Aller au menu - Aller au contenu

Centre d'aide Vous êtes ici : zCorrecteurs.fr > Blog > Francophonie > Le français est-il « has been » ? > Lecture du billet

Le français est-il « has been » ?

La loi Fioraso autoriserait un enseignement étendu en anglais dans les universités…

Nous suivre : flux RSS du blog | Twitter | Facebook

Catégorie : Francophonie

Écrit par Ziame, le 14/04/2013 à 17 h 23 | Commenter ce billet (9 commentaires)

Un projet de loi visant à une réforme des universités françaises a été présenté en conseil des ministres par Geneviève Fioraso (ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche) le 20 mars dernier. Celui-ci permettrait, entre autres choses et s’il était adopté, de dispenser les enseignements universitaires dans d’autres langues que le français (notamment en anglais, pour n’en citer qu’une), ce qui était jusqu’à présent interdit par la loi Toubon (imposant que les cours soient donnés dans la langue de la République).


Jusqu’à présent…



Image utilisateur
La Liberté guidant le peuple, Eugène Delacroix
Actuellement, la langue d’enseignement en université était fixée par la loi Toubon[1], adoptée le 1er juillet 1994. Celle-ci visait, à l’époque de sa rédaction, à protéger la langue française et le patrimoine culturel lié à la francophonie via une série de mesures telles que l’obligation d’utiliser la langue française sur les produits mis en vente (à quelques exceptions près), l’obligation de dispenser les enseignements (notamment universitaires) en français sur le territoire de la République (lorsqu’il ne s’agit pas d’enseignements de langues étrangères et lorsque l’intervenant n’est pas lui-même étranger)…

La loi Toubon a pour autre objectif de favoriser le multilinguisme au bilinguisme (français-anglais, notamment) en imposant par exemple que lorsque des traductions sont données à des textes ou indications françaises, celles-ci soient au minimum au nombre de deux.

De plus, l’article 11 du décret d’application de cette loi (de 1996) impose aux institutions de l’État d’employer le français pour tous les documents émis par celles-ci en utilisant le vocabulaire défini par le Journal Officiel en préférence d’équivalents en langue étrangère.

La loi Fioraso



La proposition de loi émise par le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Mme Geneviève Fioraso, le 20 mars dernier, remet en cause l’application de la loi Toubon à l’enseignement universitaire en France. Celui-ci pourrait être dispensé dans d’autres langues (comprendre, en anglais) selon la volonté des universités. Cela permettrait, selon le ministre, d’« améliorer l’attractivité de l’enseignement supérieur français
vis-à-vis des étudiants étrangers. »[2]

Citation : G. Fioraso au journal Libération (20 mars 2013)
« Si nous n’autorisons pas les cours en anglais, nous n’attirerons pas les étudiants de pays émergents comme la Corée du Sud et l’Inde. Et nous nous retrouverons à cinq à discuter de Proust autour d’une table, même si j’aime Proust… »


En réalité, une telle loi serait la porte ouverte à un certain nombre de dérives ayant lieu actuellement dans certaines universités ou écoles d’ingénieur, commençant d’ores à déjà à dispenser en toute illégalité leurs enseignements en anglais, au prétexte d’une internationalisation de leur cursus. C’est pourquoi cette loi (et particulièrement ce qui concerne la remise en cause de l’application de la loi Toubon aux enseignements) est vivement critiquée par de nombreuses institutions (l’Académie française en tête, par l’intermédiaire d’un communiqué officiel disponible sur leur site internet[3]), des associations de défense de la langue française (Francophonie Avenir, Avenir de la Langue française…), des journaux (L’Express…), des syndicats (UNEF, CGT, FO, FSU, Sud Solidaire…) ainsi que des personnalités reconnues dans le domaine de la francophonie (tel Bernard Cerquiglini, recteur de l’agence universitaire de la francophonie).

Quel pourrait être l’impact d’une telle loi ?



