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[Débat] L'évolution des langues

Et vous, qu'en pensez vous ?

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Hors ligne Dalshim # Posté le 06/01/2009 à 13 h 42
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Bonjour à tous,

Pour alimenter la série des débats, j'espère que vous trouverez ce sujet intéressant.

Comme vous le savez tous, les langues évoluent. Ainsi nous avons des langues mortes, comme le latin, qui ont, il est indéniable, eu un fort impact sur nos langues actuelles qui n'en sont en fait que des dérivés. Il y en a d'autre qui, sauf si je me trompe, à l'image du breton, sont en train de mourir (ça je suis sûr) et ne font plus parti que d'un héritage culturel (aucune nouvelle langue n'est dérivé du breton si ?).

Toute langue est amenée à évoluer. Ainsi, certaines règles deviennent plus flexible, d'autres disparaissent, de nouveaux mots apparaissent etc..
Je suis personnellement persuadé que dans quelques années ou dizaine d'années (peut être centaines), nous écrierons tous en phonétique et ne nous soucierons plus d'une quelconque orthographe ou règle de grammaire. J'espère que nous en arriverons pas là, mais plutôt qu'un milieu sera trouvé entre la simplification des règles et l'écriture phonétique.

Des tentatives de simplification de notre belle langue française ont déjà été tenté, sans en aboutir pour autant. La raison est simple, si l'on simplifie beaucoup (trop ?) la langue en enlevant les exceptions aux règles, en simplifiant d'autre (qui a dit l'accord du participe passé avec des verbes pronominaux ?), ça risque de mettre quelques personnes au chômage. Tout ce que les profs de français auront appris, tout leur savoir devra être oublié.
Ceci dit, il est reconnu que certaine règles sont compliquées. Par exemple, les professeur des écoles ne sont pas tenu de bien appliqué la règle d'accord des participes passé avec les verbes pronominaux. C'est un écart qui leur est permis sans que cela ne leur coûte.

Et ma question devient celle de la tolérance. Un néologisme d'un jour peut être un mot français le lendemain. Prenons l'exemple du marketing. Le mot français, corrigés moi si je me trompe, est la mercatique. Qui d'entre vous l'utilise ? Il y a de ses mots que tout le monde utilise mais qui ne sont pas encore officialisé. Je ne pense d'ailleurs pas que le texto soit un mot français, pourtant, le Larousse ou le Petit Robert l'a ajouté dans son dictionnaire. Et non, SMS n'est pas plus français. De même, si on comme à tout accepter, on risque de finir par ne parler qu'avec des onomatopées. Toute la subtilité devient alors de trouver le juste milieu, qui, pour moi, dépend bien entendu du contexte dans lequel on se trouve. De la même façon que l'on n'utilise pas le même langage pour s'adresser à un amis ou à une entreprise, un client, un patron, on devrait également faire plus attention à son orthographe et au néologisme lorsqu'on écrit à certaines personnes.

Sur ceux, à vos claviers !
Modifié le 06/01/2009 à 13 h 45 par Dalshim
 
Hors ligne ptipilou # Posté le 06/01/2009 à 15 h 14
Sus à la faute !
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Une première réflexion à chaud : si l'on simplifie (soi-disant) les règles de sa langue, ce n'est pour rien d'autre que pour avouer ses propres faiblesses. Tout comme le niveau du bac (pour ne prendre que cet exemple-là). D'ailleurs, pour poursuivre l'analogie, si le niveau du bac a très nettement régressé, il n'en est pas de même pour les études supérieures... Que faut-il faire, alors ? Baisser le niveau des études et prendre le risque de voir les populations les plus courageuses (et là, c'est un dada chez moi) et celles surtout qui ont le plus d'appétit (qui ont faim d'apprendre, de savoir, de construire, etc.) nous passer allègrement devant dans tous les domaines, y compris ceux que l'on croyait nous réserver (prenez par exemple la littérature française : bientôt, ce seront les étrangers qui la connaîtront le mieux et qui auront le savoir...) ?

