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[S'instruire] Ouvrages philosophiques

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Hors ligne Mr.Zed # Posté le 15/09/2009 à 23 h 30
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Bonjour !

Je suis très intéressé par la philosophie et - malgré ma seule et unique année de philosophie en Terminale S - j'aimerai en apprendre (ou en savoir ?) plus.

C'est pourquoi dans ce sujet, j'aimerais que les membres (philosophes ou non) partagent aux autres les ouvrages philosophiques qu'ils ont pu lire. Ainsi, on formerait une sorte de petite liste permettant aux membres (et par la même occasion, à moi) de savoir vers quelles œuvres partir :-)

J'ai peu d'œuvres à vous proposer (seulement une), un livre que tout le monde a déjà dû lire mais je le mets (de plus, ça permettra de montrer un peu le modèle de présentation)

Citation :
Titre : 1984
Auteur : Georges Orwell
Écrit en : 1949
Sujet : La liberté
Petite description : « De tous les carrefours importants, le visage à la moustache noire vous fixait du regard. Il y en avait un sur le mur d'en face. BIG BROTHER VOUS REGARDE, répétait la légende ... »


Suite à ça, et au fur et à mesure de vos contributions, je mettrai à jour ce premier post afin de tout rassembler :-)

******************************************************************************************

* LISTE D'ŒUVRES PHILOSOPHIQUES *

- LIBERTÉ
  • 1984, écrit par Georges Orwell - De tous les carrefours importants, le visage à la moustache noire vous fixait du regard. Il y en avait un sur le mur d'en face. BIG BROTHER VOUS REGARDE, répétait la légende ...
  • Discours de la servitude volontaire, écrit par Étienne de la Böetie - Comment un tyran, qui n'a que deux jambes, deux bras et un corps, peut-il exercer sa domination sur une nation entière ?
  • De la liberté de pensée et de discussion, écrit par John Stuart Mill - Plaidoyer pour la liberté d'opinion et d'expression contre toute forme de censure

- LA PHILOSOPHIE

- ÉPISTÉMOLOGIE

- LA VIE
  • Philèbe, écrit par Platon
  • Le hasard et la nécessité, écrit par Jacques Monod - Essai sur la philosophie naturelle, oeuvre pessimiste proche de l'existentialisme - l'homme est un être perdu dans sa solitude apparu par hasard dans un Univers indifférent à ses espoirs, ses craintes ou ses souffrances
  • Dieu des fourmis, Dieu des étoiles, écrit par Rémy Chauvin - Dure critique du livre de Monod cité précédemment, "agitant des hypothèses au hasard et sans nécessité" selon les mots de Chauvin, du darwinisme et du matérialisme; philosophie dualiste et finaliste
  • Le Monde de Sophie, écrit par Jostein Gaarder - Qu'est-ce qu'il y a de plus important dans la vie ? Tous les hommes ont évidemment besoin de nourriture. Et aussi d'amour et de tendresse. Mais il y a autre chose dont nous avons tous besoin : c'est de savoir qui nous sommes et pourquoi nous vivons.

- LA CULTURE
  • Race et histoire, écrit par Claude Lévi-Strauss - Défense du relativisme culturel, étude sur la coopération des cultures, nécessité de préserver l'originalité de chaque culture contre l'uniformisation
  • Nous autres, modernes : Quatre leçons, écrit par Alain Finkielkraut - Ensemble de réflexions sur la modernité dont par exemple la fracture entre les lettres et les sciences

- LE TRAVAIL
  • Le Capital, écrit par Karl Marx et Friedrich Engels - Qu'est-ce qui fait la valeur marchande d'une chose ? Son usage ? Sa rareté ? Les premiers représentants de l'économie classique (Smith, Ricardo...) avaient répondu en mettant en avant le rôle déterminant du travail. Marx, dans le premier livre de son célèbre Capital, publié en 1867, s'engage dans la même direction.

