Aller au menu - Aller au contenu

Centre d'aide Vous êtes ici : zCorrecteurs.fr > Blog > Grammaire > Les propositions (2/2) > Lecture du billet

Les propositions (2/2)

Les propositions subordonnées

Nous suivre : flux RSS du blog | Twitter | Facebook

Catégorie : Grammaire

Écrit par Itello, le 29/10/2010 à 19 h 24 | Commenter ce billet (5 commentaires)

Après notre précédent billet sur les propositions non dépendantes, nous voilà maintenant au cœur du sujet : les propositions subordonnées. Vous allez voir qu’il n’est pas forcément inutile de suivre en cours ; cela peut permettre d’éviter de commettre quelques contresens que font parfois les meilleurs d'entre nous.


Proposition complétive



The Proposition
The Proposition
Film de John Hillcoat

Vous avez appris dans le billet précédent ce qu’est une proposition principale et qu’elle pouvait être suivie d’une proposition complétive. C’est donc le moment idéal pour chercher à savoir ce qu’est une proposition complétive. ^^

La proposition complétive complète un verbe. Elle ne peut être supprimée ou déplacée, car elle est indispensable au sens de la phrase. On distingue trois types de constructions de propositions complétives.

  • La proposition complétive conjonctionnelle est introduite par la conjonction subordonnée « que » (ou plus rarement « de ce que » et « à ce que »).
    Le professeur pense qu’il est malade.
    Il ne veut pas qu’elle vienne à sa fête.
    Il est sûr de ce qu’il dit.


  • La proposition interrogative indirecte porte très bien son nom. Il s’agit de celle qui présente une interrogation indirecte. Elle est donc introduite par un mot interrogatif (qui, lequel, si, pourquoi, etc.). Pour être plus précis, j’aurais dû dire qu’elle peut être introduite par un adjectif interrogatif, un adverbe interrogatif, un pronom interrogatif ou la conjonction si lorsqu’elle a une valeur interrogative. Mais je pense que retenir mot interrogatif suffira. ^^

    Je me demande s’il viendra.
    Je ne comprends pas comment tu peux accepter cela.


  • La proposition infinitive repose sur un infinitif.
    Tu crois pouvoir y arriver



Notons que le mode de la proposition complétive dépend de la proposition principale. Il n’est pas rare de se demander s’il faut insérer un subjonctif ou un indicatif, particulièrement dans le cas de phrases très complexes. Connaître ce petit précepte risque bien de vous simplifier la vie. ^^

Voyons cette phrase :
« Je veux que tu aies la certitude qu’il ne puisse/peut pas venir. »

Faut-il un indicatif ou un subjonctif ?
La principale dont dépend « il ne peut pas venir » est « tu as la certitude que ». La certitude implique l’indicatif. Ce n’était pas plus compliqué. ;)

Proposition relative



Une proposition relative se réfère à un antécédent (elle est relative à ce dernier). Il s’agit d’un nom, ou groupe nominal, à l’inverse des autres propositions subordonnées qui, elles, se réfèrent à un verbe.

C’était le chien qui avait commencé.
La proposition qui avait commencé est relative au mot chien.

Elle commence par un pronom relatif. Vous avez dû les apprendre, mais un bref rappel ne nous fera pas de mal :

Qui − que − quoi − dont − où − lequel − quiconque


La proposition relative peut posséder deux rôles bien différents :

  • Elle peut apporter une information complémentaire qui n’est pas indispensable au sens de la phrase. On l’appelle alors relative explicative ou descriptive suivant que cette information est une explication ou une description concernant la chose qu’elle réfère.
    L’homme, qui trouva cette blague très drôle, ne put s'empêcher de rire.
    Voilà Paul qui est sur son trente et un.


  • Elle peut indiquer une précision supplémentaire indispensable pour déterminer la catégorie dont on parle.
    Méfions-nous des chiens qui ont de longues dents.
    On l’appelle alors relative déterminative.


Savoir les distinguer permet donc d’éviter quelques contresens. Mais comment les distinguer, me direz-vous ?

Regardez donc ces deux phrases :
Le chat aurait dû se méfier des chiens qui sont méchants.
Le chat aurait dû se méfier des chiens, qui sont méchants.

Elles semblent fort semblables, et pourtant leur sens diffère. La présence ou non de la virgule nous indique que l’on est face à la première catégorie de relative ou à la seconde. Essayez de sentir la différence entre les deux propositions.

Le chat aurait dû se méfier des chiens qui sont méchants.
Nous voilà face à une relative déterminative. L’on explique que le chat aurait dû se méfier de certains chiens, les « chiens qui sont méchants ». Elle est indispensable au sens de la phrase, on ne peut la retirer sans en altérer le sens. Il serait donc inimaginable de la séparer de la première proposition par une virgule.

Le chat aurait dû se méfier des chiens, qui sont méchants.
Et maintenant, nous voilà face à une relative explicative ou descriptive. L’on dit que le chat aurait dû se méfier des chiens en général. La relative sert à expliquer pourquoi (elle est alors explicative) ou bien décrit simplement les chiens (et donc est descriptive). Cette proposition n’est pas indispensable au sens de la phrase, on peut la retirer sans en altérer la signification.

