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Vos poèmes préférés

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Hors ligne christophetd # Posté le 17/04/2009 à 07 h 13
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Groupe : zAnciens
Bonjour,
Je vous propose de poster ici le poème que vous préférez.
Je commence.

Citation : Victor Hugo


Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.

J'irai par la forêt, j'irai par le montagne.

Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.



Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,

Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,

Seul inconnu, le dos courbé, les mains croisées,

Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.



Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,

Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,

Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe

Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.



À vous !
Modifié le 17/04/2009 à 07 h 13 par christophetd

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Hors ligne Desolation # Posté le 17/04/2009 à 16 h 50
Poète amateur fataliste...
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Pour moi ce sont les miens. :/

Il me semble en avoir posté sur le forum.

Secret (cliquez pour afficher)
Dommage que l'on ne puisse pas faire une recherche. :-°
Modifié le 17/04/2009 à 16 h 52 par Desolation

... et partisan janséniste.

Celui qui n'a jamais fait de faute d'orthographe est celui qui n'a jamais écrit.
 
Hors ligne Ziame # Posté le 17/04/2009 à 17 h 24
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Bonjour,

Très intéressant sujet. C'est amusant car en plus je pensais en poster un là-dessus hier soir. :)

Bref, je commencerai par un premier poème d'Aragon, l'un des initiateurs de la vague surréaliste. Dans ce poème extrait du recueil « Le Crève coeur », Aragon aborde le sujet de la seconde guerre mondiale de façon très imagée et allégorique.

Secret (cliquez pour afficher)
Citation : Les lilas et les roses - Aragon
Cliquer pour agrandir
O mois des floraisons mois des métamorphoses
Mai qui fut sans nuage et Juin poignardé
Je n'oublierai jamais les lilas ni les roses
Ni ceux que le printemps dans ses plis a gardés

Je n'oublierai jamais l'illusion tragique
Le cortège les cris la foule et le soleil
Les chars chargés d'amour les dons de la Belgique
L'air qui tremble et ce bourdon d'abeilles
Le triomphe imprudent qui prime la querelle
Le sang que préfigure en carmin le baiser
Et ceux qui vont mourir debout dans les tourelles
Entourés de lilas par un peuple grisé

Je n'oublierai jamais les jardins de la France
Semblables aux missels des siècles disparus
Ni le trouble des soirs l'énigme du silence
Les roses tout le long du chemin parcouru
Le démenti des fleurs au vent de la panique
Aux soldats qui passaient sur l'aile de la peur
Aux vélos délirants aux canons ironiques
Au pitoyable accoutrement des faux campeurs

Mais je ne sais pourquoi ce tourbillon d'images
Me ramène toujours au même point d'arrêt
A Sainte-Marthe Un général De noirs ramages
Une villa normande au bord de la forêt
Tout se tait L'ennemi dans l'ombre se repose
On nous a dit ce soir que Paris s'est rendu
Je n'oublierai jamais les lilas ni les roses
Et ni les deux amours que nous avons perdus

Bouquets du premier jour lilas lilas des Flandres
Douceur de l'ombre dont la mort farde les joues
Et vous bouquets de la retraite roses tendres
Couleur de l'incendie au loin roses d'Anjou


Je vous en aurai bien proposé d'autres d'autres auteurs mais là je manque un peu de temps ce soir donc j'en ajouterai plus tard. :)

Si vous aimez écrire et que vous avez des choses à dire sur l'un des thèmes que couvre notre blog, n'hésitez pas ! ;)
 
Hors ligne Tess # Posté le 17/04/2009 à 18 h 18
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Est-ce un poème ? En tout cas c'est un très beau texte qui a été retrouvé sur un sarcophage égyptien de la XIIe dynastie, datant d'environ 1900 avant J.C. o_O
Citation : Texte égyptien
J'ai créé les quatre vents - s'écrie Ré - pour que tout homme puisse respirer comme son frère.
Les grandes eaux pour que le pauvre puisse en user comme le fait son seigneur.
J'ai créé tout homme pareil à son frère.
J'ai défendu que les hommes commettent l'iniquité.
Mais leurs cœurs ont défait ce que ma parole avait prescrit.