S’il est évident que l’anglais est davantage parlé dans le monde que le français et que, de ce fait, les cours seraient plus accessibles aux étudiants étrangers arrivant en France s’ils étaient dispensés dans la langue de Shakespeare, une telle mesure n’inciterait pas à l’apprentissage du français. En effet, pourquoi apprendre une langue si celle-ci n’est finalement bonne que pour faire les courses et que toute communication impliquant des enjeux doit être effectuée en anglais ? Les cours en français (et pas seulement les cours « de français ») sont une opportunité pour les étudiants étrangers d’apprendre notre belle langue. D’après une étude menée par TNS Sofres, 37 % des étudiants étrangers en France auraient choisi ce pays pour l’apprentissage de la langue.

Qui plus est, une telle mesure pourrait, outre le revers qu’elle impliquerait pour notre patrimoine linguistique et la francophonie, avoir aussi l’effet inverse. Comment notre enseignement pourrait-il être attractif par rapport aux enseignements d’autres pays si nous-mêmes ne le respections pas et cherchions à le calquer sur le modèle anglo-saxon ? Pourquoi un étudiant étranger préférerait-il venir étudier et travailler dans le même temps son anglais en France plutôt qu’au Royaume-Uni ou en Australie (pays où, l’anglais étant la langue officielle, elle doit y être mieux parlée), par exemple ?

Cela repose sur un sentiment assez généralisé en France (et notamment dans l’enseignement supérieur) qui consiste à penser que le français est dépassé sur la scène internationale et que, pour être compétitif, tout doit se faire en anglais. Or la réalité est légèrement différente. L’Agence universitaire de la francophonie compte à elle seule pas moins de 786 établissements d’enseignement supérieur et de recherche (dans 98 pays) qui emploient le français pour leurs activités.[4] Dès lors, comment pourrions-nous justifier la position de la France et du français sur la scène internationale vis-à-vis des universités étrangères travaillant dans notre langue, si la France elle-même abandonnait le français dans ses établissements d’enseignement supérieur ?

En outre, si l’anglais est majoritairement employé pour tout ce qui concerne la communication internationale, rappelons que ce n’est pas la seule langue qui reste utilisée. D’autres pays continuent à assumer leur patrimoine linguistique hors de leurs frontières, et notamment en recherche scientifique, domaine pourtant largement dominé par l’anglais (exemple des nombreux journaux scientifiques en langue allemande, Nachrichten aus der Chemie, Chemie in unserer Zeit…).


Enfin, et pour conclure cet article, il semblerait que si Napoléon Bonaparte disait au début du XIXe siècle que « notre ridicule défaut national est de n’avoir pas de plus grand ennemi de nos succès et de notre gloire que nous-mêmes », la donne n’ait pas changé à l’heure actuelle, bien au contraire… Espérons que les manifestations de mécontentement aussi différentes que nombreuses des acteurs de la langue française feront entendre raison au gouvernement qui ne poursuivra pas dans cette voie, à terme fatale pour notre langue et notre culture.

Liens utiles et références



  1. Loi Toubon sur Légifrance
  2. Projet de loi d’orientation sur l’enseignement supérieur et la recherche
  3. Communiqué officiel de l’Académie française en réponse à la proposition de loi du 20 mars 2013
  4. Description de l’Agence universitaire de la francophonie


9 commentaires sur ce billet

Page : 1 
Auteur Message
Page : 1 
Hors ligne Cyberpen
# Ajouté le 15/04/2013 à 11 h 23
Les fautes ? C'est démodé.
Avatar
Groupe : zCorrecteurs
Un article intéressant au même titre qu'alarmant. Je suis également contre cette mesure.

Si l'on prend l'exemple québecois, le français n'a pu survivre qu'au-travers de lois de ce type, luttant contre l'anglais omniprésent (y compris à l'intérieur du pays). Des lois qui vont par ailleurs nettement plus loin que le simple enseignement et imposent que la plupart des appellations et étiquettes soient traduites dans la langue de Molière. Il sera par conséquent aisé de lire « Joyeux festin » en lieu et place du célèbre « Happy meal ».

J'ai récemment lu l'article suivant sur Slate qui décrit un phénomène de maladie mentale globale en France. Une perte d'espoir collective notamment causée, en plus de la crise, par un sentiment de perte d'identité. À mon humble avis, cet état de fait semble bien juste. On dit que le français est chauvin, j'imagine que c'est vrai, mais défend-t-il pour autant sa culture, ses traditions, et son pays avec la même férocité que le feraient la plupart des autres pays ? Je ne le pense pas. Le français à la langue plus critique qu'élogieuse envers sa patrie. Comment dans ces conditions sortir un peu la tête de l'eau ?