Revenons à nos moutons : ma réflexion est la suivante. À force de vouloir absolument baisser notre niveau de compétence, il y aura un jour des choses que nous ne comprendrons plus... et c'est bien dommage, car il s'agit de notre histoire. Oh, bien sûr, tout n'est pas qu'histoire, et il faut penser à l'avenir. Mais une langue est-elle absolument tenue d'évoluer comme ces recommandations de l'Académie (jamais actées, il n'y a qu'à regarder les dicos des différents éditeurs pour se rendre compte à quel point c'est le flou le plus total, un véritable fog ^^ ) le suggéraient ? Commençons d'abord par la connaître, l'appliquer, tous, d'une manière universelle, et s'il y a lieu, une modification basée sur des fondements solides (et non pas pour permettre à celui qui faisait des fautes de ne plus être considéré comme nul en orthographe) peut être envisagée.

Pour les mots d'origine étrangère, toute langue prévoit ses propres codes. Tiens, le français, par exemple. Pour détacher un mot d'origine étrangère, c'est la typographie qui prend le relais. Des codes existent, ils sont utilisés, mais galvaudés, banalisés, et celui qui veut céder à une « tendance » (que je n'aime pas ce mot...) va inventer une nouvelle codification et inciter ses lecteurs à en faire de même. Un tribalisme, un clanisme, en quelque sorte.

Au lieu de trouver ce qui nous fédère, l'heure est à trouver ce qui nous sépare.
Dommage.

Mais il reste - au moins - un village gaulois, les zCorrecteurs ! :p

Cauchemar orthographique (qui a dit sadique ?)
 
Hors ligne Poulpette # Posté le 06/01/2009 à 18 h 34
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Houla, 'faut y aller mollo là, ne mélangeons pas tout.
« Marketing » n'est pas un néologisme, c'est un anglicisme, nuance. « Texto » quant à lui est un nom déposé qui vient de « texte », donc c'est bien français, contrairement à « SMS ».
Et ce n'est pas en ajoutant autant de néologismes, anglicismes, et autres joyeusetés qui nous chantent que nous finirons par ne parler qu'en onomatopées… Pour rappel, une onomatopée consiste à faire un bruit qui ferait penser à la chose dont on veut parler (vroum-vroum, tchou-tchou, cocorico, etc.), donc m'est d'avis que ce n'est pas demain la veille que nous ne parlerons qu'avec ça.

Après, il est certain que les langues évoluent, ça, on ne peut rien y faire.
Les patois (ou langues régionales, on appelle ça comme on veut), c'est une autre histoire… disons que ce sont des dialectes minoritaires, donc pour que ces derniers « évoluent » véritablement je pense qu'il faudrait qu'ils soient bien plus parlés et représentés. Les concernant on peut donc effectivement dire que ce sont des langues mourantes (pas pour toutes je suppose, mais pour beaucoup si).
Là, contrairement aux langues « officielles » (ou plutôt « plus répandues ») la faute incombe, je pense, exclusivement aux parents : ces derniers parlent le dialecte entre anciens, ou à leurs enfants aussi remarquez, mais personne n'oblige ces derniers à parler dans la langue régionale… résultat : on se retrouve avec des « bilingues à sens unique », si je puis dire (personnellement j'en fais partie, et c'est on ne peut plus frustrant après coup), des personnes capable de parfaitement comprendre leur autre « langue maternelle », sans pour autant être capable de la parler.
C'est ça je pense qui tue les langues régionales, et pas tant le fait que des nouveaux mots apparaissent, car comme ces langues sont proportionnellement peu parlées, je ne pense pas qu'elles souffrent autant des abus de langage que les langues officielles.

Pour les langues officielles, ça par contre, c'est une autre histoire… Elles évoluent, en bien et / ou en mal, et ça on ne peut pas franchement y faire grand-chose. On m'a toujours dit (et je suis certaine qu'on a tous éprouvé ce qui suit :D ) qu'il est plus facile de défaire que de faire (c'est vrai après tout, vous mettez trois plombes à ranger une pièce, mais quelques minutes (ou allez, petites heures) suffisent à la mettre de nouveau sans dessus dessous)… je pense que ça vaut aussi pour les langues vivantes.
Le latin est une langue morte dans la mesure où elle n'est plus parlée, mais dans le fond, l'italien n'est qu'une évolution naturelle du latin, alors ma foi… Le peuple romain trouverait l'italien bien moche je pense, tout comme nous trouvons aujourd'hui que le français (écrit surtout) prend un sale tournant.

« La vraie faute est celle qu’on ne corrige pas. » (Confucius)
 
Hors ligne Dalshim # Posté le 06/01/2009 à 20 h 56
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Je dois avouer que je n'avais pas pensé à cet aspect. Ceci dit, peut on parler de régression du niveau si nous simplifions quelque chose que nous avons nous même créé.
Est ce un tort de simplifier une machine si elle finit par faire la même chose sous prétexte que si on la simplifie, cela nécessitera moins de compétence pour la manipuler ?