parvaefabulaeinhistoria.over-blog.com
"La vraie faute est celle que l'on ne corrige pas" (Confucius)
 
Hors ligne christophetd # Posté le 17/04/2009 à 18 h 51
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Groupe : zAnciens
Je les aime bien :D
Allez j'en propose un de ma composition
Citation : Moi
Tout ce que tu fais est beau
Tout ce que tu fais est harmonieux
Tout cela te vient de là-haut
Tout cela se voit dans tes yeux.
Modifié le 17/04/2009 à 18 h 52 par christophetd

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Hors ligne Ziame # Posté le 17/04/2009 à 19 h 25
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Si tu veux discuter de poèmes de ta composition, je te conseille de faire un tour sur ce sujet créé par Désolation où elle propose justement aux poètes de la communauté de présenter leurs oeuvres. :)

Si vous aimez écrire et que vous avez des choses à dire sur l'un des thèmes que couvre notre blog, n'hésitez pas ! ;)
 
Hors ligne scientifix94 # Posté le 18/04/2009 à 03 h 13
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Pas sûr que ce soit un poème mais bon c'est mignon.

Le matin je ne mange pas, je pense à toi;
Le midi je ne mange pas, je pense à toi;
Le soir je ne mange pas, je pense à toi;
La nuit je ne dors pas, j'ai faim !
-Auteur inconnu
Modifié le 18/04/2009 à 03 h 13 par scientifix94
 
Hors ligne Tess # Posté le 18/04/2009 à 12 h 12
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Je vous propose ce poème de Rouben Melik, tiré du recueil La Procession, mis en musique par Michèle Bernard (écouter sur Deezer) :) :

Citation : Hiver
Ce bruit de portes ma mémoire
Comme on s'y fait de vivre mal.
Que ce soit l'orgue d'une foire
Ou la fleur de tulle d'un bal

C'est longtemps avant qu'on ne parte
Avant que l'aube n'ait changé
Le bleu du ciel sur une carte
Que l'on devient cet étranger,

Que l'on regarde son visage
Comme pour la dernière fois
Et que l'on devine son âge
Aux déchirures d'une voix.

Mémoire avec toutes ces choses
Que l'on sait bien qu'on laissera
Ce mal de vivre qui repose
Si près du cœur s'y brisera.

Que ce soit l'orgue d'une foire
Ou la fleur de tulle d'un bal,
Ce rien d'un air dans la mémoire,
Cette couleur qu'on verra mal

Ils sont de loin comme on emporte
Avec sa vie un air de rien,
Si près du cœur ce bruit de portes
Comme un battant qui va et vient.
Modifié le 18/04/2009 à 14 h 46 par Tess

parvaefabulaeinhistoria.over-blog.com
"La vraie faute est celle que l'on ne corrige pas" (Confucius)
 
Hors ligne Fihld # Posté le 19/04/2009 à 15 h 05
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Victor Hugo écrit Les Djinns en août 1828 et le publie dans son recueil Les Orientales un an plus tard. Ce poème, par sa forme, sa longueur et ses sonorités, se démarque des poèmes plus « classiques » et font de lui quelque chose de tout à fait singulier. Je vous encourage vivement à le lire jusqu'au bout.
Il est pour moi un de mes préférés, et je me lasse pas de le lire. Je le place dans les grandes œuvres de la littérature et de la poésie française. :)

Je vous propose une rapide explication de www.lettres.net quant au nom de ce poème, ainsi qu'une rapide description.

Citation : lettres.net
Le terme « Djinns » est utilisé pour désigner les esprits bienfaisants, génies ou démons dans les croyances musulmanes.

On sera sensible au mouvement de ce poème très célèbre : la longueur des vers suit l'action et correspond à l'attaque. Ce texte fait donc entendre un mouvement très net de crescendo puis de decrescendo (mouvement d'une chose qui monte, s'amplifie, puis diminue et disparaît).


Prêtez donc attention au nombre de pieds de chaque strophe, et suivez-en le rythme. C'est saisissant la technique qu'Hugo a utilisée pour mettre en vie son texte. Le voici donc.

