Vous êtes ici : zCorrecteurs.fr > Blog > Rhétorique > Les figures de style - Suite > Lecture du billet
Les figures de style - Suite
Hyperbole, répétition, anaphore, synecdoque…
Catégorie : Rhétorique
Écrit par christophetd, le 24/06/2009 à 18 h 49 | Commenter ce billet (11 commentaires)
Vous devez sûrement vous souvenir du récent billet qui vous présentait quelques-unes des nombreuses figures de style que contient la langue française. Le billet d'aujourd'hui est là pour compléter son prédécesseur et pour vous en apprendre davantage sur ces éléments qui donnent à la langue tout son relief.
Alors si vous le voulez bien, replongeons-nous de ce pas dans le monde des figures de style…
Les figures d'amplification sont utilisées pour insister sur un fait et le mettre en valeur.
C'est un procédé consistant à exagérer considérablement un fait, une phrase, etc. afin de mettre l'élément exagéré ou son idée en valeur.
Citation : Exemples
On voit dans ces exemple que les fait sont soulignés jusqu'à l'exagération, c'est le cas du massacre (l'élément exagéré est le sang), du nombre de choses à faire (arrondi à mille) ou du poids du meuble (qui ne doit pas peser une tonne dans la réalité).
La répétition est la reprise volontaire d'un mot sur lequel on veut insister. Elle peut être effectuée n'importe où dans la phrase.
Citation : Exemple
Le mot ici répété est bien évidemment « fête ».
Elle consiste à reprendre volontairement un mot pour insister dessus en le plaçant toujours à la même place dans la phrase.
Citation : Exemple
Le mot ici repris est « partout ».
Dans ce texte, l'anaphore est utilisée pour montrer que la guerre est partout (qu'il n'y a pas un seul endroit où elle ne soit pas).
La gradation est utilisée pour marquer une progression successive d'actions.
Citation : Exemple (extrait du Cid de P. Corneille)
Dans ce vers de Pierre Corneille, on commence par évoquer l'action de mouvement par un verbe d'une intensité assez basse (« va »). Un verbe plus fort est ensuite utilisé (« cours »), suivi lui-même d'une autre injonction encore plus intense (« vole »).
La gradation se base ici sur la vitesse d'exécution de l'action (on va plus vite en volant qu'en courant). Cette figure de style permet d'apporter une nuance plus dynamique au récit.
Les figures d'atténuation servent, comme leur nom l'indique, à atténuer le sens d'un mot ou d'une expression.
L'euphémisme consiste à utiliser un mot ou une expression adoucie pour exprimer une réalité, un fait douloureux ou gênant pour le narrateur.
Citation : Exemple
Ici, le verbe éteindre est une représentation imagée, infantile et rassurante face à la réalité apeurante qu'est la mort.
Les euphémismes sont aussi parfois utilisés pour rendre une expression plus politiquement correcte, on pourrait citer entre autres « malentendant » parfois employé pour désigner quelqu'un de sourd ou encore « malvoyant » pour un aveugle. À noter que l'on parle ici de l'emploi de ces termes comme euphémismes et non d'une manière générale (en effet, quelqu'un qui voit mal peut être considéré comme « malvoyant » sans qu'il y ait euphémisme).
C'est un procédé utilisé pour exprimer le positif par l'emploi d'un mot de sens négatif associé à une négation. Autrement dit, on dit moins pour faire entendre plus.
Citation : Exemple (extrait du Cid de P. Corneille)
Cette phrase est un synonyme atténué de la phrase « Je t'aime ».
Les litotes sont utilisées très fréquemment dans la vie de tous les jours. Citons par exemple les expressions « ça n'est pas bête » (employé pour dire que c'est intelligent), « ça ne sent pas la rose » (pour dire que ça sent mauvais), etc.
L'ellipse est une figure d'atténuation consistant à supprimer des mots nécessaires à la plénitude de la construction d'une phrase.
La phrase en résultant est cependant assez claire pour qu'il n'y ait aucune incompréhension.
Citation : Exemple
Les mots ellipsés sont respectivement « Je », « de » et « vous ». Bien que trois mots manquent, on parvient parfaitement à comprendre la phrase.
Citation : Autre exemple
La synecdoque, consiste à employer un mot pour un autre exprimant le contenu pour le contenant, une partie pour un tout… Cette figure de style est une variété de métonymie.
Étant donné qu'il y en a beaucoup, voici un petit tableau récapitulatif.