Les mathématiques ainsi que la physique demandent encore beaucoup de compétences pour découvrir de nouvelles choses, résoudre de nouveaux problèmes. L'histoire demande beaucoup d'apprentissage, l'apprentissage du passé pour mieux guider l'avenir, idem pour la biologie, les sciences de la Terre ainsi que bien d'autres sujets (psychologie, philosophie et autre), ceci dit, je ne pense pas que l'on puisse vraiment parler de baisse de connaissance si on facilite les règles de grammaire. Bien sûr, ma comparaison est abusive, mais elle représente assez bien ce que je pense.

En revanche, je suis d'accord que ces règles portent également notre histoire, et que c'est dommage de ce coté là, mais j'ai l'impression que tu es contre l'évolution d'une langue. Regrettes-tu que l'on ai quitté le vieux français ou bien le latin ?
J'ai fait du latin et suis très content d'avoir pu avoir des cours sur l'étymologie et la culture latine. De par l'apprentissage de la langue, j'ai pu comprendre certaines choses sur le français et en suis content, mais ce n'est pas pour ça que je regretterais la simplification de quelque règles.

Pour Poulpette, désolé pour mes quelques erreurs, je ne savais pas que Texto était un nom déposé. Ensuite, bien sûr, quand je disais qu'on allait parler en onomatopées, c'était une exagération histoire de mettre un peu de piment, un peu de dramatique, pour attirer l'attention.

Enfin, je suis entièrement d'accord avec ce que tu dis sur les langues "officielles"
 
Hors ligne Ziame # Posté le 06/01/2009 à 21 h 06
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Je suis assez d'accord avec Poulpette (intéressant comme sujet soit dit en passant ^^ ).

La langue évolue beaucoup en ce moment je trouve. Quand je dis en ce moment, je compare par rapport aux échos que j'ai du passé (la façon dont mes parents ou grands parents parlent, les livres de différentes époques, films, chansons etc.) et il est vrai que le français correct me semble de moins en moins répandu. Cela dit, comme l'a souligné Poulpette, de tout temps les langues ont évolué. Après, il est aussi un fait à notre époque plus important, c'est que les gens lisent sans doute beaucoup moins qu'il y a quelques dizaines d'années (quand la télévision n'était encore pas très répandue et que l'Internet n'existait pas), ce qui n'aide pas à maîtriser une langue. De plus, pour les "jeunes générations" (je fais peut-être vieux réac en employant ce terme mais ça n'est pas du tout le cas, j'en fais partie de ces "jeunes générations" :D ) se pose aussi le problème de la communication. De nos jours, beaucoup de jeunes communiquent grâce à des outils tels que MSN et autres protocoles de messagerie instantanée, ce qui, bien qu'étant très pratique parfois je ne le nie pas, n'aide pas à apprendre à bien parler et écrire (en effet, on a souvent tendance à abréger pour gagner du temps en oubliant que "le temps que l'on gagne à écrire en SMS, c'est celui que les autres perdent à nous relire), ce que l'on ne fait pas dans une lettre papier...

Bref, grâce (ou à cause) de ces nouvelles technologies et moyens de communication, la langue évolue forcément plus rapidement et ce, à tel point qu'on la voit même évoluer à l'échelle d'une vie (je vois comment d'une manière générale les personnes âgées parlent, je vois comment les adultes "dans la force de l'âge" parlent, comment les jeunes adultes (dont je fais partie) parlent et comment les enfants / adolescents parlent) et surtout entre les trois dernières catégories, l'écart commence à prendre de l'ampleur. Après ce qu'il pourrait être intéressant de savoir serait si ce phénomène existait avec une telle ampleur par le passé ou si ça s'accentue (ce que je pense mais sans en être absolument certain).

