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L'essor intellectuel du Moyen Âge classique (1/2)
La langue et la littérature
Catégorie : Histoire de la langue
Écrit par Belisarius, le 29/08/2010 à 22 h 09 | Commenter ce billet (11 commentaires)
Cette série de deux billets est destinée à exposer la langue, la culture et l'éducation au Moyen Âge, période malheureusement trop méconnue. Par rapport au précédent billet consacré à la Renaissance carolingienne, nous avançons de deux ou trois siècles pour entrer dans le Moyen Âge dit « classique », du XIe au XIIIe siècle : celui des chevaliers, des troubadours, des Croisades (l'idée que l'on se fait communément du Moyen Âge). Pour ce premier billet, nous parlerons langue et littérature (sans être exhaustifs). Le second traitera des études et de la philosophie médiévale. J'espère que vous prendrez plaisir à la lecture.
Le contexte : croissance générale et triomphe de l'Église¶

Le chevalier protège ceux qui ne peuvent se défendre
(miniature du XVe siècle).
(miniature du XVe siècle).
Les seigneurs protègent la population locale en échange de redevances, en s'entourant d'hommes d'armes : les milites. Au XIe siècle apparaît la chevalerie selon des rythmes variables entre les différentes régions d'Occident (rapidement en France, plus lentement en Espagne, Germanie ou Angleterre). C'est sur ces territoires morcelés que s'érigeront les premiers États-nations au XIVe siècle (France, Espagne, Angleterre).
Le Moyen Âge classique est aussi la période du réveil des villes, plongées dans une certaine léthargie depuis l'Antiquité. Les cités existantes s'étendent et le bâti devient plus dense tandis qu'apparaissent de nouveaux centres de peuplement (les villeneuves). Les villes et villages paysans sont alors sous l'emprise seigneuriale. À partir de la fin du XIe siècle, les habitants des bourgades et cités, généralement après des tractations, parfois au prix d'insurrections, font reconnaître à leurs seigneurs des libertés individuelles et collectives codifiées dans des chartes : c'est le mouvement communal. Souvent, les seigneurs ne sont pas opposés au mouvement, voire l'accompagnent (stimulation de l'activité commerciale).
De son côté, l'Église est triomphante : elle mène au XIe siècle la réforme dite « grégorienne » visant à moraliser les mœurs du clergé, puis sort victorieuse du conflit qui l'oppose au Saint-Empire tandis que le Christianisme s'enracine profondément dans les esprits (jusqu'aux Xe-XIe siècles, les mentalités restent marquées par des reliquats de paganisme, notamment dans les campagnes). Un mouvement lancé à la fin du Xe siècle, la « Paix de Dieu », tente de réguler la violence et limiter l'insécurité en mettant sous la menace de l'excommunication tout homme d'armes qui aurait porté atteinte à un paysan ou à un clerc, que ce soit matériellement (les biens) ou physiquement. Ce mouvement est prolongé et amplifié avec la « Trêve de Dieu » qui réglemente l'usage des armes et l'interdit du jeudi au dimanche, ainsi que lors des grandes fêtes liturgiques. Cette initiative aboutit surtout à modifier les mentalités en réorientant l'idéal chevaleresque vers la protection des faibles.
L'émergence d'une langue française¶
Le goût pour les langues vernaculaires¶
À partir du XIe siècle, les langues vulgaires tendent à être réhabilitées comme en témoigne l'accroissement du nombre d'écrits non-latins : ces langues n'apparaissent en effet plus comme du latin abâtardi (tel que c'était le cas au temps de Charlemagne) mais comme de nouvelles langues spécifiques et donc respectables. Si la grammaire française n'existe pas encore, une réflexion sur la structure de la langue se développe. Dans le royaume de France, deux grandes aires linguistiques se dégagent : la langue d'oïl au Nord, la langue d'oc au Sud, avec de multiples dialectes et patois. À partir du XIIIe siècle, le « francien », parlé en Île-de-France, commence à s'imposer en tant que langue de l'administration et de la culture.
Aussi, un public nouveau, composé de nobles et de bourgeois, curieux et cultivé mais non-latiniste, accroît la demande de traductions du latin vers les langues vernaculaires. Un certain nombre de classiques sont traduits, dont la Consolation de la philosophie de Boèce, œuvre très appréciée, ou le Secret des Secrets, traité faussement attribué à Aristote, portant sur l'occultisme, l'alchimie, l'astrologie, la médecine et la politique. Les œuvres historiques sont aussi très prisées par les laïcs et c'est ainsi que de nombreux ouvrages rédigés en langue vulgaire, pas forcément par des clercs ou des poètes, voient le jour, relatant les exploits et la vie des grands personnages : Histoire de la conquête de Constantinople de Geoffroi de Villehardoin (vers 1150−1213), récit de la quatrième croisade à laquelle l'auteur a participé, ou l'Histoire de la vie de Saint Louis de Jean de Joinville (1225−1317), serviteur du roi.
