Aller au menu - Aller au contenu

Centre d'aide Vous êtes ici : zCorrecteurs.fr > Les forums > Littérature > Philosophie > Pourquoi philosopher ? > Voir le sujet

Pourquoi philosopher ?

Page : 1 2 Suivante 
Auteur Message
0 membre et 1 visiteur.
Page : 1 2 Suivante 
Hors ligne dreamdead # Posté le 27/07/2009 à 13 h 35
Avatar de dreamdead
Messages : 14
Membres
Salut a tous,
pour ouvrir ce forum, demandons nous d'abord si cela sert a quelque chose de ce poser tant de questions!

Ne vaut il pas mieux ne pas réfléchir à tout ca, car de toute façon, la philosophie n'apporte que peu de réponse? (et en prime fait mal a la tête... :colere2: )

Pour moi c'est comme un besoin, juste l'envie de réfléchir à notre existence, de découvrir que je ne sais vraiment rien de rien et que je ne saurais jamais. et peut être me rapprocher peu a peu de la vérité.

Mais je ne sais pas vraiment...
alors, pourquoi? :euh:
Modifié le 30/07/2009 à 15 h 27 par Ziame
 
Hors ligne Dalshim # Posté le 27/07/2009 à 13 h 47
Avatar de Dalshim
Messages : 535
Membres
Pour ceux qui ne sont pas anglophobe. Je répondrais par ces deux petites BD :
Celle ci, et surtout celle là.
Modifié le 27/07/2009 à 13 h 48 par Dalshim
 
Hors ligne Kanwa # Posté le 27/07/2009 à 14 h 16
Fan de philo :)
Avatar de Kanwa
Messages : 23
Membres
Bonjour dreamdead,

Ton message est intéressant et j'ai envie de te répondre. Je ne chercherai en aucun cas à convaincre qui que soit ou à créer une polémique. Tout ce que j'écris n'engage que moi. :D

Nous vivons aujourd'hui dans une société, une société moderne, mais une société qui prône un utilitarisme de tous les instants. Un certain nombre de personnes soumettent tout à ce "dogme", sceptiques, toujours inquiets de l'utilité de l'intérêt de toute chose. Le matérialisme est trop important aujourd'hui, et je crois que certains sujets, certains problèmes sont abandonnés, faute de "réelle utilité"...
La philosophie est de ceux-ci. On préfère ne pas y réflechir, la "laisser tomber", plutôt que d'affronter le problème. Je reconnais que c'est (de loin) la matière la plus délicate enseignée en terminale, et que réussir à s'en sortir est difficile. Alors on préfère ne pas y penser, on se dit que cela ne sert à rien, qu'on vit très bien sans et beaucoup s'attachent à cette vision des choses. On ne peut pas leur en vouloir...

Après tout, quoi de plus embêtant que de s'intéresser aux considérations métaphysiques cartésiennes ?
Tu dis même que "ça fait mal à la tête". Donc s'en détourner est à priori la meilleure chose à faire. :)

Malgré tout, je respecte ton choix, celui qui est partagé par bon nombre de personnes, mais j'ai personnellement un autre avis sur la question.
La philosophie nous concerne tous et elle est pratiquée depuis des lustres... Elle ne s'intéresse pas au matérialisme et à toutes les petites futilités qui polluent notre quotidien, mais tente de réflechir au sens de notre existence et à tous les problèmes qui nous concernent. En ce sens, elle nous rassemble, même si elle d'une terrifiante difficulté, même si elle fait peur, même si la lecture de Kant nous "fait mal à la tête". Elle tente de s'affranchir de la monotonie de nos vies, et est porteuse d'une réflexion sur tout cela, qui, faut-il le rappeller, naît de l'étonnement dont nous sommes tous doués à la naissance.

Je respecte ton opinion, mais ne la rejoins pas et crois vraiment que je ne pourrai pas me passer de la philosophie.
Bien à toi. :p

 
Hors ligne Dalshim # Posté le 27/07/2009 à 19 h 40
Avatar de Dalshim
Messages : 535
Membres
Kanwa, je trouve ton explication un peu trop simpliste si tu me permets. Reprends ton texte et remplace philosophie par mathématique, grammaire, physique, histoire ou autre ; tu obtiendras le même argumentaire qui se tient tout autant.