Secret (cliquez pour afficher)
Murs, ville,
Et port,
Asile
De mort,
Mer grise
Où brise
La brise ;
Tout dort.

Dans la plaine
Naît un bruit.
C'est l'haleine
De la nuit.
Elle brame
Comme une âme
Qu'une flamme
Toujours suit.

La voix plus haute
Semble un grelot. -
D'un nain qui saute
C'est le galop :
Il fuit, s'élance,
Puis en cadence
Sur un pied danse
Au bout d'un flot.

La rumeur approche ;
L'écho la redit.
C'est comme la cloche
D'un couvent maudit ; -
Comme un bruit de foule,
Qui tonne et qui roule,
Et tantôt s'écroule
Et tantôt grandit.

Dieu ! la voix sépulcrale
Des Djinns !...- Quel bruit ils font !
Fuyons sous la spirale
De l'escalier profond !
Déjà s'éteint ma lampe ;
Et l'ombre de la rampe,
Qui le long du mur rampe,
Monte jusqu'au plafond.

C'est l'essaim des Djinns qui passe,
Et tourbillonne en sifflant.
Les ifs, que leur vol fracasse,
Craquent comme un pin brûlant.
Leur troupeau lourd et rapide
Volant dans l'espace vide,
Semble un nuage livide
Qui porte un éclair au flanc.

Ils sont tout près ! - Tenons fermée
Cette salle où nous les narguons.
Quel bruit dehors ! hideuse armée
De vampires et de dragons !
La poutre du toit descellée
Ploie ainsi qu'une herbe mouillée,
Et la vieille porte rouillée
Tremble, à déraciner ses gonds !

Cris de l'enfer ! voix qui hurle et qui pleure !
L'horrible essaim, poussé par l'aquilon,
Sans doute, ô ciel ! s'abat sur ma demeure.
Le mur fléchit sous le noir bataillon.
La maison crie et chancelle penchée,
Et l'on dirait que, du sol arrachée,
Ainsi qu'il chasse une feuille séchée,
Le vent la roule avec leur tourbillon !

Prophètes ! si ta main me sauve
De ces impurs démons des soirs,
J'irai prosterner mon front chauve
Devant tes sacrés encensoirs !
Fais que sur ces portes fidèles
Meure leur souffle d'étincelles,
Et qu'en vain l'ongle de leurs ailes
Grince et crie à ces vitraux noirs !

Ils sont passés ! - Leur cohorte
S'envole et fuit, et leurs pieds
Cessent de battre ma porte
De leurs coups multipliés.
L'air est plein d'un bruit de chaînes,
Et dans les forêts prochaines,
Frissonnent tous les grands chênes,
Sous leur vol de feu pliés !

De leurs ailes lointaines
Le battement décroît,
Si confus dans les plaines,
Si faible que l'on croit
Ouïr la sauterelle
Crier d'une voix grêle,
Ou pétiller la grêle,
Sur le plomb d'un vieux toit.

D'étranges syllabes
Nous viennent encor ;-
Ainsi, des Arabes
Quand le cor sonne,
Un chant sur la grève,
Par instants s'élève,
Et l'enfant qui rêve
Fait des rêves d'or !

Les Djinns funèbres,
Fils du trépas,
Dans les ténèbres
Pressent leurs pas ;
Leur essaim gronde :
Ainsi, profonde,
Murmure une onde
Qu'on ne voit pas.

Ce bruit vague
Qui s'endort,
C'est la vague
Sur le bord ;
C'est la plainte
Presque éteinte
D'une sainte
Pour un mort.

On doute
La nuit...
J'écoute : -
Tout fuit,
Tout passe ;
L'espace
Efface
Le bruit.

« Le vice est aussi nécessaire dans un État florissant que la faim est nécessaire pour nous obliger à manger. Il est impossible que la vertu seule rende jamais une Nation célèbre et glorieuse. » — Bernard Mandeville.
 
Hors ligne Jack' # Posté le 08/05/2009 à 12 h 17
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Je profite de ce sujet pour poster mon premier message sur le forum. :D Je propose un poème que j'adore, écrit par Lamartine.