Si vous aimez écrire et que vous avez des choses à dire sur l'un des thèmes que couvre notre blog, n'hésitez pas ! ;)
 
Hors ligne Sigyn # Posté le 06/01/2009 à 21 h 55
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Bonsoir,

Je me permets de répondre, je trouve le sujet intéressant :)

Je suis d'accord avec Ziame concernant les nouveaux moyens de communication qui finissent par « abrutir » les gens. Ou non : pour être plus exacte, leur mauvaise utilisation, ayant pour résultat une simplification de la langue. Etant assez jeune (j'ai 15 ans), je constate en effet que la plupart de mes contemporains font des fautes que je faisais en primaire ! o_O A mon avis, cela provient d'une mauvaise éducation. Dans l'enseignement, les professeurs constatent également que le niveau est moins élevé qu'avant : peut-être parce que les parents de ces jeunes (car ce sont eux les plus visés, puisqu'ils contribueront à l'avenir du monde et donc, de la langue française) ont reçu une éducation très stricte, et, ne souhaitant pas faire vivre leur « malheur » à leurs enfants, sont un peu plus laxistes ?
Ou bien, une autre hypothèse que je me suis faite est que la technologie (Internet, GSM, entre autres) sont arrivés si rapidement, et ont évolué très rapidement (souvenez-vous, dans les années 90, les pages du Web...) qu'ils n'ont pas eu le temps de découvrir ces nouveaux moyens, leurs qualités et leurs inconvénients, laissant leurs enfants « surfer » sur le Web comme ils le souhaitaient, sans les informer de la dangerosité d'Internet à cause d'une mauvaise utilisation.

Ces nouveaux moyens de technologie, comme le souligne bien l'auteur de Framablog avec son article Internet et Google vont-ils finir par nous abrutir ? (disponible ici, si vous avez le temps, allez le lire, c'est vraiment intéressant :) ), modifie notre façon de penser : « recevoir de l'information massivement et rapidement ». Telle est, selon moi, la devise de notre société actuelle du « toujours plus vite » (on le constate également en conduite, mais là, je digresse :p ). On ne lit plus de gros bouquins alors qu'on peut avoir des résumés sur Internet rapidement !
Conséquence : les messages brefs des GSM. Comme l'esprit est habitué à la rapidité et à ne plus lire des centaines de pages, il va essayer lui aussi de devenir le plus rapide possible, d'où la création des abréviations. Ces abréviations, combinées à de la fainéantise, ont créé le langage SMS.

Voici donc pour moi la cause de cette perte de la richesse de la langue française. Et, étant amoureuse des mots, ça me fait peur lorsque je vois la nouvelle orthographe admise pour le mot « oignon » (qui peut désormais s'écrire : « ognon », « ile », « aout », et je me limiterai à ces mots, car je suppose que, pour vous aussi, le choc est dur à encaisser :-° ).

Par contre, l'intégration de mots comme marketing ne me dérange pas. En effet, beaucoup de mots étrangers sont entrés dans la langue française : « orange », « jupe », « bivouac », « pingouin », etc. Ça a toujours été ainsi dans l'Histoire : rencontre de cultures, principalement grâce au commerce, entrée de nouveaux mots... Ça nous fait peut-être bizarre car nous n'avons jamais entendu ces mots auparavant dans la langue. C'est, selon moi, juste une question d'habitude. Dans quatre cent ans, peut-être que les chefs d'entreprises utiliseront couramment le mot googler (pour reprendre un exemple du forum :p ), comme nous, qui ne sommes pas étonnés d'utiliser le terme « orange ».

Sur ce, bonne soirée à vous tous :)
Modifié le 06/01/2009 à 21 h 59 par Sigyn
 
Hors ligne Poulpette # Posté le 06/01/2009 à 22 h 07
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Groupe : zAnciens
Citation : Dalshim
Je dois avouer que je n'avais pas pensé à cet aspect. Ceci dit, peut on parler de régression du niveau si nous simplifions quelque chose que nous avons nous même créé.
Est ce un tort de simplifier une machine si elle finit par faire la même chose sous prétexte que si on la simplifie, cela nécessitera moins de compétence pour la manipuler ?

Les chinois ont simplifié leur « orthographe » eux aussi. Voici les chiffres / nombres de 0 à 10 d'abord dans leur écriture traditionnelle (merci à un ami qui me les a écrits, moi j'fais pas de chinois :p ), puis dans leur forme moderne / simplifiée (ça c'est comme en japonais donc c'est plus simple :-° ) :

Image utilisateur

Image utilisateur

Ça voudrait donc dire que la seconde version, c'est du « sms »… pourtant je trouve que cela reste encore assez complexe (un peu moins pour eux, forcément, mais tout de même), ne serait-ce que par tous les sens que chaque signe implique. Nous aussi avons des mots à double sens, mais bon, si on se met à tout réduire, jusqu'à la simple forme phonétique parfois même, où va-t-on ?
Moi comme j'ai pu le dire à différentes reprises (et pas qu'ici il me semble), ce n'est pas tant la simplification qui me dérange… c'est plutôt le fait de tout vouloir simplifier parce qu'on ne veut plus faire d'efforts. Pour moi c'est une nuance énorme. Parfois on simplifie des choses parce que malgré les efforts, la majorité ne parvient vraiment pas à retenir un concept ; on cherche donc à le simplifier, ce qui me semble logique. Mais si la majorité ne fait aucun réel effort, je ne vois pas pourquoi il faudrait tout revoir à la baisse.


