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À la découverte de Joachim du Bellay…
« Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage »
Pour ce deuxième billet consacré à la poésie et aux vers célèbres, nous changeons d'époque. Nous allons aborder un poète français de la Renaissance qui a aussi influencé l'évolution de notre langue et qui continue d'inspirer les artistes.
Mais sans plus tarder, découvrons ensemble qui se cache derrière cette brève description.
Mais sans plus tarder, découvrons ensemble qui se cache derrière cette brève description.
Le poème : Heureux qui comme Ulysse¶
« Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d'usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !
Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m'est une province, et beaucoup davantage ?
Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux,
Que des palais Romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine :
Plus mon Loire gaulois, que le Tibre latin,
Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,
Et plus que l'air marin la doulceur angevine. »
Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d'usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !
Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m'est une province, et beaucoup davantage ?
Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux,
Que des palais Romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine :
Plus mon Loire gaulois, que le Tibre latin,
Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,
Et plus que l'air marin la doulceur angevine. »
Ce texte a été écrit par Joachim du Bellay et constitue l'un des sonnets les plus connus du recueil intitulé Les Regrets.
Joachim du Bellay est issu d'une famille de la noblesse qui compta dans ses rangs des diplomates, des cardinaux et des gouverneurs. Un des moments forts du début de sa carrière est sans conteste sa rencontre vers 1547 avec Pierre de Ronsard avec qui il devient ami. À la suite de cela, il étudie les auteurs anciens au Collège Coqueret à Paris. Il rejoint ensuite un groupe de poètes appelé La Pléiade dont il rédige en 1549 le manifeste intitulé Défense et illustration de la langue française.
Entre 1553 et 1557, il se rend à Rome où il est le secrétaire du cardinal Jean du Bellay, qui est aussi son oncle. Au départ enthousiaste à l'idée de découvrir la prestigieuse cité antique, il en revient marqué par la déception et la nostalgie, sentiments qui nourriront son œuvre poétique, dont Les Regrets.
Les Regrets sont un recueil de 191 sonnets en alexandrins qui est publié à son retour de Rome en 1558. Quand le poète arrive à Rome, il est très enthousiaste à l'idée de découvrir l'une des plus grandes villes de l'Antiquité dont il admire la gloire passée. Mais il en reviendra déçu et nostalgique : les monuments de Rome ne sont plus que des ruines et il déplore les mœurs dissolues de la vie romaine de son époque.
Le thème majeur de ses poèmes est la nostalgie pour son pays et sa patrie, et plus particulièrement pour sa région d'origine, l'Anjou. Il fait aussi de nombreuses références à l'Antiquité et à la mythologie.
Ce sont également ces mêmes thèmes qui sont déclinés dans Les Antiquités de Rome, un recueil de 32 sonnets publiés la même année. Il oppose la gloire de la Rome antique à la déchéance de la Rome de la Renaissance. Il souhaite aussi montrer l'œuvre du temps qui passe et la vanité des œuvres humaines.
Impossible de parler de du Bellay sans évoquer la Pléiade et sa contribution à l'évolution de la langue française. La Pléiade est un groupe de 7 poètes dont le nom, inspiré de la mythologie et de l'Antiquité, faisait référence aux 7 filles d'Atlas. Ce groupe fondé en 1549 prit d'abord comme nom la Brigade avant de devenir La Pléiade en 1553. Il est constitué de P. de Ronsard, J. du Bellay, Pontus de Tyard, Jean Antoine de Baïf, Étienne Jodelle, Rémi Belleau, Jacques Peletier du Mans (à qui succède Jean Dorat).
Ces poètes ont pour objectif de défendre la langue française et de renouveler l'art de la poésie.
C'est du Bellay qui sera chargé de rédiger le manifeste de la Pléiade intitulé La Deffence, et Illustration de la Langue Francoyse qui constitue un véritable plaidoyer en faveur de la langue française. Il y défend l'utilisation du français à une époque où le latin est encore dominant. Le français est, au même titre que le latin, une langue de culture et il doit enrichir son vocabulaire en utilisant des néologismes et en remettant des mots anciens au goût du jour.
Concernant la poésie, il prône l'étude et l'imitation des auteurs anciens et l'utilisation de nouveaux genres et formes poétiques comme le sonnet et l'alexandrin qui sont mis à l'honneur.
Du Bellay a beau être un poète de la Renaissance, ses textes inspirent encore des artistes d'aujourd'hui.