Citation : Alphonse de Lamartine « L'isolement »
L'isolement

Souvent sur la montagne, à l'ombre du vieux chêne,
Au coucher du soleil, tristement je m'assieds ;
Je promène au hasard mes regards sur la plaine,
Dont le tableau changeant se déroule à mes pieds.

Ici, gronde le fleuve aux vagues écumantes ;
Il serpente, et s'enfonce en un lointain obscur ;
Là, le lac immobile étend ses eaux dormantes
Où l'étoile du soir se lève dans l'azur.

Au sommet de ces monts couronnés de bois sombres,
Le crépuscule encor jette un dernier rayon,
Et le char vaporeux de la reine des ombres
Monte, et blanchit déjà les bords de l'horizon.

Cependant, s'élançant de la flèche gothique,
Un son religieux se répand dans les airs,
Le voyageur s'arrête, et la cloche rustique
Aux derniers bruits du jour mêle de saints concerts.

Mais à ces doux tableaux mon âme indifférente
N'éprouve devant eux ni charme ni transports,
Je contemple la terre ainsi qu'une ombre errante :
Le soleil des vivants n'échauffe plus les morts.

De colline en colline en vain portant ma vue,
Du sud à l'aquilon, de l'aurore au couchant,
Je parcours tous les points de l'immense étendue,
Et je dis : « Nulle part le bonheur ne m'attend. »

Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières,
Vains objets dont pour moi le charme est envolé ?
Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères,
Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé.

Que le tour du soleil ou commence ou s'achève,
D'un oeil indifférent je le suis dans son cours ;
En un ciel sombre ou pur qu'il se couche ou se lève,
Qu'importe le soleil ? je n'attends rien des jours.

Quand je pourrais le suivre en sa vaste carrière,
Mes yeux verraient partout le vide et les déserts ;
Je ne désire rien de tout ce qu'il éclaire,
Je ne demande rien à l'immense univers.

Mais peut-être au-delà des bornes de sa sphère,
Lieux où le vrai soleil éclaire d'autres cieux,
Si je pouvais laisser ma dépouille à la terre,
Ce que j'ai tant rêvé paraîtrait à mes yeux !

Là, je m'enivrerais à la source où j'aspire ;
Là, je retrouverais et l'espoir et l'amour,
Et ce bien idéal que toute âme désire,
Et qui n'a pas de nom au terrestre séjour !

Que ne puis-je, porté sur le char de l'Aurore,
Vague objet de mes voeux, m'élancer jusqu'à toi !
Sur la terre d'exil pourquoi restè-je encore ?
Il n'est rien de commun entre la terre et moi.

Quand la feuille des bois tombe dans la prairie,
Le vent du soir s'élève et l'arrache aux vallons ;
Et moi, je suis semblable à la feuille flétrie :
Emportez-moi comme elle, orageux aquilons !
 
Hors ligne christophetd # Posté le 08/05/2009 à 12 h 28
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@ Fihld : Ouaou magnifique o_O
@scientifix94 : Pas mal du tout :D
@ Jack' : Joli :)

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Hors ligne christophetd # Posté le 19/05/2009 à 20 h 14
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Allez j'en propose un autre de ma composition :

Citation : Jamais ...
Pas un jour,
Pas une heure
Sans que mon amour,
Sans que ma stupeur
Viennent me réchauffer le coeur,
Viennent me rappeller le jour
Où je t'ai vu pour la première fois,
Où je suis tombé amoureux de toi.

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Hors ligne Ziame # Posté le 20/05/2009 à 21 h 40
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Citation : Ziame
Si tu veux discuter de poèmes de ta composition, je te conseille de faire un tour sur ce sujet créé par Désolation où elle propose justement aux poètes de la communauté de présenter leurs oeuvres. :)


:) C'est pas mal mais serait plus à sa place dans l'autre sujet je pense (pour présenter aux autres ses propres oeuvres). ;)

Si vous aimez écrire et que vous avez des choses à dire sur l'un des thèmes que couvre notre blog, n'hésitez pas ! ;)
 
Hors ligne christophetd # Posté le 20/05/2009 à 21 h 55
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Mince ça m'était complètement sorti de la tête.
Désolé :)

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Hors ligne neamar # Posté le 08/07/2009 à 11 h 04
Just know the rules...
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Chantre

Et l'unique cordeau des trompettes marines

(apollinaire)

Jamais compris ce poème d'ailleurs...

