire des Dieux, c'est le grenier mystique,
C'est la bourse du pauvre et sa patrie antique,
C'est le portique ouvert sur les Cieux inconnus !


À la semaine prochaine pour une nouvelle poésie !

Si vous aimez écrire et que vous avez des choses à dire sur l'un des thèmes que couvre notre blog, n'hésitez pas ! ;)
 

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