Pour en revenir à la loi dont nous conversons, étant donné le contexte actuel, la question que je me pose est la suivante :
Doit-on sacrifier notre langue et une partie de notre culture pour rendre la France plus attractive (en admettant qu'un tel procédé porte ses fruits) ?
Modifié le 15/04/2013 à 11 h 35 par Cyberpen
 
Hors ligne Ziame
# Ajouté le 15/04/2013 à 12 h 28
Arx Tarpeia Capitoli proxima
Avatar
Groupe : Administrateurs
Merci pour ton commentaire, Cyberpen.

Je pense pour ma part qu'il y a plusieurs phénomènes qui rentrent ici en jeu. Si l'on oublie son côté pratique lorsqu'il s'agit de communiquer entre personnes de différents pays, l'un des aspects est que l'anglais est à la mode (ça fait branché de mettre des mots d'anglais un peu partout dans ses phrases et certains en arrivent à oublier que le français ne fait pas « pecno », que c'est une langue qui a été utilisée pendant longtemps dans les sciences, par des philosophes, des écrivains, des cinéastes, etc. et qui est appréciée aussi en dehors de nos frontières pour ces raisons).

Ensuite, si certaines entreprises passent à l'anglais en dépit de la loi Toubon pour des raisons pratiques, ça ne m'étonne guère (les considérations culturelles n'étant pas la priorité de la plupart), mais là où cela me choque, c'est quand cette mesure est soutenue par le gouvernement, censé être justement garant de l'intégrité de notre culture, dont la langue fait partie. Si même les personnes censées défendre cette culture et les intérêts de la France décident de prendre des mesures allant dans le sens contraire, c'est effectivement le signe d'un véritable problème.

La citation de Napoléon que j'ai utilisée pour conclure mon billet me semble aller dans le même sens que ton propos. Si le français est en perte de vitesse, ce n'est pas principalement de la faute de l'anglais ni des anglophones mais bien des français. J'ai pu constater une chose amusante dans mon école d'ingénieur où nous avons régulièrement des présentations d'entreprises : les entreprises anglosaxones font leurs présentations en français et les entreprises françaises (je pense à Veolia en l'occurrence), en anglais... J'ai parfois l'impression que certaines entreprises françaises se sentent frustrées d'être françaises et cherchent à compenser cela en étant plus anglophiles que les entreprises anglosaxonnes qui, elles, s'adaptent aux pays où elles s'implantent...
Modifié le 15/04/2013 à 12 h 49 par Ziame
 
Hors ligne yvesress
# Ajouté le 15/04/2013 à 20 h 40

Membres
Preuve s'il en est de la décadence de nos "élites", qui sont plus promptes à baisser leur pantalon qu'à relever leurs manches ! Pauvre France...
Modifié le 15/04/2013 à 20 h 41 par yvesress
 
Hors ligne Thunderpigeon
# Ajouté le 17/04/2013 à 18 h 13
Hic sumus ad amandum
Avatar
Membres
Merci pour cet excellent billet, Ziame, bien qu'il n'y ait pas matière à sourire.

Je remarque également l'amplification de ce phénomène dans l'enseignement supérieur en général ... mais aussi dans le monde de l'entreprise, où pour des raisons de praticité, de flemme, de coût de traduction ou, comme tu l'as si bien fait remarquer, de "honte" d'être français, les collaborateurs rédigent leur rapport dans la langue de Shakespeare. Faut-il s'en inquiéter ? D'aucuns diront que "c'est comme ça, on ne peut rien y faire, il faut s'adapter". Soit. L'adaptation au changement est le mal nécessaire de toute innovation, aussi incrémentale soit-elle. Cependant, ici, le changement ne me semble pas justifié, pour toutes les raisons que tu invoques dans ton article (et d'autres plus perverses et moralement indéfendables que le gouvernement tente d'occulter). Mais y résister, c'est presque avouer son manque de maîtrise d'une langue "internationale" que tout le monde est sensé au moins balbutier...