Toute matière, porté à un certain niveau, fait "mal à la tête" comme dirai dreamdead. Si je te montre des intégrale multiple faisant intervenir des cosinus, sinus et tangentes hyperboliques, je te promets que tu ne comprendras rien. Pourtant, on pourrait dire que les littéraires fuient les mathématiques et autre matières scientifiques, de la même façon que les scientifiques (pas tous bien sûr, les généralités ne sont jamais bonnes) fuiraient la philosophie et autre matières littéraires plutôt que, selon tes termes, affronter le problème.

Il est vrai que la philosophie est une des matières qui rencontre le moins de succès, que le monde, comme tu le dis, tourne de plus en plus vers le matérialisme et l'utilitarisme. J'ai envie de dire : "s'il doit en être ainsi". On ne va pas forcer la pensé des gens. Personnellement, chacun peut croire ce qu'il veut, ça ne me dérange pas, à condition bien sûr qu'il laisse ceux qui ne pensent pas comme lui tranquille. En une phrase : respectons la pensé de chacun.
Le plus important n'est-il pas de bien se sentir et de vivre, si cela se fait sans philosophie, mathématique, physique ou je ne sais quelle autre matière, eh bien soit. Peut être les gens seraient-ils plus heureux s'ils s'intéressaient à ces fameuse matière qu'ils délaissent, peut être moins. Mais du moment qu'ils se sentent bien. L'important est que chacun garde un accès à l'information et le droit de changer d'idée (tient, ça me fait penser à une chanson de Brassens (Mourir pour des idées) et à la citation de "je ne sais plus qui (Churchill je crois)" qui apparait de temps en temps dans la bannière zco et qui dit qu'on devrait toujours se réserver le droit de rire le lendemain de ses idées de la veille) pour se tourner vers d'autre choses lorsqu'il en aurait envie.
Exemple : Il n'y a pas si longtemps, je trouvais l'orthographe et le français les choses les plus "useless" au monde. Et je n'en vivais pas moins bien. (Encore une autre chanson de Brassens : Les deux oncles)

PS : Oui, je suis fan de Georges Brassens.
 
Hors ligne Kanwa # Posté le 27/07/2009 à 20 h 12
Fan de philo :)
Avatar de Kanwa
Messages : 23
Membres
Citation : Dalshim
Reprends ton texte et remplace philosophie par mathématique, grammaire, physique, histoire ou autre ; tu obtiendras le même argumentaire qui se tient tout autant.

Je ne crois pas que la grammaire ou l'histoire apporte un sens à notre existence...

Je comprends ta vision des choses. Il est vrai que le bonheur et la philosophie peuvent coexister indépendamment, "pacifiquement" (Tiens, ça me rappelle Khrouchtchev :p ) mais ma réflexion personnelle sur le sujet, que je n'exposerai pas ici pour éviter des cas de nausées trop nombreux :p, m'amène à ne pas pouvoir vivre convenablement sans cette discipline qui est, pour moi et pour d'autres, tout bonnement indispensable.
Ne t'inquiète pas, je ne cherche pas à imposer mes idées, loin de là ! J'ai tenté simplement d'expliquer à quel point la philosophie reste importante, même si ses adeptes sont de moins en moins nombreux !
Mais, encore une fois, je respecte et comprends toute autre opinion sur le sujet. La philosophie n'est pas une secte ;)

Bien à toi,
Je te souhaite une excellente soirée !
Modifié le 27/07/2009 à 20 h 12 par Kanwa

 
Hors ligne Dalshim # Posté le 27/07/2009 à 20 h 32
Avatar de Dalshim
Messages : 535
Membres
Autant la grammaire, je suis d'accord, autant je ne le suis pas pour l'histoire. Mais peu importe, c'était pour montré mon impression de manque de base de ton argumentation.

