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Erreurs récurrentes : la douzaine s’il vous plaît !

Noms des jours et mois en minuscules, concert/conserve, choix de l’auxiliaire du verbe convenir…

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Catégorie : Erreurs courantes

Écrit par Ziame, Tûtie, le 10/07/2013 à 12 h 39 | Commenter ce billet (3 commentaires)

Alors que le soleil estival darde ses rayons à travers les réminiscences d’un hiver révolu suivi d’un froid printemps, l’on oublierait presque l’adage « En avril, ne te découvre pas d’un fil ; en mai, fais tout ce qu’il te plaît ; en juin, tu ne te vêtiras d’un rien. » Mais d’ailleurs, faut-il mettre des majuscules aux noms des mois ? des jours ? Nous répondrons à cette question, source d’erreurs très fréquentes, au cours de cet article, ainsi qu’à plusieurs autres interrogations que vous pouvez vous poser (ou non, mais quoi qu’il en soit, un rappel ne peut jamais faire de mal) !


Sommaire





Pas de majuscule aux noms des mois ni des jours !



Tout est dans le titre ! La règle est simplissime mais pour autant trop souvent méconnue ou ignorée : il ne faut jamais mettre de majuscule aux noms des mois ou des jours (à part, bien sûr, dans le cas où ceux-là se trouvent être en début de phrase).

Citation : Exemples
Le 1er mai, j’offrirai du muguet à ma mère et à ma fiancée.
C’est le lundi de Pentecôte que j’irai visiter le château de Chenonceau.
Aujourd’hui, nous sommes le mercredi 24 avril 2013.


C’est une erreur que l’on a de plus en plus souvent tendance à voir, du fait peut-être de l’influence de l’anglais (langue dans laquelle mois et jours prennent bien une majuscule). Cependant, n’oublions pas que si les règles de typographie diffèrent selon les pays, l’on ne peut pas appliquer celles-là selon son bon vouloir ; le résultat pourrait être assez surprenant. Prenons l’exemple de l’allemand. Dans cette langue, tous les noms communs prennent une majuscule. Ainsi, la phrase « Je suis physicien de profession. », ne prenant qu’une majuscule en français, s’écrira en allemand « Ich bin ein Physiker von Beruf. ». Imaginez à présent que l’on applique cette règle en français, cela donnerait « Je suis un Physicien de Profession. » (ce qui, pour le coup, a une apparence assez étrange).

Aller de concert ou aller de conserve ?



Boîtes de conserve allant de conserve — Illustration par Tûtie
Boîtes de conserve allant de conserve
Illustration par Tûtie
Attention, ces deux locutions, proches de par leur sonorité et souvent mal connues, n’ont pas le même sens. En effet, « aller de conserve » est une expression issue de la marine qui signifie, à l’origine, pour des bateaux « aller ensemble ». Si celle-ci ne se limite plus, de nos jours, au domaine de Poséidon, elle demeure néanmoins liée à une idée de mouvement et sera employée avec des verbes afférents (voyager, aller, venir, partir, naviguer…).

D’ailleurs, l’origine du mot conserve va dans le sens actuel de cette locution. « Con » provient de cum signifiant avec en latin, et « serve » dérive de servo, as, are (latin) signifiant « sauver, préserver » mais aussi « garder ». En effet, dans des temps reculés où effectuer un voyage en mer n’était pas sans périls, aller de conserve permettait à des navires de se protéger mutuellement et de décourager les pirates.

Citation : Exemples
La Pinta, la Niña et la Santa María ont voyagé de conserve jusqu’à découvrir les Amériques.
Les navires croisent de conserve afin d’échapper aux pirates, nombreux dans cette mer.


L’expression « de concert » a, quant à elle, la même origine que concertation. Cela équivaut à dire « en harmonie » ou « après concertation ». Nous voyons donc que le sens de ces deux locutions est quand même sensiblement différent.

Citation : Exemples
La gendarmerie et la police ont œuvré de concert pour mettre un terme aux agissements de la mafia.
Ils ont planifié cet événement de concert avec la mairie du village.
C’est de concert que nous avons décidé qu’il serait mieux que nous nous séparions.