- LA NATURE
Hors ligne Guillawme # Posté le 16/09/2009 à 08 h 02
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Groupe : zAnciens
Il y a un livre que je suis en train d'essayer de lire (faut s'accrocher...) :

Citation
Titre : Les matérialismes (et leurs détracteurs)
Auteurs : J. Dubessy, G. Lecointre et M. Silberstein
Domaine : épistémologie (philosophie des sciences)
Description : euh pour l'instant je n'ai lu que des bribes, et j'ai pas tout compris. :D
 
Hors ligne Degemer # Posté le 16/09/2009 à 15 h 02
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Mon professeur de philosophie a donné à lire un livre :
Citation
Titre : Philèbe
Auteur : Platon
Sujet :Citation
La vie bonne est-elle une vie de plaisirs ?

Description : dialogue entre Seocrate, Protarque et Philèbe

Ce livre est "censé" avoir un vocabulaire simple et être accessible (je ne l'ai pas encore lu).
Mais d'après mon prof, un livre de philosophie est impossible à comprendre en une seule fois (celui qui croit avoir tout compris est quelqu'un qui ignore son ignorance ^^ ), et il faut le lire par petits bouts, régulièrement, jusqu'au jour où on commence à le comprendre... :-°
 
Hors ligne Belisarius # Posté le 16/09/2009 à 18 h 10
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Bonjour,

Parmi les oeuvres philosophiques que j'ai lu :
- Le Crépuscule des idoles de Friedrich Nietzsche (relativement court, se veut être un condensé de sa philosophie).
- Les Oeuvres complètes de maître Tchouang de Tchouang-tseu (traduction de Jean Lévi, livre de philosophie taoïste, passionnant).
- Race et Histoire de Claude Lévi-Strauss (défense du relativisme culturel, étude sur la coopération des cultures, nécessité de préserver l'originalité de chaque culture contre l'uniformisation).
- La Structure des Révolutions scientifiques de Thomas Kuhn (ouvrage d'épistémologie dont j'ai fait un résumé de deux pages sur mon site; intéressant mais style d'écriture "sec", il faut s'accrocher; sa lecture en vaut largement la peine pour toute personne s'intéressant aux sciences).
- Nous autres, modernes d'Alain Finkielkraut (ensemble de réflexions sur la modernité dont par exemple la fracture entre les lettres et les sciences, là aussi il faut s'accrocher).
- Le hasard et la nécessité de Jacques Monod (essai sur la philosophie naturelle, oeuvre pessimiste proche de l'existentialisme - l'homme est un être perdu dans sa solitude apparu par hasard dans un Univers indifférent à ses espoirs, ses craintes ou ses souffrances).
- Dieu des fourmis, Dieu des étoiles de Rémy Chauvin (dure critique du livre de Monod cité précédemment, "agitant des hypothèses au hasard et sans nécessité" selon les mots de Chauvin, du darwinisme et du matérialisme; philosophie dualiste et finaliste; ce n'est pas un "classique" mais je trouve le style d'écriture très agréable et le contenu est très instructif; oeuvre récompensée à juste titre par le prix Blaise Pascal de l'Académie des sciences).
- L'énergie spirituelle de Henri Bergson (métaphysique et philosophie de l'esprit, sont abordés le problème de l'âme et du corps, les liens entre la conscience et la vie, la télépathie, le rêve, l'impression de déjà-vu,...).
- Discours de la servitude volontaire d'Etienne de la Böetie (comment un tyran, qui n'a que deux jambes, deux bras et un corps, peut-il exercer sa domination sur une nation entière ?).
- De la liberté de pensée et de discussion de John Stuart Mill (extrait très court de De la liberté, plaidoyer pour la liberté d'opinion et d'expression contre toute forme de censure).

Sinon du côté des manuels et oeuvres de vulgarisation:
- La philosophie pour les nuls de Christian Godin (pas besoin de présentation je pense).
- Le nouveau cours de philosophie de Christian Godin (aborde toute une série de notions philosophiques : la liberté, la rationalité, la technique, l'art, la nature, la religion,...).
- Les deux tomes Philosophie politique de Michel Terestchenko (plus destinés aux étudiants de Sciences-po).
- Les petits livres de la collection "Philo-bac".
Modifié le 16/09/2009 à 19 h 23 par Belisarius
 
Hors ligne Fihld # Posté le 16/09/2009 à 18 h 14
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Xeroth avait un jour parlé de Apprendre à vivre de Luc Ferry. Il s'agit de l'histoire de la philosophie, des stoïciens à Heidegger. C'est court, simple et facile à comprendre la plupart du temps et on en ressort en sachant de quoi parlent les principaux mouvements philosophiques (ça se veut être plus un outil pour aborder ensuite les grandes œuvres qu'une œuvre en elle-même).