Pour revenir à nos moutons, je trouve dommage que tu n'exposes pas ton idée sur le sujet, nous sommes tous là pour partager, pas pour lyncher les autres. Comme je le disais, respectons l'opinion et les choix de chacun. Tu dis que cette discipline est indispensable pour toi, et c'est une bonne chose, il faut toujours avoir des passions, quelle qu'elles soient (ça s'écrit comme ça ?).
Pour ta petite phrase, je ne suis pas du tout sûr que les adeptes se fassent moins nombreux. Quand y en a-t-il eu beaucoup ?

Enfin, désolé si j'ai donné cette impression, mais mon paragraphe sur le respect de chacun et de ses idées n'était pas du tout dirigé vers toi. c'était juste une remarque générale.

Après, ce que je trouve en revanche dommage, et qu'il serait possible d'améliorer, c'est que pour pouvoir se trouver une passion, chacun devrait avoir une introduction, un aperçu de tout ce qui existe, ou tout du moins d'un maximum de chose possible.
 
Hors ligne dreamdead # Posté le 27/07/2009 à 22 h 30
Avatar de dreamdead
Messages : 14
Membres
Kanwa, j'ai mis ce message juste pour faire une introduction a la question, j'ai énoncé très vite les arguments que l 'on peut avoir si on est contre la philo,

mais pourtant, j'en suis fan, je me pose des milliers de questions philosophiques, et j'essaye d' avoir mes propres opinions dessus, et souvent après je compare avec ce qui a déjà été trouvé, et j'approfondis.

Pour revenir au sujet, la philosophie m'a énormément aidée pendant des moments difficiles, cela permet de remettre tout ( ou presque) en cause, et de comprendre ce qui est vraiment important ou pas. C'est entre autres pour cela que dans mon premier message, je dis que c"est un besoin pour moi.
Pour les adeptes, je pense au contraire qu'il y en a plus qu'avant, peut être pas pour savoir tout sur tout, mais énormément de personnes se posent ce genre de question. Et je trouve ca vraiment dommage qu'il y en ait pas encore plus seulement parce l'aspirine es obligatoire, et que ca fait peur de savoir que l'on ne sait rien.Beaucoup de personnes se disent heureuses ou malheureuses, sans vraiment savoir ce que cela signifie.

un certain Montaigne aurait dit que "philosopher, c'est apprendre a mourir". Pas seulement, mais ca en fait partie. Je pense que c'est surtout apprendre à avoir sa propre vision des choses. l'histoire permet quant à elle je pense de comprendre notre existence sans vraiment y apporter un sens.
 
Hors ligne Guillawme # Posté le 27/07/2009 à 23 h 39
Avatar de Guillawme
Messages : 3258
Groupe : zAnciens
Salut

Je n'ai pas les moyens matériels (oups :D ) d'entrer dans le débat maintenant, pour cause de connexion internet intermittente, mais je voulais réagir à ça :
Citation : Kanwa
Elle (la philosophie) ne s'intéresse pas au matérialisme

Au contraire si, elle s'y intéresse. En épistémologie en particulier, c'est un concept qui nécessite d'être analysé. Je n'ai pas d'exemple en tête pour développer...


Ah et par rapport à ça :
Citation : dreamdead
et que ca fait peur de savoir que l'on ne sait rien.

Je ne sais pas si ça doit faire peur ou pas (ce n'est pas la question d'ailleurs), mais en tout cas on peut fort bien prendre conscience de ça, le fait de ne rien savoir, en pratiquant les sciences plutôt que la philosophie.
Je ne suis pas en train de dire qu'il est inutile de philosopher, hein. ^^


Bonne nuit à vous.
 
Hors ligne dreamdead # Posté le 28/07/2009 à 11 h 51
Avatar de dreamdead
Messages : 14
Membres
Citation : Guillawme
Je ne sais pas si ça doit faire peur ou pas (ce n'est pas la question d'ailleurs), mais en tout cas on peut fort bien prendre conscience de ça, le fait de ne rien savoir, en pratiquant les sciences plutôt que la philosophie.


