Aller au menu - Aller au contenu

Centre d'aide Vous êtes ici : zCorrecteurs.fr > Les forums > Langue française > Orthographe et grammaire > L’utilisation de « de » et de « des » > Voir le sujet

L’utilisation de « de » et de « des »

Page : 1 
Auteur Message
0 membre et 1 visiteur.
Page : 1 
Hors ligne Lagile # Posté le 19/03/2011 à 14 h 37
Avatar de Lagile
Messages : 68
Membres
Bonjour,

On m’a récemment posé une question sur laquelle je ne m’étais jamais interrogée, mais qui mérite son explication. Plutôt que de résumer mes rapides recherches, qui ne m’ont menée nulle part, autant poser la question à plus érudit que moi. :)
En français, selon la phrase, on va remplacer « des » par « de : on dira plutôt « Il a de bonnes idées » que « Il a des bonnes idées ». Mais, là est mon problème, existe-t-il une justification à ce remplacement ? À vue de nez, j’aurais tendance à dire que cela arrive quand l’adjectif est placé avant le nom et qu’il ne commence pas par une voyelle, mais ça me semble un peu léger comme justification…

Merci d’avance à ceux qui pourront éclairer ma lanterne. :)
 
Hors ligne ptipilou # Posté le 19/03/2011 à 15 h 32
Sus à la faute !
Avatar de ptipilou
Messages : 9549
Groupe : Administrateurs
Bonjour Lagile.

Je n'ai pas l'explication érudite à laquelle tu t'attends, mais... pour faire court, « de bonnes idées » est plus élégant, plus littéraire, moins « langage parlé ». Tu t'en doutais déjà, n'est-ce pas ? ^^

De plus, on aura parfois l'usage de « de » dans le cas d'éléments indéfinis1 lorsque « des » pourra être plutôt défini1...

Edit : une petite recherche sur le Grevisse nous donne ce qui suit.
Secret (cliquez pour afficher)
De (d’ devant voyelle) article indéfini ou partitif.
a)
Le nom est précédé d’une épithète.

Au pluriel, des est remplacé par de (De bons fruits) ordinairement dans la langue écrite et aussi dans la langue parlée de type soigné. Mais des (qui n’est pas récentH1) prévaut dans la langue parlée et se répand dans la langue écrite.

De : De jolies maisons blanches qu’entourent des bosquets (Vigny, Cinq-Mars, I). — Comme de petits boutiquiers (Proust, Rech., t. I, p. 325). — Après d’interminables heures d’affût vaines (Gracq, Rivage des Syrtes, p. 129). — Avec de fortes moustaches (Sartre, Mots, p. 12). — En faisant de plaisantes grimaces (Pagnol, Gloire de mon père, p. 55). — Ludi […] fit à leur adresse de grands signes d’amitié (Duras, Petits chevaux de Tarquinia, p. 25).
Le nom est implicite (ou représenté par en) : C’est une bibliothèque de marbres. Il y en a de blancs […], de roses […], de bruns (Taine, Voy. aux Pyrén., p. 268). — Mon père acheta des chrysanthèmes ; il y en avait de neigeux, de lie-de-vin, d’orangés (E. Jaloux, Le reste est silence, II). — Certaines choses que je comprenais, je ne les comprends plus, et à chaque instant de nouvelles m’émeuvent (J. Renard, Journal, 28 oct. 1896). — C’étaient des crocodiles. Mais de très gros (Duras, Marin de Gibraltar, F°, p. 394).