« Le vice est aussi nécessaire dans un État florissant que la faim est nécessaire pour nous obliger à manger. Il est impossible que la vertu seule rende jamais une Nation célèbre et glorieuse. » — Bernard Mandeville.
 
Hors ligne Guillawme # Posté le 16/09/2009 à 19 h 16
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Tiens j'aurais pensé que le livre de Jacques Monod (dont j'ai déjà entendu parler) traitait d'épistémologie, ça n'a pas l'air d'être le cas.
 
Hors ligne Belisarius # Posté le 16/09/2009 à 19 h 21
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Citation : Guillawme
Tiens j'aurais pensé que le livre de Jacques Monod (dont j'ai déjà entendu parler) traitait d'épistémologie, ça n'a pas l'air d'être le cas.


Si, il traite aussi d'épistémologie (notamment autour du "postulat d'objectivité" de Monod, qui empêche de reconnaître dans les sciences la moindre finalité réelle même lorsqu'il semble y en avoir une), mais ce n'est pas l'objet principal du livre (il y a aussi deux chapitres sur la biologie moléculaire que j'ai sauté, n'y comprenant rien - Monod écrit d'ailleurs que leur lecture n'est pas indispensable pour le novice en biologie).
 
Hors ligne Guillawme # Posté le 16/09/2009 à 19 h 30
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J'essayerai de lire ce livre alors (aussi les deux parties de bio mol bien sûr ^^ ).
 
Hors ligne Mr.Zed # Posté le 16/09/2009 à 21 h 15
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Merci pour toutes ces contributions :)

J'ai mis à jour mon premier post !

« Sans musique la vie serait une erreur. »
F.N.
 
Hors ligne Belisarius # Posté le 16/09/2009 à 21 h 50
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Belle présentation (mise en forme) des différentes oeuvres.

Par contre je ne suis pas d'accord pour les "Oeuvres de Maître Tchouang" (livre qu'on désigne plus communément sous le nom de "Tchouang-tseu", du nom de l'auteur puisque c'est son unique oeuvre), je le classerais dans "multi-thèmes". Tchouang-tseu y aborde en effet à la fois la métaphysique, la morale, la politique, la philosophie du langage, la logique,...

Ayant emprunté le livre en bibliothèque, j'ai recopié un petit chapitre sur la morale qui m'avait vivement intéressé ainsi que quelques petits extraits que je place ci-dessous (dans une balise secret pour ne pas faire un "post-fleuve").