Citation : Dalshim
Les mathématiques ainsi que la physique demandent encore beaucoup de compétences pour découvrir de nouvelles choses, résoudre de nouveaux problèmes. L'histoire demande beaucoup d'apprentissage, l'apprentissage du passé pour mieux guider l'avenir, idem pour la biologie, les sciences de la Terre ainsi que bien d'autres sujets (psychologie, philosophie et autre), ceci dit, je ne pense pas que l'on puisse vraiment parler de baisse de connaissance si on facilite les règles de grammaire. Bien sûr, ma comparaison est abusive, mais elle représente assez bien ce que je pense.

Tout est question de richesse. On peut très bien écrire du japonais, du chinois, du coréen, etc., avec l'alphabet latin (et quelques ajouts obligatoires parfois).
Je suis persuadée que pour eux comme pour nous (qui devons nous farcir leurs différents systèmes d'écriture), il serait bien plus facile et pratique d'abandonner leurs graphies traditionnelles au profit de la latine, bien plus répandue de par le monde, et bien plus facile d'accès pour qui que ce soit (parce qu'on n'aille pas nous dire « mais non, eux c'est leur façon d'écrire, c'est facile pour eux » car faut savoir qu'au Japon par exemple, certains ont besoin d'un dictionnaire pour lire certains noms dans les journaux…). Mais ils ne le font pas, n'en n'ont probablement pas envie, et je les comprends (je leur dis même merci :-° ) : sans ça, c'est une partie de leur richesse linguistique qui s'éteint, tant pour la beauté graphique de la chose, que pour tout ce qui va avec (sens, tout ça tout ça).
C'est sensiblement pareil chez nous, même si pour certains ça ne semble pas du tout évident.

Citation : Dalshim
En revanche, je suis d'accord que ces règles portent également notre histoire, et que c'est dommage de ce coté là, mais j'ai l'impression que tu es contre l'évolution d'une langue. Regrettes-tu que l'on ai quitté le vieux français ou bien le latin ?

D'un autre côté difficile de regretter quelque chose qu'on n'a pas connu… tout au plus on peut en avoir envie, mais pas le regretter, donc c'est un peu hors de propos ce que tu dis là. :)


Sinon je suis globalement d'accord avec ce qu'a dit Ziame.

« La vraie faute est celle qu’on ne corrige pas. » (Confucius)
 
Hors ligne Dalshim # Posté le 06/01/2009 à 23 h 06
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Citation : Poulpette

Je suis persuadée que pour eux comme pour nous (qui devons nous farcir leurs différents systèmes d'écriture), il serait bien plus facile et pratique d'abandonner leurs graphies traditionnelles au profit de la latine, bien plus répandue de par le monde, et bien plus facile d'accès pour qui que ce soit (parce qu'on n'aille pas nous dire « mais non, eux c'est leur façon d'écrire, c'est facile pour eux » car faut savoir qu'au Japon par exemple, certains ont besoin d'un dictionnaire pour lire certains noms dans les journaux…). Mais ils ne le font pas, n'en n'ont probablement pas envie, et je les comprends (je leur dis même merci :-° ) : sans ça, c'est une partie de leur richesse linguistique qui s'éteint, tant pour la beauté graphique de la chose, que pour tout ce qui va avec (sens, tout ça tout ça).
C'est sensiblement pareil chez nous, même si pour certains ça ne semble pas du tout évident.


C'est vrai que pour le japonais, je trouverai dommage d'abandonner les kanjis, hiragana et katakana pour notre alphabet. J'ai pu faire du Japonais et j'en ai baver pour apprendre leurs alphabets, pourtant, je trouve que c'est ce qui fait le charme de cette langue.
Cependant, d'autres alphabets, que l'on n'a pas connu, on bien disparu au profit de certains autres. Il faut comprendre que tout ce que je dis n'ai pas forcément quelque chose que je souhaiterai voir arriver, mais plutôt quelque chose qui je pense pourrait arriver.