Des : Des vieilles chansons (Nerval, Filles du feu, Sylvie, XI). — Des mauvaises gens (Barrès, Colline insp., p. 174). — Des joyeux transports (Ac. 1935, s. v. joyeux). [De joyeux transports, 1835-1878 ; ex. disparu en 2000.] — La forme pleine est particulièrement fréquente devant petit : Des petits moblots [= soldats] alertes (Maupass., C., Boule de suif). — Des petits rires muets (A. Daudet, Tart. sur les Alpes, p. 38). — Des petits trous (Loti, Aziyadé, p. 5). — Des petits yeux (Romains, Copains, p. 41). — Des petits cris de rats (Camus, Peste, p. 30).A
Le nom est impliciteR1 : Il y en avait [= des chiens] de toutes les formes, de toutes les origines, des grands et des petits, des blancs et des noirs, des rouges, des fauves, des bleus, des gris (Mirbeau, Dingo, III). — Des petits carrés de lumière s’allumaient. Il y en avait des blancs, des jaunes et des rouges (J. Sarment, Jean Jacques de Nantes, p. 281). — Certes, des regards d’ânes, j’en ai vu plus d’un, et l’ai raconté. Des bons, des tendres, des doux et des tristes (Bosco, Barboche, p. 96). — Ils ont aussi des « Entreprises générales d’Incendies ». Des grandes, et de plus petites (H. Michaux, Ailleurs, 1967, p. 16). [Remarquez le traitement différent des deux syntagmes coordonnés.]R2
Lorsque l’adjectif forme avec le nom une locution, on emploie des :
Des bons mots, des faux pas, des grands hommes, des grandes personnes (= des adultes), des grands prêtres, des gros mots, des jeunes filles, des jeunes gens, des jeunes mariésR3, des mauvaises langues (= des gens qui disent du mal des autres), des petits enfants, des petits garçons, des petites filles, des petits fours (= sortes de gâteaux), des petits pois, etc. — Comme des nouveaux venus peu familiarisés avec les lieux (Martin du G., Thib., Pl., t. II, p. 50). — Il avait la même considération […] pour des petits bourgeois (Proust, Rech., t. I, p. 269). — À plus forte raison quand il y a un trait d’union : Des belles-mères, des demi-journées, des grands-mères (ou grand-mères : § 529), des grands-pères, des nouveau-nés, des petits-enfants (par rapport aux grands-parents), etc.

Cependant, on observe de fréquentes hésitations : Dire de bons mots (Ac. 1932, s. v. de, p. 342) [Ac. 1935, s. v. mot : Dire des bons mots]. — Il a dit de gros mots, des gros mots (Ac. 1935). — Une nation capable de produire de grands hommes (Duhamel, Tribulations de l’espérance, p. 52). — Vous êtes de grandes personnes et je ne suis qu’une enfant (Beauvoir, Mandarins, p. 557). — De nouveaux venus s’approchèrent (Alain-Fournier, Gr. Meaulnes, p. 266). — L’attention se porte vers de nouveaux venus (Gide, Saül, IV, 3). — Un nouveau venu, de nouvelles venues (Ac. 2004, s. v. nouveau). — De petits enfants s’arrêtaient brusquement (E. et J. de Gonc., Mme Gervaisais, LXIV).R4 — De petits garçons jouaient sur des tas de sable (Malègue, Augustin, t. I, p. 242). — Une tenue que de petites gens eussent jugée trop modeste (Proust, Rech., t. I, p. 793). Etc. — Malgré le trait d’union : °Des regrets, des promesses, de demi-aveux (J.-L. Bory, Peau des zèbres, p. 21).R5

Un adverbe d’intensité rompt le figement : Elle avait de très petits enfants. La présence d’un autre adjectif devant le nom rend aussi le de plus normal : Imagine-toi […] de belles et sauvages jeunes filles dansant en brandissant […] des tambours (E. et J. de Gonc., Man. Salomon, XX).
N. B.
Devant autres (suivi ou non d’un nom) de est à peu près constant : D’autres clauses du testament sont de moindre importance (Simenon, Voyageur de la Toussaint, I, 3). — Hochedé ne rejette pas la défaite sur d’autres que lui (Saint Exupéry, Pilote de guerre, p. 210). — Les premiers brocs vidés il en réclame d’autres (Duras, Petits chevaux de Tarquinia, p. 7). — De même, bien d’autres : cf. b, 2°. — °Des autres est de la langue populaire.

1Le Grevisse est plus précis (cette blague !) en indiquant que « de » peut être suivi notamment d'épithètes concernant des éléments déterminés. ;)
Modifié le 19/03/2011 à 15 h 47 par ptipilou

Cauchemar orthographique (qui a dit sadique ?)
 

Retour au forum Orthographe et grammaire ou à la liste des forums