Titre du chapitre : La morale et les lois, complices des malfaiteurs
Secret (cliquez pour afficher)
On munit les coffres de verrous et de cadenas pour les protéger des voleurs : on appelle ça prévoyance. Mais qu'un cambrioleur charge armoire ou coffre-fort sur ses puissantes épaules, il n'aura qu'une crainte, c'est que les liens ou les verrous ne soient pas assez solides. En sorte que cette prétendue prévoyance se sera faite la complice du malfaiteur. Si la prévoyance ne sert qu'à favoriser les menées des voleurs, ne pourrait-on pas affirmer de la même manière que ces législateurs tenus pour des saints sont les auxiliaires des plus fieffés brigands ?
Le pays de Ts'i formait un pays prospère où d'un bourg à l'autre les coqs répondaient aux chiens. La superficie des terres labourées et des plans d'eau dédiés à la pisciculture s'élevait à deux mille lieues carrées. À l'intérieur du territoire, judicieusement divisé en circonscriptions administratives, des autels aux dieux du Sol et des Moissons avaient été érigés, conformément à la pratique établie par les saints de l'Antiquité. Un beau jour, T'ien Tch'eng-tseu assassina le souverain et s'empara de son royaume. Ce faisant, il ne lui vola pas simplement son royaume, il lui vola aussi les institutions qui s'inspiraient des lois des anciens sages. T'ien Tch'eng-tseu, un simple brigand en vérité, put jouir de la stabilité des saints rois Yao et Chouen, les petites principautés n'osant piper mot et les grandes puissances le châtier. Durant douze générations ses descendants jouirent de son larcin. En usurpant le trône, le régicide fait main basse du même coup sur les lois instaurées par les sages, en sorte que celles-ci en viennent à garantir la sûreté des usurpateurs.
Arrêtons-nous un instant sur ce point : la prévoyance ne sert-elle pas les desseins des brigands comme les sages éminents concourent à leur protection ? Prenons les exemples de ces quatre ministres : Kouan Long-fong fut tranché par le milieu du corps, le prince de sang Pi-kan eut le coeur arraché, Tch'eng-hong fut écartelé, Wou Tseu-hsiu fut jeté dans les eaux du fleuve Bleu. Aucun de ces quatre loyaux serviteurs de l'État ne put éviter de subir un injuste supplice. N'est-ce pas la preuve que les tyrans, une fois maîtres des deux manipules des récompenses et des châtiments, peuvent se livrer aux pires exactions en toute impunité ?
Un jour, un apprenti brigand demanda au brigand Tchö :
- Est-ce que les brigands ont de la vertu ?
- Mais bien sûr, répondit le brigand Tchö. Comment pourraient-ils exercer leur activité s'ils n'en avaient pas ? Deviner la cache, voilà leur clairvoyance ; y pénétrer le premier, voilà leur bravoure; être le dernier à s'en retirer, voilà leur sens du devoir; savoir si le coup est réalisable, voilà leur sagacité; distribuer le butin équitablement, voilà leur charité. Sans ces cinq vertus au complet, il est exclu d'espérer devenir un grand brigand.
Cet échange montre à l'évidence que pas plus qu'un honnête homme ne peut réussir sans se prévaloir des préceptes des saints, un bandit ne peut mener à bien ses entreprises sans se conformer à la morale. Or, comme de par le monde les honnêtes gens ne courent pas les rues tandis que les coquins pullulent, il en découle que les saints font beaucoup plus de mal que de bien.


Extrais divers :
Secret (cliquez pour afficher)

--- Paradoxe ---
Lors d'une excursion, Houei Che et son ami Tchouang s'étaient retrouvés sur la jetée qui surplombait la rivière Hao. Tchouang s'était exclamé:
- Les poissons ! Vois comme ils s'ébattent librement, comme ils doivent être heureux !
- Comment sais-tu qu'ils sont heureux ? Tu n'es pas un poisson ! avait ergoté de rhéteur.
- Tu n'es pas moi, comment sais-tu que je ne puis savoir si les poissons sont heureux ?
Houei avait cru avoir le dessus par cette réponse:
- Si n'étant pas toi, je ne puis savoir ce que tu sais, n'étant pas un poisson, tu ne peux savoir si les poissons connaissent la joie.
- Il a bien fallu que tu saches que je sais pour me poser la question, avait répondu Tchouang.
Et avec un geste ample de la main, il avait conclu:
- Je le sais parce que je me trouve là, sur la jetée de la Hao...

--- Le réel et l'imaginaire ---
Tchouang Tcheou [autre nom de Tchouang-tseu], au réveil d'un rêve où il avait été un papillon butinant les fleurs, se demanda s'il était Tchouang Tcheou se souvenant avoir rêvé qu'il était un papillon ou plutôt un papillon en train de rêver qu'il était Tchouang Tcheou.

--- Le filet des mots ---
La raison de la nasse est dans le poisson, mais pour prendre le poisson il faut oublier la nasse; la raison du collet est dans le lapin, mais pour prendre le lapin il faut oublier le collet; la raison des mots est dans le sens, mais pour capter le sens il faut oublier les mots. Quand rencontrerai-je enfin quelqu'un qui a oublié les mots pour parler avec lui ?