Certes, mais en sciences, plus on apprend, et plus on sait, alors qu'en philo, j'ai l'impression que plus on en pratique, et moins on en sait. Mais c'est qu'une impression.C'est juste qu'à beaucoup de questions, à la fin on a pas de réponses exacts, malgré tant d'effort :-°
 
Hors ligne Guillawme # Posté le 28/07/2009 à 14 h 49
Avatar de Guillawme
Messages : 3258
Groupe : zAnciens
Hum, à quel niveau pratiques-tu les sciences, si c'est pas indiscret ?

Parce que dans les études supérieures c'est vraiment un cas similaire à celui que tu décris avec la philosophie : plus on en apprend et plus on découvre qu'il y en a à apprendre, du coup le rapport "appris / à apprendre" tend vite vers zéro même si le numérateur est très grand (puisque le dénominateur croît bien plus vite).

C'est du moins mon sentiment, fondé sur mon expérience personnelle et au niveau où j'en suis (juste pour l'info : j'entrerai en septembre en troisième année de licence), car je rencontre souvent des gens qui en savent bien plus que moi malgré l'impression que j'ai (surtout après des examens) d'avoir la tête complètement remplie.
 
Hors ligne Dalshim # Posté le 28/07/2009 à 17 h 38
Avatar de Dalshim
Messages : 535
Membres
Citation : Guillawme
Hum, à quel niveau pratiques-tu les sciences, si c'est pas indiscret ?

Parce que dans les études supérieures c'est vraiment un cas similaire à celui que tu décris avec la philosophie : plus on en apprend et plus on découvre qu'il y en a à apprendre, du coup le rapport "appris / à apprendre" tend vite vers zéro même si le numérateur est très grand (puisque le dénominateur croît bien plus vite).

C'est du moins mon sentiment, fondé sur mon expérience personnelle et au niveau où j'en suis (juste pour l'info : j'entrerai en septembre en troisième année de licence), car je rencontre souvent des gens qui en savent bien plus que moi malgré l'impression que j'ai (surtout après des examens) d'avoir la tête complètement remplie.


Je suis d'accord avec toi sur ce point là. Dans toute matière, quelle qu'elle soit, il y aura toujours une infinité de choses à apprendre.
 
Hors ligne dreamdead # Posté le 28/07/2009 à 20 h 17
Avatar de dreamdead
Messages : 14
Membres
Je me suis mal exprimé.
Bien sur que je suis d accord, mais dans les sciences, disons que tu apprenne la formule du Reblochon si bien connu ( un reblochon plus un autre, ca pu!) ben après tu la connait définitivement, alors que dans la philo, tu te pose une question, tu peux y passer tout le temps que tu veux, tu ne trouveras pas forcément la réponse et cela parce qu'elle n 'existe pas.
par exemple, une personne qui n'y aurais jamais réfléchie, dirais qu'elle sais très bien ce qu'est le bonheur,
mais qu'elle essaye de te l'expliquer... c'est pas gagné! et elle se rendra compte qu'elle ne sais pas.

Citation : Guillawme
Hum, à quel niveau pratiques-tu les sciences, si c'est pas indiscret ?

je suis juste une année de plus que toi: master 1 en septembre :p

Apres, bien sur des chercheurs essayent de prouver qu'il y a une 4eme, voir une 5eme dimension, mais n'y arriveront peut être jamais.mais c'est diffèrent...
 
Hors ligne Guillawme # Posté le 29/07/2009 à 14 h 02
Avatar de Guillawme
Messages : 3258
Groupe : zAnciens
Après c'est sûr que ça dépend des sciences.

En sciences "dures" (la physique et ce qui s'en approche) beaucoup de choses sont établies et constituent de la connaissance "fiable", mais c'est aussi le principe des sciences justement : construire des connaissances objectives. Et puis cette fiabilité est toute relative, car de grands bouleversements sont toujours possibles (bon il faut reconnaître que depuis la proposition du modèle héliocentrique il n'y a encore rien eu d'aussi important, mais c'est toujours possible quand même).

Mais certains domaines touchent de près à la philosophie (exemples faciles : la médecine par l'éthique ou la physique fondamentale par la métaphysique), comme à mon avis toutes les disciplines lorsqu'on arrive "au bout" de ce qui est connu.

Tout ça pour dire que les sciences, ça ne consiste pas seulement à retenir des formules. Mais ça on ne s'en rend compte généralement que bien après le lycée.