Personnellement, je suis bien trop scientifique (à prendre dans le sens mathématique et physique et autres sciences exactes si c'est bien comme cela qu'on les appelle) pour pouvoir bien apprécier et surtout comprendre les sciences humaines. J'ai également été ce que l'on appelle communément un kikoolol, ça ne sert à rien que j'essaie de le nier. Savage corrigeait à l'époque ce que j'écrivais, et je vous jure que depuis l'époque je me suis bien amélioré (imaginez seulement ce que ça pouvait bien être alors). C'est à ce moment que j'ai commencé à être sensibilisé, et ce n'est qu'il y a très peu de temps que je me suis dit qu'il faudrait que j'apprenne à écrire correctement (je n'ai pas la prétention d'arriver à écrire parfaitement). Malgré ça, ait beaucoup de mal à trouver la motivation pour bien m'y mettre. J'essaie de me relire au maximum, mais parfois pressé, je ne me relie que "histoire de", très vaguement, pour garder la conscience tranquille, et laisse passer des fautes grosses comme ce n'est pas possible. Il faut que j'apprenne à prendre mon temps.

Tout ce beau discours pour vous dire que votre point de vue plus humaniste m'est totalement (ou presque) inconnu, je découvre vos arguments et en fait change d'avis au fil de la discussion. Ce que vous avez, c'est l'avis très peu forgé de quelqu'un qui parle de quelque chose qu'il ne connait pas vraiment, mais il est toujours intéressant d'avoir les différents avis.

Enfin, est ce que vous pourriez me dire ce que vous pensez de mon point sur la tolérance. Qu'est ce que vous pensez de toutes les fautes que vous pouvez trouver un peu partout (et que vous remarquez contrairement à moi).
Aussi, les résultats d'un sondage fait par le journal de notre école l'année dernière ou il y a deux ans disais que, les recruteurs ne trouvaient plus indispensable qu'il n'y ait pas de fautes de français dans les CV et lettres de motivations des candidats, mais que c'était juste un plus. On pourrait parler d'un "gain de terrain" de la "mal écriture", non ? Qu'en pensez vous ?
 
Hors ligne dworkin # Posté le 07/01/2009 à 15 h 42
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Eh bien moi je t'assure que dans ma boite, un CV comportant une faute d'orthographe passe à la trappe illico. Même chose pour une lettre de motivation.

Et quoi qu'ait pu dire ton sondage, il me semble que c'est le cas dans un très grand nombre de boites encore à l'heure actuelle.

;)

PS : surtout en période de chômage massif comme actuellement, le moindre critère de ce genre est éliminatoire.

N'ayons l'air de rien... Soyons désinvoltes...
petit lien - paquet cadeau - Calendrier 2009- What is 2.0 ?
 
Hors ligne ptipilou # Posté le 07/01/2009 à 22 h 22
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Oui, c'est vrai, à ceci près qu'on rencontre des recruteurs qui n'ont pas toujours le niveau pour relever des fautes. Mais il est vrai qu'entre deux candidatures, on prendra plus en compte celle qui en révèle le moins grand nombre.

Cauchemar orthographique (qui a dit sadique ?)
 
Hors ligne Ziame # Posté le 08/01/2009 à 22 h 12
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Citation : Dalshim
Enfin, est ce que vous pourriez me dire ce que vous pensez de mon point sur la tolérance. Qu'est ce que vous pensez de toutes les fautes que vous pouvez trouver un peu partout (et que vous remarquez contrairement à moi).
Aussi, les résultats d'un sondage fait par le journal de notre école l'année dernière ou il y a deux ans disais que, les recruteurs ne trouvaient plus indispensable qu'il n'y ait pas de fautes de français dans les CV et lettres de motivations des candidats, mais que c'était juste un plus. On pourrait parler d'un "gain de terrain" de la "mal écriture", non ? Qu'en pensez vous ?