--- Critique de la morale et des lois ---
« Le roi du Lou, pour honorer un albatros qui s'était posé en dehors des murailles, après l'avoir ramené en grande pompe dans son temple ancestral, lui offrit un banquet, fit exécuter devant lui les plus belles danses, jouer ses plus beaux airs, le régala des mets les plus exquis, tant et si bien que l'animal, abasourdi par le tintamarre de la musique, ébloui par le chatoiement des couleurs, affolé par les cris de la foule, et incommodé par le fumet des viandes sacrificielles, fut incapable de rien avaler et rendit l'âme au bout de trois jours. Au lieu de traiter l'oiseau en oiseau, le prince l'avait traité comme s'il était lui-même. »
« Si l'on jouait sur les rives du lac Tong-t'ing les grands airs dynastiques et la plus belle musique de cour, les oiseaux effrayés s'envoleraient dans les airs, les quadrupèdes s'enfuiraient au galop, les poissons s'enfonceraient au plus profond des eaux, tandis que les hommes, charmés par ces accents, se presseraient en masse pour écouter. Les poissons vivent dans l'eau mais l'homme y meurt. Des créatures différentes ont des goûts différents. Les premiers sages, conscients de cette réalité, ne considéraient pas que tous les êtres avaient les mêmes capacités, aussi ne les traitaient-ils pas tous de la même manière. Sitôt que l'on donne à chacun le nom qui répond à sa réalité et qu'on lui assigne des devoirs qui s'accordent à ses dispositions, tous agissent en accord avec leur conformation naturelle, on est assuré d'un bonheur durable. »
[Petit commentaire : Tchouang-tseu, comme les taoïstes, pense que ce qui vient de la nature est bon alors que de l’homme vient le mal et la souffrance : « Les pattes du canard sont courtes, mais si nous essayons de les rallonger, le canard en souffrira. Les pattes de la grue sont longues, mais, si nous essayons de les raccourcir, la grue en souffrira. Nous n’avons donc pas à amputer ce qui est long par nature ni à allonger ce qui est court par nature. » (Tchouang-tseu).
Chaque homme est doté par la nature d’une nature précise qu’il faut qu’il développe pour trouver le bonheur. Or, le but de toutes les lois, des morales, des institutions et des gouvernements est d’établir de force l’uniformité, de supprimer les différences, d’entraver notre nature. On en déduit que les contraintes de l’Etat nous empêchent d’atteindre le bonheur absolu.
Tchouang-tseu s’oppose donc violemment à l’idée de diriger les hommes par le formalisme mécaniste du gouvernement et il maintient que la meilleure façon de gouverner est la non-gouvernance afin que tous les hommes puissent réaliser librement leur nature.]
Modifié le 16/09/2009 à 22 h 00 par Belisarius
 
Hors ligne Mr.Zed # Posté le 16/09/2009 à 22 h 14
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Merci :)

Et merci pour ta rectification, j'ai effectué le changement ;) En tout cas, il a l'air intéressant ce livre.

EDIT :

Après avoir relu tranquillement les extraits que tu nous proposes, j'aime particulièrement le tout premier et le tout dernier (dans les extraits divers). La différence entre nature et culture est un thème que j'apprécie particulièrement.

« L'homme naît naturellement bon et heureux, c'est la société qui le corrompt. » Jean-Jacques Rousseau.
C'est un peu ce que l'on peut en ressortir.

On peut aussi en tirer quelques questions qui méritent réflexion :
Peut-on vraiment dire qu'un animal (et donc un être de nature, n'ayant été soumis à aucune culture) est vraiment heureux ? a accès au bonheur ?
La liberté favorise-t-elle l'accès au bonheur ? Ou au contraire, y contribue-t-elle ?

Bref, tout ça pour redire que cette oeuvre de Tchouang-Tseu me parait vraiment intéressante !
Modifié le 17/09/2009 à 15 h 48 par Mr.Zed

« Sans musique la vie serait une erreur. »
F.N.
 
Hors ligne Belisarius # Posté le 17/09/2009 à 16 h 50
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Oui, dans une certaine mesure, je pense qu'on peut rapprocher la pensée de Tchouang-tseu (du moins sur certains points), à celle de Rousseau.

La pensée taoïste (dont Tchouang-tseu est, après Lao-tseu, le plus grand représentant) insiste sur la relativité des choses, et l'identification de l'Homme avec l'Univers. L'homme qui a atteint le bonheur absolu se confond avec le Tao (le Tao étant à la réalité suprême, Loi et Force qui régit l'Univers). Le Tao étant le principe métaphysique ultime, la vie humaine ne peut avoir qu'un seul but, celle de connaître le Tao (par l'expérience mystique - et non la science, considérée comme un jeu de mots par le taoïsme) pour vivre en harmonie avec ce principe.