PS : M1 en quelle discipline, toujours si c'est pas indiscret ? :D
Modifié le 31/07/2009 à 22 h 57 par Guillawme
 
Hors ligne Belisarius # Posté le 29/07/2009 à 15 h 55
Avatar de Belisarius
Messages : 173
Membres
Je vais faire court.
Soit on admet l'utilité de philosopher, soit on ne l'admet pas.
Mais si on n'admet pas l'utilité de philosopher, il faut argumenter cette opinion, et cela ne peut se faire qu'en philosophant. Du coup, en niant l'utilité de philosopher, on philosophe encore. On contredit son énoncé en essayant de le démontrer. On n'échappe pas à la philosophie.

(ce raisonnement est d'Aristote)
Modifié le 29/07/2009 à 16 h 00 par Belisarius
 
Hors ligne Ziame # Posté le 30/07/2009 à 16 h 37
Arx Tarpeia Capitoli proxima
Avatar de Ziame
Messages : 11523
Groupe : Administrateurs
Bonjour,

Très bonne idée de sujet tout d'abord. C'est en effet la première question qu'il convient de se poser.

Comme pour la majorité des réflexions philosophiques (et qu'on le veuille ou non, celle-ci en est une), celle-ci fait intervenir un point de vue personnel. Par conséquent les arguments que je vais exposer sont pour la plupart personnels et n'engagent que moi (d'autres peuvent penser différemment tout en ayant raison de la même façon).

La philosophie, c'est l'art de savoir réfléchir. C'est d'ailleurs en ce sens que cette matière est enseignée en terminale (même scientifique). En effet, contrairement au français, il ne suffit pas de restituer la pensée d'un autre, de citer abondamment plusieurs philosophes si cela ne s'inscrit pas dans un cheminement intellectuel personnel et cohérent. Pour ma part, je pense que la philosophie est, si on l'aborde dans sa dimension scolaire, une des matières les plus importantes. En effet, grâce aux sciences, de nos jours beaucoup de choses qui étaient naturellement et traditionnellement impossibles deviennent réalisables et ceci à tous les niveaux. L'homme a de nos jours la puissance nécessaire pour détruire la Terre (bombe nucléaire ou tout simplement réchauffement climatique), pour nourrir tout le monde, pour soigner, etc. (ce ne sont que quelques exemples). Or, ces questions dont les conséquences (en bien ou en mal) peuvent être gigantesques, ne peuvent souffrir de réponse à la légère ni même de gestion à la légère. Si on reprend le point de la puissance nucléaire par exemple, on pourrait se demander si quelqu'un a le droit d'avoir une telle puissance à sa disposition, ou encore si tout le monde y a le droit (si nous sommes tous égaux à la base, certaines modifications culturelles et d'organisation font que les avis sont partagés à ce niveau, notamment à propos de certains pays ayant un régime politique dictatorial), et si la réponse était positive à la première question, a-t-on le droit de se servir de cette puissance ? Et là encore si oui dans quelles conditions ? Peut-on considérer notre idéologie, culture de vie, civilisation assez supérieure à une autre pour l'imposer par la force d'une telle manière ?
Ce sont des questions qui n'ont pas de réponse évidente, si tant est qu'elles en aient une. Et c'est là par exemple qu'intervient la philosophie. Cette discipline a pour but de réfléchir au delà des intérêts immédiats et premiers, des questions techniques (domaine des sciences) pour essayer de voir plus loin et peut-être d'une manière plus neutre sinon plus réfléchie.

Prenons un autre exemple pour étayer cette thèse : la religion. Face à la crainte de la mort (qui est la question principale à laquelle répondent les religions quelles qu'elles soient), certaines personnes sont tentées de s'orienter vers une religion qui, si elle n'apporte pas obligatoirement toutes les réponses, en apporte certaines, ou du moins en propose certaines. De là à se convaincre que ces réponses sont vraies, il n'y a qu'un pas, et pour certaines personnes, de là à vouloir imposer ces réponses aux autres, il n'y en a qu'un autre (attention cependant, je n'ai pas fait de généralisation, ce qui serait ici stupide en plus d'être faux). Cependant, si les sciences peuvent répondre à certaines questions (pour prendre un exemple, les évolutionnistes se font moins virulents et nombreux qu'il y a quelques siècles, et pour cause, les sciences, avec notamment Darwin et sa théorie de l'évolution ont apporté d'autres réponses, plus argumentées et plausibles), elles ne peuvent pas répondre à toutes, et de loin. Pour n'en citer qu'une ou deux "Qu'est-ce que la mort ?", "Dieu existe-t-il ?", "Dans quelle mesure peut-on être libre ?", etc.