L'éclat du francien¶
C'est au XIIe siècle que le rayonnement de la future langue française (le francien) commence. Non seulement le francien tend à s'imposer dans le royaume de France avec la progression de son usage dans les livres, actes administratifs et textes juridiques, mais il devient une langue importante à l'étranger. Les œuvres de la littérature française sont traduites en langue étrangère, en allemand par exemple (le Roman de Renart). Les nobles allemands, les marchands italiens et les membres de la Cour anglaise savent s'exprimer dans la langue des rois de France. En 1298, lorsque Marco Polo, dans sa prison de Gênes, dicte à son compagnon Rusticello de Pise son Livre des Merveilles, ce n'est pas dans une autre langue que le francien.

Illustration du Livre des Merveilles : les Mongols échouent à conquérir Sapangu (Japon). Tentez de lire la légende en dessous de l'image.
(« Comment les hommes du grand khan qui entouraient l'île prirent la cité de leurs ennemis. »)
La littérature au Moyen Âge classique¶
L'inoubliable Antiquité¶
Contrairement à une idée répandue, le Moyen Âge n'a jamais oublié l'Antiquité. Toujours, au contraire, il est parti à sa recherche. Le poète français Pierre de Blois (vers 1135−1203) écrit ainsi : « On ne passe des ténèbres de l'ignorance à la lumière de la science que si l'on relit avec un amour toujours plus vif les œuvres des Anciens. Qu'aboient les chiens, que grognent les porcs ! Je n'en resterai pas moins le sectateur des Anciens. Pour eux seront tous mes soins, et l'aube, chaque jour, me trouvera à les étudier. » L'Antiquité est, pour le lettré du Moyen Âge, une période idéalisée, fantasmée. Même les seigneurs, toujours représentés l'épée à la main, s'appliquent à rédiger des lettres de défi chargées de références antiques, portées à l'adversaire par le héros d'armes la veille du tournoi. Le combattant en question fait ensuite retranscrire la lettre pour la postérité.
De nombreux écrits témoignent aussi de cette passion pour la culture grecque et latine : le Roman de Troie, épopée de trois mille vers écrite vers 1165 en dialecte de Touraine par Benoît de Sainte-Maure, connaît un grand succès en Allemagne ; l'Alexandreide, biographie d'Alexandre le Grand par Albéric de Pisançon, est reprise et traduite en dialecte picard par Lambert de Tors et Alexandre de Bernay (en 1175). Pour l'anecdote, l'adaptation d'Alexandre de Bernay est faite selon une métrique qui sera retenue pour tous les poèmes consacrés à la vie d'Alexandre. De là est né plus tard (vers 1400) l'« alexandrin ».
La chanson de geste¶
Dans le Nord de la France, le premier genre à s'imposer est celui de la chanson de geste (gesta : « actions, hauts faits »). L'artiste, accompagné de musique, chantait des récits longs de plusieurs milliers de vers racontant les exploits des héros du passé, presque toujours mythifiés, tels Charlemagne et sa barbe fleurie, Charles Martel et ses victoires contre les Sarrasins, le roi Arthur et ses chevaliers ou encore Jules César et Alexandre le Grand. Les plus célèbres de ces chansons sont la Chanson de Roland relatant la célèbre bataille de Roncevaux ; la Cantar del mio Cid narrant les aventures du Cid Campeador (milieu du XIIe siècle) ; les Niebelungen, autour de Siegfrid et des mythes germaniques ou nordiques (XIIIe siècle). Ces épopées, d'abord orales puis mises à l'écrit, servent d'exemples glorieux aux aristocrates rêvant de conquêtes et d'exploits (Reconquista, Croisades). Avec le raffinement des mœurs, la chanson de geste est remplacée progressivement dans le Nord par la littérature courtoise.
Un auteur majeur : Chrétien de Troyes¶
Chrétien de Troyes (vers 1135 − vers 1183) est l'un des plus grands romanciers du Moyen Âge. Protégé par Marie, comtesse de Champagne, fille d'Aliénor d'Aquitaine et de Louis VII, puis par Philippe d'Alsace, comte de Flandre, il commence par imiter les auteurs antiques en traduisant l'Art d'aimer et les Métamorphoses d'Ovide. Il se tourne ensuite vers les légendes celtiques avec son Tristan et Iseut et Erec et Arnide, avant de composer ses œuvres majeures : Yvain ou le chevalier au lion (vers 1177), Lancelot ou le chevalier à la charrette (qui sera achevée par Geoffroy de Lagny) et Perceval ou le Conte du Graaal, laissée également inachevée. Dans ces romans, les chevaliers, véritables héros, sont pris entre l'amour et l'aventure, comme pour Lancelot, ou, comme Perceval, sont engagés dans une ascèse mystique symbolisée par la quête du Graal, récipient ayant contenu le sang du Christ. Chrétien de Troyes aura de nombreux continuateurs, et la figure de Lancelot et le thème du Graal seront largement repris par la suite.