Vous avez pu remarquer deux termes nouveaux :
Ainsi se termine ce billet. J'espère qu'il vous aura été utile et que vous saurez vous servir des figures de style à bon escient. Celles-ci sont, encore une fois, très importantes pour donner du relief à vos textes et affiner les messages que vous souhaitez faire passer. Veillez cependant à ne pas tomber dans l'excès inverse (c'est-à-dire en abuser) car l'effet contraire de celui recherché pourrait très bien se produire, à savoir alourdir votre texte.
Alors si vous le voulez bien, replongeons-nous de ce pas dans le monde des figures de style…
Les figures d'amplification¶
Les figures d'amplification sont utilisées pour insister sur un fait et le mettre en valeur.
L'hyperbole¶
C'est un procédé consistant à exagérer considérablement un fait, une phrase, etc. afin de mettre l'élément exagéré ou son idée en valeur.
Citation : Exemples
Troie abdique dans un torrent de sang.
J'ai mille choses à faire.
Ce meuble pèse une tonne.
J'ai mille choses à faire.
Ce meuble pèse une tonne.
On voit dans ces exemple que les fait sont soulignés jusqu'à l'exagération, c'est le cas du massacre (l'élément exagéré est le sang), du nombre de choses à faire (arrondi à mille) ou du poids du meuble (qui ne doit pas peser une tonne dans la réalité).
La répétition¶
La répétition est la reprise volontaire d'un mot sur lequel on veut insister. Elle peut être effectuée n'importe où dans la phrase.
Citation : Exemple
Il ne veut plus entendre parler de la fête, fête qui a été un vrai cauchemar soit dit en passant.
Le mot ici répété est bien évidemment « fête ».
L'anaphore¶
Elle consiste à reprendre volontairement un mot pour insister dessus en le plaçant toujours à la même place dans la phrase.
Citation : Exemple
Partout, la guerre.
Partout, la désolation.
Partout, la ruine et la mort.
Partout, l'immense saccage.
Partout, la désolation.
Partout, la ruine et la mort.
Partout, l'immense saccage.
Le mot ici repris est « partout ».
Dans ce texte, l'anaphore est utilisée pour montrer que la guerre est partout (qu'il n'y a pas un seul endroit où elle ne soit pas).
La gradation¶
La gradation est utilisée pour marquer une progression successive d'actions.
Citation : Exemple (extrait du Cid de P. Corneille)
Va, cours, vole et nous venge !
Dans ce vers de Pierre Corneille, on commence par évoquer l'action de mouvement par un verbe d'une intensité assez basse (« va »). Un verbe plus fort est ensuite utilisé (« cours »), suivi lui-même d'une autre injonction encore plus intense (« vole »).
La gradation se base ici sur la vitesse d'exécution de l'action (on va plus vite en volant qu'en courant). Cette figure de style permet d'apporter une nuance plus dynamique au récit.
Les figures d'atténuation¶
Les figures d'atténuation servent, comme leur nom l'indique, à atténuer le sens d'un mot ou d'une expression.
L'euphémisme¶
L'euphémisme consiste à utiliser un mot ou une expression adoucie pour exprimer une réalité, un fait douloureux ou gênant pour le narrateur.
Citation : Exemple
Il s'est éteint.
Ici, le verbe éteindre est une représentation imagée, infantile et rassurante face à la réalité apeurante qu'est la mort.
Les euphémismes sont aussi parfois utilisés pour rendre une expression plus politiquement correcte, on pourrait citer entre autres « malentendant » parfois employé pour désigner quelqu'un de sourd ou encore « malvoyant » pour un aveugle. À noter que l'on parle ici de l'emploi de ces termes comme euphémismes et non d'une manière générale (en effet, quelqu'un qui voit mal peut être considéré comme « malvoyant » sans qu'il y ait euphémisme).
La litote¶
C'est un procédé utilisé pour exprimer le positif par l'emploi d'un mot de sens négatif associé à une négation. Autrement dit, on dit moins pour faire entendre plus.
Citation : Exemple (extrait du Cid de P. Corneille)
Va, je ne te hais point.
Cette phrase est un synonyme atténué de la phrase « Je t'aime ».
Les litotes sont utilisées très fréquemment dans la vie de tous les jours. Citons par exemple les expressions « ça n'est pas bête » (employé pour dire que c'est intelligent), « ça ne sent pas la rose » (pour dire que ça sent mauvais), etc.