Or les réponses à ces questions sont fondamentales car elles conditionnent notre vie (et c'est d'ailleurs pour cela que certaines personnes vont chercher des réponses dans la religion, qui permet d'autres réponses que les sciences). Par exemple, si vous saviez qu'une fois mort vous n'avez d'autre échappatoire que celui d'aller en enfer (j'extrapole), vous vivriez différemment que si vous étiez sûr qu'après la mort vous iriez au paradis ou encore que la mort rimerait avec le néant. Dans le premier cas, sans doute feriez vous beaucoup plus attention à votre vie pour la prolonger au maximum, tout en redoutant la mort. Dans le second cas, peut-être serait-ce l'inverse, et dans le troisième ?

Cet exemple montre bien que ces questions qui n'ont pas de réponse fixe établie en nécessitent cependant une pour nous. Et c'est à cela que s'attache la philosophie : essayer d'apporter des éléments de réponse justifiés et cohérents. Par exemple, si on reprend l'exemple de la mort, Sénèque pensait qu'elle était dernière nous, sous la forme de toute la vie déjà écoulée et qui, par conséquent, ne sera jamais plus. Donc selon lui il ne fallait pas redouter la mort mais plutôt s'appliquer à bien occuper son temps (1e lettre à Lucilius si je me souviens bien), d'autres avaient une vision davantage religieuse, ou encore plus scientifique.

Mais la philosophie ne répond pas qu'à cette question de la mort (qui n'était ici qu'un exemple), les autres questions principales étant la recherche du bonheur (comment l'atteindre ?), qui a fait couler beaucoup d'encre, avec des visions parfois opposées tout en étant également défendables (stoïciens et épicuriens pour ne nommer que deux courant philosophiques que l'histoire a opposés et qui se sont attachés chacun dans une voie différente à proposer une réponse à cette question) ou encore la liberté.

De là on voit que la philosophie n'est pas cette matière obscure ne servant qu'à complexifier l'évident telle qu'on la perçoit parfois, mais juste la réflexion à propos de questions qui nous intéressent tous et qui dirigent notre vie. D'ailleurs, chacun à son niveau se fait sa propre philosophie tout en menant des réflexions plus ou moins poussées sur certains sujets (qui ne s'est jamais demandé ce qu'il y avait après la mort, ou s'il y avait un dieu, s'il pouvait être libre ou encore heureux ?). Et c'est cela que la philosophie telle qu'elle est enseignée au lycée s'attache à permettre. En fournissant quelques outils de réflexion aux élèves, quelques pistes tirées des réflexions d'autres philosophes et en les faisant réfléchir sur des sujets donnés (par l'intermédiaire des dissertations notamment), elle pose les premiers jalons permettant, ou du moins aidant, à mener soi-même une réflexion personnelle organisée et construite.

En gros et pour résumer, la philosophie pourrait-être assimilée à la faculté de penser par soi-même.

Encore une fois merci pour cet excellent sujet qui a le mérite de poser une question... philosophique. :)

Note à Dalshim : la citation n'est pas de Churchill mais de Napoléon Bonaparte. ;)

Si vous aimez écrire et que vous avez des choses à dire sur l'un des thèmes que couvre notre blog, n'hésitez pas ! ;)
 
Hors ligne Fihld # Posté le 30/07/2009 à 18 h 33
tokiponized
Avatar de Fihld
Messages : 2646
Groupe : zAnciens
Je ne peux qu'être d'accord avec le post de Ziame qui résume parfaitement ma pensée sur ce sujet (post d'ailleurs très agréable à lire et bien construit, bravo à toi).