Il est pire de dire « moins pire » que « mieux »



Pire est le comparatif de supériorité de l’adjectif mauvais (« le goût du tripoux au chocolat est pire que celui de la morue aux fraises ») ou son superlatif (« c’était la pire chose que j’ai jamais mangée »), ce n’est pas un adjectif de comparaison !

Attention, car dire « moins pire que » n’a strictement aucun sens (aussi peu que de dire « moins plus mauvais que ») et aucune tolérance n’existe sur ce point.

Notons aussi que pire ne peut être employé comme adverbe.

Trop et très



Trop est un adverbe de quantité signifiant « Plus qu’il ne faut, avec excès. » (Dictionnaire de l’Académie française, 8e édition), il n’est aucunement équivalent à très. Ainsi, on ne peut pas dire, par exemple, « j’ai trop faim » à la place de « j’ai très faim ».

Les seules occasions pour lesquelles l’adverbe trop peut être employé avec le sens de fort concerne les phrases de politesse, comme « vous êtes trop aimable ».

Avoir convenu ou être convenu ?



Source fréquente d’erreurs que le verbe convenir ! Et pour cause, celui-ci revêt deux significations différentes, l’une entraînant une conjugaison à l’aide du verbe avoir et l’autre à l’aide du verbe être pour les temps composés.

Lorsque convenir signifie « correspondre aux besoins, aux goûts, aux aptitudes de quelqu’un, s’accorder à une situation » (Dictionnaire de l’Académie française, 9e édition), celui-ci se conjugue avec l’auxiliaire avoir.

Citation : Exemples
Les arrangements que nous avons pris lui ont convenu.
Cette posture aurait convenu à la situation s’il y avait alors pensé.
Ces exercices faciles ont convenu aux élèves.


Mais lorsqu’il signifie un accord entre plusieurs personnes, il se conjugue avec l’auxiliaire être.

Citation : Exemples
Le premier ministre et le président sont convenus qu’il fallait agir.
Il est convenu entre eux qu’ils ne parleront de cela à personne.
Êtes-vous convenus de quelque chose pour la sortie du week-end prochain ?


Il convient (c’est le cas de le dire !) d’être particulièrement prudent quant à ce dernier usage que beaucoup de gens tendent à assimiler au premier en conjuguant avec l’auxiliaire avoir quel que soit le sens. Cela étant, c’est comme si deux verbes différents existaient. Ainsi, même si cela demeure évidemment compréhensible, il est faux de dire que « deux personnalités politiques ont convenu de […] », la phrase correcte serait « deux personnalités politiques sont convenues de […] » (sans oublier l’accord du participe passé).


Nous espérons que ces quelques rappels vous auront été utiles et aurons le plaisir de vous retrouver bientôt pour un prochain billet sur les erreurs courantes !

Références






3 commentaires sur ce billet

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Auteur Message
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Hors ligne micky
# Ajouté le 15/07/2013 à 17 h 53
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Groupe : Administrateurs
Responsable zCorrection
Merci beaucoup pour tous ces rappels et ces explications bien pratiques, Ziame ! :)

Et merci à Tûtie pour l’excellente illustration. ;)
Modifié le 15/07/2013 à 17 h 54 par micky
 
Hors ligne Cyberpen
# Ajouté le 05/08/2013 à 00 h 02
Les fautes ? C'est démodé.
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Groupe : zCorrecteurs
Douzième édition toujours aussi intéressante.

Le seul défaut que je pourrais lui attribuer serait d'être un peu plus courte que les précédentes. ;)
Modifié le 05/08/2013 à 00 h 03 par Cyberpen
 
Hors ligne Ziame
# Ajouté le 05/08/2013 à 16 h 01
Arx Tarpeia Capitoli proxima
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Groupe : Administrateurs
En volume peut-être, mais le nombre de points abordés est de l'ordre de ce que l'on fait d'habitude. ;)

Ça me fait penser que je pourrais en rédiger un nouveau d'ailleurs.