L'ellipse¶
L'ellipse est une figure d'atténuation consistant à supprimer des mots nécessaires à la plénitude de la construction d'une phrase.
La phrase en résultant est cependant assez claire pour qu'il n'y ait aucune incompréhension.
Citation : Exemple
ø Vous remercie ø votre franchise. ø Pouvez disposer.
Les mots ellipsés sont respectivement « Je », « de » et « vous ». Bien que trois mots manquent, on parvient parfaitement à comprendre la phrase.
Citation : Autre exemple
Pierre lit un roman de Balzac, Jacques un [roman] de Zola.
Une figure de substitution : la synecdoque¶
La synecdoque, consiste à employer un mot pour un autre exprimant le contenu pour le contenant, une partie pour un tout… Cette figure de style est une variété de métonymie.
Étant donné qu'il y en a beaucoup, voici un petit tableau récapitulatif.
| Type de relation | Synecdoque généralisante | Synecdoque particularisante |
|---|---|---|
| Partie ↔ tout | Emploi d'un tout pour désigner une partie. Exemple : La France a gagné la Coupe du monde 1998. La partie exprimé par « La France » est « L'équipe de football de la France » | Emploi d'une partie pour désigner un tout. Exemple : Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur… Le tout désigné par « les voiles » est l'ensemble des bateaux (à voile). |
| Genre ↔ espèce | Emploi du genre pour désigner l'espèce Exemple : L'arbre tient bon, le roseau plie. L'arbre désigne ici un chêne. | Emploi de l'espèce pour désigner un genre. Exemple : Refuser du pain à quelqu'un. Le mot « pain » désigne ici la nourriture. |
| Matière ↔ Être ou objet | Emploi de l'être ou de l'objet pour exprimer la matière ou la substance constituante. Exemple : Le bœuf est moins cher que le mouton. « Bœuf » et « Mouton » désignent ici ce dont ils sont fait, c'est-à-dire la viande (viande de bœuf et de mouton). | Emploi de la matière ou de la substance constituante pour exprimer l'être ou l'objet. Exemple : Les cuivres de l'orchestre. Le mot « cuivres » désigne ici les instruments qui sont faits de cuivre (trompette, trombone…) |
| Nombre | Utilisation du pluriel là où le singulier est attendu. Exemple : Il fut loin d'imiter la grandeur des Colberts. « Colberts » désigne ici Jean-Baptiste Colbert. | Utilisation du singulier là où le pluriel est attendu. Exemple : L'ennemi est vaincu ! « L'ennemi » désigne l'armée ennemie, donc indirectement les soldats ennemis. |
| Nom propre ↔ nom commun | Utilisation d'un nom commun pour désigner un nom propre (lieu, personne…). Exemple : le pays du Soleil levant. Cette expression fait référence au Japon. | Utilisation d'un nom propre pour désigner un nom commun et lui donner les caractéristiques du lieu, de la personne nommé(e). Exemple : Il n'y avait point de Jean Moulin. Jean Moulin ayant été le chef de la résistance française, la phrase signifie « Il n'y avait point de résistant. ». |
| Contenant ↔ contenu | Emploi du contenant pour exprimer le contenu. Exemple : Je vais boire un verre. Le narrateur ne va ici pas boire « un verre », mais son contenu (eau, limonade, whisky, etc.). | Emploi du contenu pour exprimer le contenant. Exemple : Je vais au pain. Dans la réalité, on va à la boulangerie (contenant). Cependant, dans cet exemple c'est le contenu qui est mentionné à la place (le pain). |
Vous avez pu remarquer deux termes nouveaux :
- Les synecdoques généralisantes que l'on peut également qualifier de croissantes ou d'expansives. Elles tendent souvent vers l'abstraction.
- Les synecdoques particularisantes que l'on peut également qualifier de décroissantes ou de restrictives. Elles tendent souvent vers le pittoresque.
Conclusion¶
Ainsi se termine ce billet. J'espère qu'il vous aura été utile et que vous saurez vous servir des figures de style à bon escient. Celles-ci sont, encore une fois, très importantes pour donner du relief à vos textes et affiner les messages que vous souhaitez faire passer. Veillez cependant à ne pas tomber dans l'excès inverse (c'est-à-dire en abuser) car l'effet contraire de celui recherché pourrait très bien se produire, à savoir alourdir votre texte.
7 494 visualisations |
Commenter ce billet
|
Partager sur Twitter
|
Remonter
Partager sur Twitter
|
Remonter
11 commentaires sur ce billet