Ainsi en 2007, le chanteur français Ridan, avec sa chanson Ulysse, reprend quasi intégralement le texte du poème Heureux qui comme Ulysse.
On peut également mentionner la chanson de Brassens Heureux qui comme Ulysse qui s'inspire lui aussi du texte de du Bellay.
Voilà, j'espère que ce billet vous aura mieux fait connaître ce poète qui a aussi défendu la place de la langue française et qui séduit encore des artistes contemporains.
L'auteur : Joachim du Bellay (1522-1560)¶
Joachim du Bellay est issu d'une famille de la noblesse qui compta dans ses rangs des diplomates, des cardinaux et des gouverneurs. Un des moments forts du début de sa carrière est sans conteste sa rencontre vers 1547 avec Pierre de Ronsard avec qui il devient ami. À la suite de cela, il étudie les auteurs anciens au Collège Coqueret à Paris. Il rejoint ensuite un groupe de poètes appelé La Pléiade dont il rédige en 1549 le manifeste intitulé Défense et illustration de la langue française.
Entre 1553 et 1557, il se rend à Rome où il est le secrétaire du cardinal Jean du Bellay, qui est aussi son oncle. Au départ enthousiaste à l'idée de découvrir la prestigieuse cité antique, il en revient marqué par la déception et la nostalgie, sentiments qui nourriront son œuvre poétique, dont Les Regrets.
L'œuvre poétique : Les Regrets – Les Antiquités de Rome¶
Les Regrets sont un recueil de 191 sonnets en alexandrins qui est publié à son retour de Rome en 1558. Quand le poète arrive à Rome, il est très enthousiaste à l'idée de découvrir l'une des plus grandes villes de l'Antiquité dont il admire la gloire passée. Mais il en reviendra déçu et nostalgique : les monuments de Rome ne sont plus que des ruines et il déplore les mœurs dissolues de la vie romaine de son époque.
Le thème majeur de ses poèmes est la nostalgie pour son pays et sa patrie, et plus particulièrement pour sa région d'origine, l'Anjou. Il fait aussi de nombreuses références à l'Antiquité et à la mythologie.
Ce sont également ces mêmes thèmes qui sont déclinés dans Les Antiquités de Rome, un recueil de 32 sonnets publiés la même année. Il oppose la gloire de la Rome antique à la déchéance de la Rome de la Renaissance. Il souhaite aussi montrer l'œuvre du temps qui passe et la vanité des œuvres humaines.
La Pléiade¶
Impossible de parler de du Bellay sans évoquer la Pléiade et sa contribution à l'évolution de la langue française. La Pléiade est un groupe de 7 poètes dont le nom, inspiré de la mythologie et de l'Antiquité, faisait référence aux 7 filles d'Atlas. Ce groupe fondé en 1549 prit d'abord comme nom la Brigade avant de devenir La Pléiade en 1553. Il est constitué de P. de Ronsard, J. du Bellay, Pontus de Tyard, Jean Antoine de Baïf, Étienne Jodelle, Rémi Belleau, Jacques Peletier du Mans (à qui succède Jean Dorat).
Ces poètes ont pour objectif de défendre la langue française et de renouveler l'art de la poésie.
C'est du Bellay qui sera chargé de rédiger le manifeste de la Pléiade intitulé La Deffence, et Illustration de la Langue Francoyse qui constitue un véritable plaidoyer en faveur de la langue française. Il y défend l'utilisation du français à une époque où le latin est encore dominant. Le français est, au même titre que le latin, une langue de culture et il doit enrichir son vocabulaire en utilisant des néologismes et en remettant des mots anciens au goût du jour.
Concernant la poésie, il prône l'étude et l'imitation des auteurs anciens et l'utilisation de nouveaux genres et formes poétiques comme le sonnet et l'alexandrin qui sont mis à l'honneur.
Du Bellay aujourd'hui¶
Du Bellay a beau être un poète de la Renaissance, ses textes inspirent encore des artistes d'aujourd'hui.
Ainsi en 2007, le chanteur français Ridan, avec sa chanson Ulysse, reprend quasi intégralement le texte du poème Heureux qui comme Ulysse.
On peut également mentionner la chanson de Brassens Heureux qui comme Ulysse qui s'inspire lui aussi du texte de du Bellay.
Voilà, j'espère que ce billet vous aura mieux fait connaître ce poète qui a aussi défendu la place de la langue française et qui séduit encore des artistes contemporains.
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