Personnellement, quand je vois des textes pleins de fautes, j'ai deux impressions (qui dépendent du texte), soit l'auteur ne s'est pas relu (des fois je reçois des messages sur le Site du Zéro par exemple avec des trucs du genre "etc 'et pas bien fais" pour lesquels visiblement l'auteur n'a pas du tout pris le temps ni de se relire, ni de se lire quand il écrivait) et quand je vois ça, je ne dis rien par correction, mais ça m'attriste quand même un peu qu'il y ait des gens qui n'aient pas le respect d'au moins se relire pour éviter les énormités du genre espace décalée au milieu du mot ou phrase qui ne veut strictement rien dire, soit, et c'est le deuxième cas, il s'agit de quelqu'un qui essaye mais a des difficultés (et ça se différencie très bien de la première catégorie dont j'ai parlé au dessus). Pour ceux là, c'est plutôt pour eux que je trouve ça dommage car ça ferme des portes comme l'a dit dworkin et ça limite dans l'expression (on est toujours beaucoup plus lu quand on ne faut pas ou peu de fautes que quand on en fait plein). Mais bon, je me dis que ceux qui veulent arriver à mieux écrire le peuvent, surtout de nos jours où on peut facilement trouver toutes les ressources dont on a besoin (ce site-ci par exemple ^^ ).

Ensuite pour le "gain de terrain de la mal écriture", je ne sais pas trop... Il ne faut pas perdre de vue qu'il y a un peu plus de 100 ans, un pourcentage relativement faible de la population savait lire et écrire correctement, donc là au point de vue du taux d'alphabétisation, c'est quand même mieux globalement. Par contre, il y a toujours des problèmes et il y en aura toujours (tout le monde ne peut pas maîtriser parfaitement une langue, d'autant plus une comme le français, réputée pour être assez difficile par rapport à d'autres).

D'ailleurs, ça me fait rebondir sur un sujet que j'ai vécu récemment (hier en fait). Pour une colle de français, j'avais une retranscription d'une conférence donnée par D. Kessler à l'occasion du passage à l'an 2000 sur "la science des risques", les propos, bien que très fouillés et intéressants, avaient cependant tendance à annoncer qu'avec les nouvelles technologies, l'évolution de la société... les risques augmentaient. Cependant, ce qui n'était que très peu traité dans l'extrait de la conférence dont je disposais par ailleurs, c'est comme partout, les risques augmentent parce qu'on les imagine augmenter, on a peur de ce que l'on connaît pas, du futur et il y a toujours une certaines nostalgie du passé (quand les avions n'existaient pas, ils ne s'écrasaient pas), mais il faut quand même garder à l'esprit tout ce que l'évolution a permis et a fait gagner (et quand on compare les niveaux de vie, espérances de vie etc entre maintenant et il y a quelques centaines d'années, on voit que, du moins dans nos régions, ça s'est beaucoup amélioré, mêmes s'il reste des problèmes). Bref, je me suis un peu éloigné du sujet mais c'était pour souligner le fait que si la langue est beaucoup plus "maltraitée", c'est aussi parce qu'elle est beaucoup plus pratiquée et par davantage de monde que par le passé. Ce qui serait plutôt finalement un point positif.

Si vous aimez écrire et que vous avez des choses à dire sur l'un des thèmes que couvre notre blog, n'hésitez pas ! ;)
 
Hors ligne gigedine # Posté le 13/01/2009 à 20 h 09
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Bonsoir tout le monde ! :)

Je faisais quelques recherches sur un tout autre sujet lorsque je suis tombée sur un texte de Victor Hugo qui m'a fait réfléchir.

Citation : Préface de Cromwell
Elle peut oser, hasarder, créer, inventer son style ; elle en a le droit. Car, bien qu'en aient dit certains hommes qui n'avaient pas songé à ce qu'ils disaient, la langue française n'est point fixée et ne se fixera point. Une langue ne se fixe pas.

L'esprit humain est toujours en marche, ou, si l'on veut, en mouvement, et les langues avec lui. Les choses sont ainsi. Quand le corps change, comment l'habit ne changerait-il pas ? Le français du dix-neuvième siècle ne peut pas plus être le français du dix-huitième, que celui-ci n'est le français du dix-septième, que le français du dix-septième n'est celui du seizième. La langue de Montaigne n'est plus celle de Rabelais, la langue de Pascal n'est plus celle de Montaigne, la langue de Montesquieu n'est plus celle de Pascal. Chacune de ces quatre langues, prise en soi, est admirable, parce qu'elle est originale. Toute époque a ses idées propres, il faut qu'elle ait aussi les mots propres à ses idées.

Les langues sont comme la mer, elles oscillent sans cesse. À certains temps, elles quittent un rivage du monde de la pensée et envahissent un autre. Tout ce que leur flot déserte ainsi sèche et s'efface du sol. C'est de cette même façon que des idées s'éteignent, que des mots s'en vont.