Les illustrations du phénomène de "transgression" à la loi Toubon ne manquent pas, avec d'ailleurs des fortunes diverses dans les tentatives (polycopiés de cours traduits mot-à-mot (par ex. for illustrating the purpose sensé traduire "pour illustrer le propos"), rapports comprenant trois ou quatre fautes de langue par page...). On rédige en anglais, certes, mais on fait cela à la va-vite, car on n'a pas le niveau. Oh, il y a bien trois-quatre formations, quelques heures de cours, mais sont-elles suffisantes pour rattraper huit ou neuf ans d'enseignement archaïque des langues ? Les rapports perdent donc en consistance, leur vocabulaire s'appauvrit, et le sens du message en pâtit. Je crois qu'entre la volonté d'angliciser et le niveau requis pour le faire, il y a encore un gouffre. Mieux vaudrait donc s'abstenir...

En outre, le fait que cette loi soit soutenue par le gouvernement, garant de notre culture (dont fait partie notre patrimoine linguistique), me laisse pantois. Je m'étonne de l'inaction du ministre de la Culture qui, soit dit en passant, la soutient. Et que dire de la réaction de Mme Fioraso ? Tomber dans les clichés avec une telle promptitude est vraiment navrant. Quoi de plus aberrant lorsque le protecteur de l'opprimé devient à son tour oppresseur ?

Pour conclure, contrairement à la loi Toubon, cette loi a tout faux.
 
Hors ligne melepe
# Ajouté le 20/04/2013 à 17 h 18
Et voilà le shadok
Avatar
Membres
Merci Ziame pour ce billet.

Je dois avouer que j'ai déjà eu des cours en français, dont tous les supports étaient intégralement en... anglais. J'ai trouvé ça plutôt idiot. L'argument officiel de l'école étant, comme de bien entendu, de nous ouvrir à l'international. Mouais. Je suis d'accord qu'apprendre du vocabulaire technique en anglais ne fait pas de mal, mais de là à traduire tout le polycopié en anglais...
J'ai cependant quelques remarques à faire. Selon moi, les étudiants étrangers qui arrivent en France pour étudier peuvent avoir, surtout au début, de grosses difficultés pour comprendre les cours, d'autant que le vocabulaire qui y est utilisé n'est pas celui d'une conversation habituelle. Par conséquent, des cours en anglais peuvent leur être profitables dans le sens où ils allègent au début leurs difficultés, puisqu'ils ont moins de cours à suivre en français. Ainsi, dans mon école, en plus des cours en amphi en français, sont parfois proposés aux élèves, en particulier aux étrangers (ce n'est vrai que pour quelques cours, attention), des cours en classe en anglais. Je ne trouve pas que cela soit une si mauvaise idée que cela, tant que ce genre de cours sont en quantité limitée.

Un autre point, également, c'est que l'ouverture internationale, qu'on le veuille ou non, devient de plus en plus importante, et presque obligatoire (dans les études supérieures de commerce et d'ingénieur au moins). Et tout le monde n'ayant pas l'opportunité d'aller dans le pays dont il maîtrise le mieux la langue, les cours en anglais demeurent un bon moyen d'intégration (encore une fois au début du cursus international) dans le pays hôte.
Par exemple, mon école nous oblige à passer 6 mois à l'étranger. Pour ceux qui choisissent de les passer dans une université partenaire, seuls les meilleurs obtiendront une place dans un pays anglophone (parce que reconnaissons-le, peu d'entre nous parlent bien deux langues étrangères). Je connais ainsi des gens qui sont partis, à qui en Suède, à qui en Russie, sans forcément connaître le langage du pays hôte. Je peux assurer que les cours en anglais leur ont bien été utiles. :)
 
Hors ligne Ziame
# Ajouté le 22/05/2013 à 13 h 09
Arx Tarpeia Capitoli proxima
Avatar
Groupe : Administrateurs
Merci pour ton commentaire, melepe. Ce que tu dis concernant les élèves étrangers est vrai. Mais la loi proposée ne fait pas ce genre de différence. Elle n'auroriserait pas seulement de dispenser quelques cours ou tutorats en parallèle en anglais pour les élèves étrangers mais de donner tout ou partie des cours dans une langue étrangère (anglais) à tous les élèves. C'est là que le bât blesse.