Le Taoïsme réclame donc par conséquent le retour à l'état de nature (la Nature étant considérée comme bonne), afin de vivre dans l'intimité du Tao. Tchouang-tseu critique ainsi dans son livre les lois et les morales qui détournent les hommes de la voie du Tao.

Le Tchouang-tseu ne se réduit cependant pas à ça puisque divers autres sujets sont abordés. Par exemple, chose amusante, il y est fait l'apologie de l'inutilité :

« Maître Houei déclara à Maître Tchouang:
- Tes théories sont inutiles.
- Il faut d'abord savoir ce qu'est l'inutile avant de pouvoir parler de l'utile. La terre est immense, mais ce qui est réellement utile à l'homme, c'est juste la surface nécessaire à poser ses pieds. Toutefois si l'on creusait jusqu'aux Sources Jaunes tout l'espace qui les entoure, l'homme pourrait-il encore faire usage de ses pieds ?
- Non, dut admettre Maître Houei.
- Eh bien ! Fit Maître Tchouang, s'il en est ainsi, il est clair que l'inutile est utile. »

Aussi, pour Tchouang-tseu, afin de rester en vie le plus longtemps possible, il faut savoir être inutile. On trouve un passage où un chêne sacré dit à quelqu’un dans un rêve : « Depuis longtemps, j’ai appris à être inutile. En plusieurs occasions, je fus sur le point d’être détruit mais, maintenant, j’ai réussi à être inutile, ce qui est de la plus grande utilité pour moi. Si j’étais utile, serais-je devenu si grand ? » Tchouang-tseu conclut que « le monde ne connaît que l’utilité de ce qui est utile mais non l’utilité de ce qui est inutile. »

On trouve aussi des éléments de l'argumentaire sceptique grec (la contradiction des opinions) :
« Supposons que vous discutiez avec moi. Si vous l'emportiez sur moi, au lieu que je l'emporte sur vous, avez-vous nécessairement raison et ai-je nécessairement tort ? Ou, si je l'emporte sur vous, et non vous sur moi, ai-je nécessairement raison et avez-vous nécessairement tort ? L'un de nous a-t'il raison et l'autre tort ? Ou avons-nous raison tous les deux ou tort tous les deux ? Ni vous ni moi ne pouvons le savoir, et les autres sont tous d'autant plus dans l'obscurité. »
Tchouang-tseu dit que les concepts de vrai et de faux sont édifiés sur la base du point de vue limité (il faudrait être omniscient pour connaître le vrai et le faux).
 
Hors ligne BZH98 # Posté le 21/09/2009 à 04 h 24
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Bonjour

Excellente idée que celle de proposer des conseils de lecture.

Je voudrais apporter ma pierre à l'édifice:
Un ouvrage qui a été cité dans les autres posts :
"Le monde de Sophie" de Jostein Gaarder : http://www.amazon.fr/gp/product/202 […] ya_oh_product

Également les ouvrages de Michel Onfray en particulier sa "Contre histoire de la philosophie"
 
Hors ligne Mr.Zed # Posté le 23/09/2009 à 17 h 55
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Bonjour,

Je mettrai à jour le premier post comme il se doit ce soir ;)

Sinon, je voulais informer thibaultg qu'en me rendant à Auchan ce midi (oui, bon ça, ce n'est pas intéressant :D ), je suis passé dans le rayon Littérature et je me suis mis à chercher. J'ai trouvé « Tao-tö king » de Lao-Tseu que j'ai acheté sans hésiter (l'oeuvre de Tchouang-Tseu n'étant pas présente ...)
Quoiqu'il en soit, il parle bien du taoïsme et c'était ce que je recherchais :)

Je vais donc me mettre dans les prochains jours (ou dans les prochaines heures ?) à le lire et à le relire ^^
J'en écrirai quelques mots sur ce topic afin de donner mon point de vue sur cette oeuvre (même si je ne suis pas trop à l'aise dans les explications d'oeuvres philosophiques. :euh: )
Modifié le 23/09/2009 à 17 h 57 par Mr.Zed

« Sans musique la vie serait une erreur. »
F.N.
 
Hors ligne Belisarius # Posté le 24/09/2009 à 11 h 29
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Je n'ai pas lu le Tao-tö king donc je ne pourrais pas trop donner mon point de vue...