Il en est des idiomes humains comme de tout. Chaque siècle y apporte et en emporte quelque chose. Qu'y faire ? Cela est fatal. C'est donc en vain que l'on voudrait pétrifier la mobile physionomie de notre idiome sous une forme donnée. C'est en vain que nos Josué littéraires crient à la langue de s'arrêter ; les langues ni le soleil ne s'arrêtent plus. Le jour où elles se fixent, c’est qu'elles meurent. — Voilà pourquoi le français de certaine école contemporaine est une langue morte. [...]


Moi qui étais réfractaire à toute tentative de simplification des règles de grammaire et orthographe, car après tout les difficultés de la langue française font tout son charme, je me retrouve presque bête devant ce texte de Hugo. Je trouve ses propos très justes (ce n'est que mon humble avis). Par contre, je trouverais dommage, et ce serait dramatique, que la langue française devienne un champ de n'importe quoi avec son style sms et autre chat. Oui à l'évolution (de là à simplifier les règles, je ne suis pas convaincue...) si chacun fait l'effort de garder notre langue belle. Utopie ? :-°

Gigedine

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Hors ligne Ziame # Posté le 13/01/2009 à 23 h 12
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Bonsoir,

effectivement, je pense que son texte n'est pas à prendre comme une justification à toute évolution de la langue mais plutôt comme une explication (et justification) à l'évolution naturelle, celle qui est causée par l'apparition de besoins nouveaux et la disparition d'autres besoins.

Bref, cela mis à part, il n'y a pas à dire, Victor Hugo maîtrisait la langue (et pas uniquement celle de son époque). :)

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Hors ligne Dalshim # Posté le 14/01/2009 à 13 h 19
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Bref, cela mis à part, il n'y a pas à dire, Victor Hugo maîtrisait la langue (et pas uniquement celle de son époque). :)
Ce qui donne toute sa valeur au texte.

Je ne connaissais pas, mais il est vrai que ce texte fait réfléchir, merci de nous faire partagé cette découverte gigedine.
 
Hors ligne Dalshim # Posté le 19/01/2009 à 17 h 58
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En parcourant l'Internet, je suis tombé sur un site. Il vaut ce qu'il vaut, mais même s'il n'a pas l'air d'une source vraiment fiable, je pense que ce qu'il dit n'est pas bête et il semble tout de même bien documenté.
http://bbouillon.free.fr/univ/hl/Fi […] urs/intro.htm
Bon, le site est très mal fait, donc pour avoir le sommaire, il faut aller à cette URL : http://bbouillon.free.fr/univ/hl/hl.htm

je vous laisse lire l'article, mais en gros, il explique l'évolution des langues comme un continuel mouvement vers la facilité. Ainsi, on est passé du latin, une langue relativement complexe (j'ai bien dit relativement), au français et autre langues dérivés, relativement aisé (relativement encore).
 
Hors ligne Ziame # Posté le 19/01/2009 à 18 h 46
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Ce qu'il dit n'est pas faux et certains exemples sont assez pertinents.

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Hors ligne ptipilou # Posté le 21/01/2009 à 10 h 48
Sus à la faute !
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+1. C'est un avis qui n'engage que lui, tout de même... Vers la facilité, peut-être, mais pas vers le n'importe quoi décrié par nous autres !

J'ai le même sentiment que gigedine à propos de la réflexion de Victor Hugo.
Mais au départ, j'estime nécessaire de maîtriser un minimum la langue et son écriture pour pouvoir l'alléger, ce qui est très loin d'être le cas.

L'alphabétisation me fait penser à l'accès au bac... Je n'en parlerai pas davantage, m'étant déjà (longuement) exprimé à ce sujet ailleurs. Mais une chose, cependant : si l'on donne un plus grand accès au plus grand nombre en ce qui concerne les minima, il ne faut pas inciter ce plus grand nombre à rester à ces minima, il me semble (mais là aussi, comme partout, je peux me fourvoyer) que c'est là qu'on s'arrête... faute de courage.

Ah, l'effort... et la responsabilité... :-°

Cauchemar orthographique (qui a dit sadique ?)
 
Hors ligne Ziame # Posté le 24/01/2009 à 17 h 02
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Citation : ptipilou
Mais au départ, j'estime nécessaire de maîtriser un minimum la langue et son écriture pour pouvoir l'alléger, ce qui est très loin d'être le cas.

Je ne peux que manifester ma solidarité avec toi concernant ce point.

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