Concernant l'« ouverture à l'international », ça le serait peut-être d'un point de vue individuel mais serait plutôt une fermeture à l'échelle de notre pays et de notre culture. En effet, je réitère la question : quid de tous les pays autres que la France dont tout ou partie des universités fonctionnent en français ? Et cela est loin d'être minoritaire (rappelons que l'Agence universitaire de la francophonie compte 786 établissements d’enseignement supérieur et de recherche dans 98 pays). Si nous-même n'estimions pas notre langue digne de transmettre le savoir (scientifique ou autre) pourquoi d'autres pays continueraient à l'employer ? Il existe d'autres moyens de simplifier l'intégration des étudiants étrangers. Ceux arrivés en début d'année dans mon école ont par exemple eu deux mois de stage linguistique intensif avant la rentrée. N'est-ce pas la meilleure solution ? Plutôt qu'ils se sentent perdus et qu'on tente de les consoler en leur donnant un ou deux cours en anglais à la rentrée, ils ont directement pu les suivre (tous) en français (et être capables par la même occasion de discuter avec les autres élèves, etc.).
 
Hors ligne Karl Yeurl
# Ajouté le 22/05/2013 à 17 h 45
Maintenant en qualité blu-raie
Avatar
Groupe : zAnciens
Pour être tout à fait honnête, je ne souscris pas au point de vue pris par ce billet.

J'ai beau aimer le français, j'ai beaucoup de mal à concevoir que la possibilité de dispenser des cours d'école supérieure en anglais soit néfaste (ou pis encore, fatale) à long terme. La plupart des cours que je suis sont en anglais, et franchement, ça a plus d'avantages que d'inconvénients.
Modifié le 22/05/2013 à 17 h 48 par Karl Yeurl
 
Hors ligne Emurikku
# Ajouté le 22/05/2013 à 19 h 00
Avatar
Bannis
Salut,

Moi, j’attends une loi pour autoriser les cours en SMS ou en japonais.
Après, dans la pratique, je pense qu’on va bien rigoler. Déjà que les Français ne sont pas les meilleurs anglophones, mais si en plus, les étrangers se reposent plus sur l’anglais puisque le français leur sera moins primordial au quotidien, ça va être fnu ! Vive le progrès ! Après tout, dans la recherche, on prépare simplement la fuite des cerveaux. Ils ont tout compris !
Modifié le 22/05/2013 à 19 h 01 par Emurikku
 
Hors ligne melepe
# Ajouté le 25/05/2013 à 20 h 16
Et voilà le shadok
Avatar
Membres
Par curiosité, je suis allé lire le texte original du projet de loi (et ici la comparaison avec l'ancienne loi).
Déjà, on s'aperçoit que sur les 69 articles qui composent le projet, seul l'article 2 parle de la réforme des langues. J'ai par ailleurs relevé un paquet de propositions intéressantes, mais ce n'est pas le sujet.
Concentrons-nous donc sur l'article 2, qui est assez sibyllin.
Citation
« Des exceptions peuvent également être justifiées par la nature de certains enseignements lorsque ceux-ci sont dispensés pour la mise en œuvre d'un accord avec une institution étrangère ou internationale tel que prévu à l'article L. 123-7 ou dans le cadre d'un programme européen. »

... Bon, ça n'apporte rien. Voyons plutôt ce que dit Fioraso : la réforme ne s'appliquera qu'à environ 1% des cours actuels, selon ses estimations. Ce n'est pas critique. Et puis, du point de vue de l'étudiant français, les cours en anglais permettent de se familiariser avec une langue qui est indispensable en recherche et à un certain niveau dans l'entreprise. Et il faut avouer que jusque là, le niveau moyen en anglais des Français est plutôt passable. Donc tant que les cours en anglais ne sont pas nombreux dans le cursus, je ne suis pas contre (mettons 2-3 par année, c'est un début).

Pour les étudiants étrangers, je suis d'accord avec toi, Ziame, qu'un stage intensif est une très bonne chose. Mais ça ne s'applique pas à ceux qui ne restent qu'un semestre : deux mois de cours de français pour quatre à six mois d'études, ce n'est clairement pas rentable.
Enfin c'est mon avis. :)