Il est vrai que la philosophie apparaît comme une matière ennuyante voire inutile et vaine (même si j'ai l'impression que l'on essaie de plus en plus d'en redorer le blason avec un succès mitigé). Je suis assez d'accord avec je-ne-sais-plus-qui quand il dit que l'on ne peut pas forcer les gens à réfléchir, à façonner leur pensée mais seulement leur proposer une voie de réflexion s'ils le souhaitent. Le système scolaire est assez faible à ce niveau-là, et l'on gagnerait beaucoup à l'améliorer.

Philosopher, c'est donc avant tout se poser des questions. Tenter d'y apporter des réponses est à mon sens moins important. La philosophie permet de penser par soi-même et de se construire un libre-arbitre, de se donner les moyens d'apporter son propre jugement tiré d'une réflexion construite, ordonnée et personnelle.

Citation : Blaise Pascal
Se moquer de la philosophie, c'est vraiment philosopher.

« Le vice est aussi nécessaire dans un État florissant que la faim est nécessaire pour nous obliger à manger. Il est impossible que la vertu seule rende jamais une Nation célèbre et glorieuse. » — Bernard Mandeville.
 
Hors ligne Dalshim # Posté le 30/07/2009 à 18 h 53
Avatar de Dalshim
Messages : 535
Membres
Citation : Fihld
Je suis assez d'accord avec je-ne-sais-plus-qui quand il dit que l'on ne peut pas forcer les gens à réfléchir, à façonner leur pensée mais seulement leur proposer une voie de réflexion s'ils le souhaitent. Le système scolaire est assez faible à ce niveau-là, et l'on gagnerait beaucoup à l'améliorer.


Voici toute ma pensé sur le sujet de la philosophie et de son enseignement.
 
Hors ligne Kanwa # Posté le 31/07/2009 à 10 h 25
Fan de philo :)
Avatar de Kanwa
Messages : 23
Membres
J'aimerais toutefois faire une remarque et anéantir un cliché de longue date.
En terminale, il faut savoir que la majorité des dissertations philosophiques se font sur la base d'une question. Les élèves, du moins la majorité, construisent à priori un plan thèse-antithèse-synthèse pour répondre à cette question.
Au delà de la réussite relative dans les 2 premières parties -qui souffrent souvent d'une mauvaise problématisation, d'un manque d'arguments et de réflexion...-, c'est souvent la 3è partie qui est une véritable catastrophe. Ce n'est plus une synthèse, mais une foutaise. Les élèves croient comprendre que le plan thèse-antithèse-synthèse se résume à un oui-non-peut être. Et, de ce fait, je vois souvent en synthèse, des phrases du type "Ca dépend du point de vue" ou "Chacun fait comme il l'entend", ce qui prouve :
que l'élève n'a absolument rien compris à la démarche philosophique qui entend bel et bien apporter des réponses aux problèmes posés et ce qui justifie -du moins je fais ainsi- une note entre 1 et 8.
En d'autres termes, la philosophie n'est pas un jeu de hasard, elle apporte des réponses réelles aux questions que nous nous posons.

 
Hors ligne Ziame # Posté le 01/08/2009 à 16 h 35
Arx Tarpeia Capitoli proxima
Avatar de Ziame
Messages : 11523
Groupe : Administrateurs
Les plans thèse - anti-thèse - synthèse sont fortement déconseillés en philo, même en terminale (du moins le professeur que j'avais ne les acceptait pas). Ce n'est pas très adapté à un cheminement intellectuel progressif logique et oblige en quelque sorte à sauter du coq-à-l'âne en effectuant des listing de points positifs / négatifs (ce qui est à proscrire).

Si vous aimez écrire et que vous avez des choses à dire sur l'un des thèmes que couvre notre blog, n'hésitez pas ! ;)
 
Hors ligne Dalshim # Posté le 01/08/2009 à 19 h 31
Avatar de Dalshim
Messages : 535
Membres
De même, je me rappelle pas de "thèse - anti-thèse - synthèse" en philosophie. Beaucoup plus en revanche en Français une année auparavant.
 

Retour au forum Philosophie ou à la liste des forums