La présence ou l’absence de la virgule change en effet le sens même de la phrase. Il est donc important d’être vigilant vis-à-vis de ce point.

On omet de plus en plus souvent la virgule, laissant au lecteur le soin de déterminer si la proposition est déterminative ou descriptive/explicative. S’il est parfois facile de trouver le sens que vous cherchiez à donner à votre texte, l’ambiguïté apparaît souvent et le lecteur n’interprétera pas forcément votre proposition relative comme vous l’entendiez. Je vous invite donc fortement à suivre cette recommandation.

Pourquoi n’y avait-il pas de virgule dans le premier exemple, « voilà Paul qui est sur son trente et un » ?

On omet couramment la virgule devant les noms propres, car l’ambiguïté n’est pas vraiment présente. On se doute qu’il n’existe pas « un troupeau de Paul » parmi lequel un se démarque en étant sur son trente et un. :p

Proposition conjonctive/circonstancielle



La proposition coordonnée était précédée d’une conjonction de coordination. La proposition conjonctive sera précédée d’une conjonction de subordination. Vous allez voir qu’il est bon de distinguer les deux. Elles se distinguent sur bien des points. ^^

Voyons d’abord quelles sont les conjonctions de subordination :

que − comme − lorsque − puisque − parce que − quand − si
et nombre de locutions conjonctives.


La première caractéristique de la proposition conjonctive, c’est qu’elle est subordonnée. En cela, elle ne peut être considérée comme une phrase propre. « Mais tu es là ! » est une phrase, « parce que tu es là » ne peut pas en être une.

Elle peut également être déplacée dans la phrase :
Le chat aurait dû se méfier des chiens parce qu'ils sont méchants.
Parce qu'ils sont méchants, le chat aurait dû se méfier des chiens.

Ce n’était pas le cas de la proposition coordonnée :
Le chat aurait dû se méfier des chiens, car ils sont méchants.
Car ils sont méchants, le chat aurait dû se méfier des chiens.

Profitons-en pour vous conseiller de lire cet article sur la distinction entre « car » et « parce que ».


La proposition circonstancielle permet, comme son nom l’indique, d’introduire un complément circonstanciel.

Et ce n’est pas tout…



Profitons de cette petite pause pour faire le point sur une difficulté courante des élèves : trouver la fonction d’une proposition commençant par « si ». Cela fera un joli exercice pratique. ^^

Trouvez le rôle des propositions soulignées :
1. Il se demande si tu en es capable.
2. Tu me l’aurais dit si tu le savais.


Secret (cliquez pour afficher)
1. Il se demande est une proposition principale qui attend une complétive. Plus précisément, il s’agit là d’une proposition interrogative indirecte.

2. Si tu le savais est une proposition circonstancielle.



Je vous ai parlé des trois grands types de propositions subordonnées, celles qui vous seront le plus utiles au jour le jour. J’aurais également pu parler des propositions participiales qui peuvent être suivies d’un participe, qu’il soit passé ou présent, et de bien d’autres encore. Mais mon but n’était pas d’atteindre l’exhaustivité sur un sujet où ce n’est pas vraiment possible de toute façon. Je vous invite maintenant à jeter un coup d’œil à la synthèse du site Études littéraires qui développe plus certains points et moins d’autres.


5 commentaires sur ce billet

Page : 1 
Auteur Message
Page : 1 
Hors ligne Itello
# Ajouté le 29/10/2010 à 19 h 29
Avatar
Groupe : zAnciens
Je vous propose également un petit schéma récapitulatif pour ceux que ça intéresse :



Merci beaucoup à Karl qui héberge mon fichier au format SVG. :)
Modifié le 13/11/2010 à 12 h 05 par Itello
 
Hors ligne Sergeswi
# Ajouté le 29/10/2010 à 19 h 40

Membres
Ce billet est tout aussi intéressant que le premier. Merci beaucoup d’avoir pris le temps de nous expliquer un peu mieux ce concept si simple et pourtant si complexe que sont les propositions. :)
 
Hors ligne Belisarius
# Ajouté le 30/10/2010 à 22 h 41
Avatar
Membres
Ca me fait ressurgir de vieux souvenirs de l'école primaire... (quoique ça m'étonnerait que l'on y étudie tout ça).
C'est un rappel qui peut néanmoins être bien utile !
 
Hors ligne Ziame
# Ajouté le 31/10/2010 à 01 h 15
Arx Tarpeia Capitoli proxima
Avatar
Groupe : Administrateurs
Bonsoir,

Merci à toi, Itello, pour cet excellent billet, à la fois précis et aisément compréhensible. :)

Étant donné que tu mentionnes l'emploi du pronom relatif « quiconque » dans cet article, je ne peux m'empêcher de poster un lien vers un article traitant plus en détail de ce pronom un peu particulier (oui, il s'agit bien du lien que tu as toi-même posté sur Twitter l'autre jour ^^ ).
 
Hors ligne mwsaz
# Ajouté le 06/11/2010 à 17 h 03
Avatar
Groupe : zAnciens
Citation : Itello
Merci beaucoup à Karl qui héberge mon fichier au format SVG. :)

Il faudrait en effet ajouter svg à la liste des extensions autorisées.