 
Hors ligne DJ Fox # Posté le 21/07/2009 à 23 h 37
Oh yeah yeah yeah !
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Citation : christophetd
Bonjour,
Je vous propose de poster ici le poème que vous préférez.
Je commence.

Citation : Victor Hugo


Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.

J'irai par la forêt, j'irai par le montagne.

Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.



Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,

Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,

Seul inconnu, le dos courbé, les mains croisées,

Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.



Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,

Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,

Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe

Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.



À vous !


Ce poème de Victor Hugo est sans doute aussi mon préféré. Néanmoins je vous poste un autre poème que j'ai bien aimé.
C'est un poème allemand, alors évidemment je vais le poster en allemand. :)

Schlechte Zeit für Lyrik


Citation : Bertolt Brecht
Ich weiß doch: nur der Glückliche
Ist beliebt. Seine Stimme
Hört man gern. Sein Gesicht ist schön.

Der verkrüppelte Baum im Hof
Zeigt auf den schlechten Boden, aber
Die Vorübergehenden schimpfen ihn einen Krüppel
Doch mit Recht.

Die grünen Boote und die lustigen Segel des Sundes
Sehe ich nicht. Von allem

Sehe ich nur der Fischer rissiges Garnnetz.
Warum rede ich nur davon
Daß die vierzigjährige Häuslerin gekrümmt geht?
Die Brüste der Mädchen
Sind warm wie ehedem.

In meinem Lied ein Reim
Käme mir fast vor wie Übermut.

In mir streiten sich
Die Begeisterung über den blühenden Apfelbaum
Und das Entsetzen über die Reden des Anstreichers.
Aber nur das zweite
Drängt mich, zum Schreibtisch.


L'heure n'est pas à la poésie


Citation : Bertolt Brecht, traduit en français
Je sais bien: On n’aime que
Les gens heureux. Leur voix
Nous plaît. Leur visage est beau.

L’arbre étiolé de la cour
Dénonce l’aridité du sol, mais
Les passants le traitent d’estropié
A juste titre.

Je ne vois
Ni les bateaux verts ni les joyeuses voiles du Sund. De tout cela
Je ne vois que le filet déchiré des pêcheurs.
Pourquoi ne parlé-je que
De la quadragénaire qui chemine le dos voûté?

Les seins des jeunes filles
Sont chauds comme aux temps passés.

Une rime dans ma chanson
Me semblerait presque être une insolence.

En moi s’affrontent
L’enthousiasme à la vue du pommier en fleurs
Et l’effroi lorsque j’entends les discours du barbouilleur.
Mais seul le second
Me pousse à ma table de travail.


Pour comprendre le poème, il faut savoir que Anstreicher (traduit ici par « barbouilleur ») désigne en fait Hitler, qui voulait être peintre. Il est donc désigné péjorativement (Anstreicher désigne un peintre qui travaille dans le bâtiment, qui ne doit que peindre des murs de la même couleur par exemple).
Modifié le 21/07/2009 à 23 h 38 par DJ Fox

PHP Hypertext Preprocessor, Ich liebe es. :) :honte: :pirate:
 
Hors ligne christophetd # Posté le 21/07/2009 à 23 h 55
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Groupe : zAnciens
Merci pour la traduction. :-°
J'avoue que je ne saisis pas vraiment ni le sens complet, ni le rythme de la poésie.
Mais je suppose que ça sonne beaucoup mieux en allemand, faux ?

Sinon, je vous en poste un que je trouve magnifique, que j'ai redécouvert récemment d'ailleurs.

L'albatros



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Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid!
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait!

Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.