L'amour courtois¶
Dans le Sud de la France, à la fin du XIe siècle, apparaissent les troubadours (en occitan, trobar signifie « trouver, composer ») qui déclament en chanson de petits textes d'une cinquantaine de vers sur l'amour. L'amour courtois (ou fin'amor) est un genre alors en vogue qui consiste à représenter un amour inassouvi envers une belle dame, généralement de rang social plus élevé. Le mouvement touche par la suite les régions proches (Catalogne, Italie) et le Nord de la France (où l'on parle de « trouvères »).

Comme l'année s'embellit par les fleurs du printemps et par les fruits de l'automne, le monde entier s'embellit par l'amour ; et l'amour n'a de prix et de gloire que par vous, ô la plus parfaite des dames ! Vous assurez son empire ; car tous les biens, tous les agréments, ont en vous leur source inépuisable ; vous réunissez le mérite, la beauté, la raison ; mais ce qui rend vos qualités plus précieuses et plus brillantes, c'est l'amour.
Citation : Guillaume de Cabestaing
Depuis qu'Adam cueillit, sur l'arbre fatal, la pomme qui causa les malheurs du genre humain, le souffle de Dieu n'a point animé une aussi parfaite créature ; toutes les formes de son corps sont d'une proportion et d'une élégance ravissantes ; il offre une blancheur, une délicatesse, un éclat, qui le disputent à l'améthyste. La beauté de ma dame est si grande, que je m'en attriste, pensant qu'elle ne mérite point qu'elle ne s'occupe de mes hommages.
Bernard de Ventadour (vers 1125−1195) est l'un des plus célèbres troubadours. Repéré pour sa belle voix et ses compositions, il est appelé par Aliénor d'Aquitaine qui ne se lasse pas de l'entendre parler d'amour. L'amour de Bernard de Ventadour est un amour inassouvi : le mariage est rejeté car coupable de faire disparaître le désir amoureux puisqu'il permet d'assouvir instantanément le désir jusqu'à extinction. Le troubadour suit Aliénor en Angleterre, à la Cour d'Henri II, puis revient en France, à Toulouse. Il finit sa vie dans un monastère cistercien, en Limousin.
Citation : Bernard de Ventadour
Je voudrais bien la trouver seule endormie, ou faisant semblant de l'être : je me hasarderais à lui dérober un doux baiser, puisque je ne réussis point à l'obtenir par mes prières. Ô dame trop sévère ! Je vous en conjure au nom de la bonté de Dieu, favorisez mon amour ; le temps fuit, et les moments les plus favorables de la vie se perdent ; nos cœurs pourraient s'entendre avec le secours de signes mystérieux ; et puisque l'audace ne suffit pas, réussissons par l'adresse.
Le Roman de la Rose¶
Le Roman de la Rose est une œuvre majeure du Moyen Âge, principale représentante de la poésie lyrique qui se développe à partir du XIIe siècle, où l'on retrouve les thèmes de l'amour courtois. On ne sait presque rien de son auteur, Guillaume de Lorris, à part qu'il mourut vers l'âge de 25 ans. Rédigée entre 1225 et 1230 en 4800 octosyllabes, elle relate la passion du poète Amant pour Rose, la fille aimée. Quarante ans plus tard, le texte est repris par Jean de Meun qui lui rajoute près de 18 000 octosyllabes. Cette seconde partie est bien différente de la première, les thèmes courtois étant détournés au profit de thèmes anticléricaux et antiféministes.
La littérature satirique¶
Le Moyen Âge classique donne lieu à une littérature critique et satirique envers les mœurs du temps et les représentants du pouvoir : la noblesse et l'Église essentiellement. Le genre satirique tourne autour des thèmes de la mysoginie, de l'anticléricalisme, de la scatologie ou du schéma du trompeur trompé.
La plus connue de ces œuvres est le Roman de Renart (vers 1170 - vers 1250), ensemble de 27 poèmes en octosyllabes de longueur variable (300 à 3000 vers) avec un total de 25 000 vers. Un seul auteur est connu : Pierre de Saint-Cloud. Les poèmes, inspirés par les fables de l'Antiquité et les traditions populaires, mettent en scène des animaux (Isengrin le loup, Noble le Lion, Tibert le chat) et constituent une satire politique, sociale et religieuse. Une des scènes de cette œuvre met en scène le héros, Renart, et Tiécelin, un corbeau perché sur un arbre, avec un fromage volé qu'il déguste. Renart propose à l'oiseau de lui chanter une petite chanson et Tiécelin, flatté par cette demande, laisse par mégarde tomber sa proie. Vous aurez bien entendu reconnu le poème de Jean de la Fontaine.