Sinon, j'ai remarqué que tu as classé Nous autres, modernes (Finkielkraut) dans Epistémologie mais il faudrait plutôt le classer dans "Culture" (le bouquin ne parle pas du tout d'épistémologie ^^ ).
 
Hors ligne Mr.Zed # Posté le 24/09/2009 à 19 h 16
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Bonsoir,

J'ai rajouté les œuvres que BZH98 a pu nous citer :) (bon sauf les oeuvres de Onfray, parce qu'il y a 6 tomes :D )

De plus, j'ai modifié mon premier post en mettant des liens pointant sur des pages Amazon, vous permettant ainsi de voir le prix d'un livre et pourquoi pas ... l'acheter. :p
Modifié le 29/09/2009 à 09 h 02 par Mr.Zed

« Sans musique la vie serait une erreur. »
F.N.
 
Hors ligne OujA # Posté le 29/09/2009 à 21 h 41
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Bonjour,

Je me dois de citer :
Karl Marx (et Friedrich Engels) Le Capital qui bizarrement n'est pas tombé comme œuvre du programme pour les prépas scientifiques :
Citation : Karl Marx - Le Capital - Livre premier -Chapitre VI
Les propriétaires des forces de travail sont mortels. Pour qu'on en rencontre toujours sur le marché, ainsi que le réclame la transformation continuelle de l'argent en capital, il faut qu'ils s'éternisent, « comme s'éternise chaque individu vivant, par la génération. » Les forces de travail, que l'usure et la mort viennent enlever au marché, doivent être constamment remplacées par un nombre au moins égal. La somme des moyens de subsistance nécessaires à la production de la force de travail comprend donc les moyens de subsistance des remplaçants, c'est à dire des enfants des travailleurs, pour que cette singulière race d'échangistes se perpétue sur le marché.

D'autre part, pour modifier la nature humaine de manière à lui faire acquérir aptitude, précision et célérité dans un genre de travail déterminé, c'est à dire pour en faire une force de travail développée dans un sens spécial, il faut une certaine éducation qui coûte elle-même une somme plus ou moins grande d'équivalents en marchandises. Cette somme varie selon le caractère plus ou moins complexe de la force de travail. Les frais d'éducation, très minimes d'ailleurs pour la force de travail simple, rentrent dans le total des marchandises nécessaires à sa production.


Bref, un chef-d'œuvre à lire et relire. :)

:) => Merci les ZCorrecteurs !
 
Hors ligne G14nt J4ck # Posté le 29/09/2009 à 22 h 29
My common sense is tingling!
Avatar de G14nt J4ck
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Citation : OujA
Je me dois de citer :
Karl Marx (et Friedrich Engels) Le Capital qui bizarrement n'est pas tombé comme œuvre du programme pour les prépas scientifiques.


OuJA, l'explication est toute simple : une œuvre de Marx,Le 18 brumaire de Louis Bonaparte, est déjà tombée au programme des prépas scientifiques il y a deux ans.
 
Hors ligne Mr.Zed # Posté le 30/09/2009 à 15 h 31
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Citation : OujA
Bonjour,

Je me dois de citer :
Karl Marx (et Friedrich Engels) Le Capital

L'oeuvre a été rajoutée au premier post. J'ai l'ai mise dans la partie nommée « Le travail ».
Si toutefois, vous pensez qu'elle est mal placée, n'hésitez pas à me le faire remarquer. ;)

« Sans musique la vie serait une erreur. »
F.N.
 
Hors ligne Belisarius # Posté le 24/10/2009 à 15 h 44
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J'ai lu il y a quelques jours Le Banquet de Platon, qui est une oeuvre portant sur les thèmes de l'amour et du désir. Autour du Banquet, plusieurs participants font chacun leur tour le plus bel éloge possible d'Eros avant que Socrate ne prenne la parole et entame une réflexion sur le désir et Eros, défaisant les idées de ses adversaires discoureurs.

Aussi, peut-tu mettre à jour le lien dans ton premier post vers le résumé de La Structure des Révolutions scientifiques ? La nouvelle adresse est celle-ci: http://www.philisto.fr/cours-9-les- […] tifiques.html
 

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