Très beau, je trouve qu'il montre comment ont été traités la plupart des grands hommes de l'histoire : Gallilé était moqué et (il me semble) quasiment agressé par d'autres savant lorsqu'il disait que la terre tournait, qu'elle était ronde, et j'en passe ...
Modifié le 22/07/2009 à 09 h 01 par christophetd

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Hors ligne DJ Fox # Posté le 22/07/2009 à 00 h 26
Oh yeah yeah yeah !
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J'ajoute que ce poème est de Baudelaire. :-°

Citation : christophetd
J'avoue que je ne saisis pas vraiment ni le sens complet, ni le rythme de la poésie.
Mais je suppose que ça sonne beaucoup mieux en allemand, faux ?

Oui, ça sonne beaucoup mieux en allemand, mais la traduction est quand même pas trop mal je trouve. Sinon pour le rythme, c'est voulu. Ce n'est pas un poème classique où tout est régulier. C'est un peu plus contemporain quoi.
Pour le sens, il faut se replacer dans le contexte : Brecht a fuit l'Allemagne dans les années 30, et voit tout ce qui se passe dans son pays natal et dans le reste du monde depuis le pays dans lequel il se réfugie.
Ce poème a été écrit en 1937 (Hitler est donc déjà au pouvoir, mais la guerre n'a pas éclaté).

Je peux te filer un extrait de mes notes sur ce poème.

« L’arbre étiolé de la cour
Dénonce l’aridité du sol, mais
Les passants le traitent d’estropié
A juste titre. »
Il décrit le paysage. Le sol n'est pas assez productif pour l'arbre. L'arbre = le régime nazi. Le sol = la vie ou le soldat.

« Je ne vois
Ni les bateaux verts ni les joyeuses voiles du Sund. De tout cela
Je ne vois que le filet déchiré des pêcheurs. »
Cet endroit n'a pas encore été occupé par les Allemands. Il fait allusion à la rareté des vivres et à la pauvreté.

« Pourquoi ne parlé-je que
De la quadragénaire qui chemine le dos voûté ? »
Elle a seulement 40 ans mais elle commence déjà à dépérir.

» Les seins des jeunes filles
Sont chauds comme aux temps passés. »
Beauté

« Une rime dans ma chanson
Me semblerait presque être une insolence. »
Il ne souhaite pas produire de beauté (il n'y a pas de rimes).

« L’enthousiasme à la vue du pommier en fleurs » = fonction d'un poète

« Et l’effroi lorsque j’entends les discours du barbouilleur.
Mais seul le second
Me pousse à ma table de travail. »
Il considère que son rôle, en temps que poète, est d'informer les gens sur ce que prépare Hitler (n'oublions pas, ce poème est écrit en 1937, la guerre n'a pas encore éclaté).
Brecht n'est pas aimé (à travers ce qu'il écrit), pas heureux \neq le régime, les gens heureux.
Dans cette société, c'est l'apparence qui compte.


Il a voulu faire un « poème estropié ». Il n'a pas fait de rimes, les phrases sont simples. La seule chose qui fait que c'est un poème sont les retours à la ligne.


Voilà, si ça peut un peu t'éclairer sur le sens du poème... :)
Modifié le 22/07/2009 à 00 h 30 par DJ Fox

PHP Hypertext Preprocessor, Ich liebe es. :) :honte: :pirate:
 
Hors ligne christophetd # Posté le 22/07/2009 à 08 h 59
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Groupe : zAnciens
Fiou, que de métaphores. :p
Merci pour ces explications, ça paraît plus clair du coup. :)

Citation : Dj Fox
J'ajoute que ce poème est de Baudelaire. :-°


Rajouté. :-°

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Hors ligne Ziame # Posté le 22/07/2009 à 12 h 12
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DJ Fox, si tu veux analyser le poème (ce qui est une très bonne idée), n'hésite pas à créer un nouveau sujet, ça sera plus facile si quelqu'un le recherche un jour (et plus mis en valeur). :)

Si j'ai du temps j'en ferai quelques unes sur des poèmes que j'apprécie particulièrement.

Si vous aimez écrire et que vous avez des choses à dire sur l'un des thèmes que couvre notre blog, n'hésitez pas ! ;)
 

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