Paysans (Tacuinum sanitatis,
Italie, vers 1390-1400).
Italie, vers 1390-1400).
Malgré cette guérison, le vilain ne peut pas rentrer chez lui : sa renommée s'étend et deux cents malades viennent d'arriver à la Cour. Le roi demande qu'on le batte. Le vilain a alors une nouvelle idée : il réunit l'ensemble des malades dans une grande pièce avec un feu et demande qui est le plus malade afin qu'on le brûle. Les autres mangeront sa cendre et seront aussitôt guéris. Les malades effrayés s'entre-regardent. Le roi demande s'ils sont guéris et pas un seul ne dit non. Débarrassé de tous ces malades, le vilain rentre chez lui chargé de cadeaux, guéri à jamais de l'envie de battre sa femme.
Voici pour terminer une critique goliarde de la richesse de l'Église et de l'opulence du haut clergé (les Goliards sont des étudiants universitaires errants, vagabonds) :
Citation : Commencement du Saint Évangile selon le Marc d'Argent
COMMENCEMENT DU SAINT ÉVANGILE SELON LE MARC D'ARGENT. En ce temps-là, le Pape dit aux Romains : « Quand le fils de l'homme viendra au Siège de notre Majesté, dites-lui d'abord : « Ami ! pourquoi es-tu venu ? » Et s'il continue à frapper sans rien vous donner, qu'il soit rejeté dans les ténèbres extérieures. » Il arriva qu'un pauvre clerc vint à la Cour du Seigneur Pape et supplia, disant : « Ayez pitié de moi, huissiers du Pape, parce que la main de la pauvreté m'a touché. Je suis pauvre et indigent. C'est pourquoi je vous prie, venez en aide à ma détresse et à ma misère. » Ceux-ci, l'ayant entendu, furent indignés et dirent : « Ami ! que ta pauvreté soit avec toi pour ta perdition ! Va-t'en, Satan, tu ne sais point ce que peut l'argent. Amen, Amen ! Je te le dis : Tu n'entreras pas dans la joie de ton Seigneur avant d'avoir donné ton dernier écu. » Et le pauvre s'en alla, vendit son manteau, sa tunique et tout ce qu'il avait, et donna l'argent aux cardinaux, aux huissiers et aux camériers. Mais ceux-ci dirent : « Qu'est-ce cela pour tant de monde ? » Et ils le mirent à la porte. Et expulsé, il pleura amèrement, sans trouver de consolation.
Après cela vint à la Cour un clerc riche, gros et gras, s'étalant, qui avait commis un homicide au cours d'une sédition. Celui-ci donna tout d'abord à l'huissier, en second lieu, au camérier, en troisième aux cardinaux. Et ceux-ci délibérèrent entre eux d'en tirer avantage.
Le Seigneur Pape, ayant appris que les cardinaux et les officiers avaient reçu de ce clerc des dons nombreux, en tomba gravement malade. Mais le riche lui envoya un électuaire d'or et d'argent, et le Pape fut guéri aussitôt. Alors le Seigneur Pape convoqua ses officiers et leur dit : « Frères, veillez à ce que personne ne vous séduise par de vaines paroles. Je vous donne l'exemple. De la façon dont j'attrape, attrapez aussi. »
Après cela vint à la Cour un clerc riche, gros et gras, s'étalant, qui avait commis un homicide au cours d'une sédition. Celui-ci donna tout d'abord à l'huissier, en second lieu, au camérier, en troisième aux cardinaux. Et ceux-ci délibérèrent entre eux d'en tirer avantage.
Le Seigneur Pape, ayant appris que les cardinaux et les officiers avaient reçu de ce clerc des dons nombreux, en tomba gravement malade. Mais le riche lui envoya un électuaire d'or et d'argent, et le Pape fut guéri aussitôt. Alors le Seigneur Pape convoqua ses officiers et leur dit : « Frères, veillez à ce que personne ne vous séduise par de vaines paroles. Je vous donne l'exemple. De la façon dont j'attrape, attrapez aussi. »
La suite (sur les études et la philosophie médiévale) bientôt !
Sources¶
- Serge Berstein et Pierre Milza, De l'Empire romain à l'Europe, Fayard, 1999.
- Jacques Le Goff, Les intellectuels au Moyen Âge, Seuil, 1985.
- Monique Bourin-Derruau, Temps d'équilibres, temps de ruptures. XIIIe siècle, Seuil, 1990.
- Jacques Heers, Le Moyen Âge, une imposture, Perrin, 1992.
- Le vilain mire. [texte humoristique]
- M. Raynouard, Des troubadours et des cours d'amour. [Ressource en ligne]
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